Le début de la presse du Québec

On compte maintenant plus de 300 médias au Québec, dont une douzaine sont quotidiens, 200 hebdomadaires et plus de 100 stations de radio avec quelque 3000 journalistes. Cependant, les débuts de la presse au Canada étaient assez difficiles.

D’abord, en Nouvelle France, Louis XIV avait rejeté par deux fois une demande de permis d’installation d’une imprimerie. Le premier évêque de la Nouvelle France, Mgr de Laval dont les mérites sont très hauts, veillait à ce qu’aucune information ne soit publiée sans la permission et approbation du pouvoir ecclésiastique.

La première imprimerie apparaît au Québec avec la Conquête, apportée par les autorités britanniques qui commencent à éditer en 1764, le journal bilingue La Gazette de Québec qui publie les ordonnances du gouverneur général de la nouvelle colonie britannique. Parallèlement La Gazette de Montréal publie les premiers articles critiques dirigés contre l’église et en faveur d’un enseignement public au Québec, hors du contrôle de l’Église, mais cette orientation visait des objectifs très évidents de faire un avertissement sérieux à l’église catholique français de ne se pas mêler de la politique anglaise…

En fait, la première imprimerie privée et la première diffusion des idées libres viennent au Canada en 1778, quand Fleury Mesplet, venu avec des soldats américaines, resta à Montréal après le retrait des Américains et y exploita cette imprimerie dont les presses livraient au public La Gazette du Commerce et Littérature. Mesplet intenta même publier ses journaux en deux langues, mais l’édition française n’a pas eu de succès.

La situation change après la révolution française. Le 29 septembre 1791, La Gazette de Québec publie la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » issue de la Révolution française, qui a eu lieu deux ans plus tôt.

Au début du XIXe siècle, deux journaux sont fondés au Bas-Canada, l’un, The Mercury, est pro - anglais et l’autre, Le Canadien, défendant la France.

The Mercury (fondé en 2805) préconise l’anglicisation du Bas-Canada. Le Canadien, (fondé par Pierre Bédard en 1806), défend la démocratie. Si on anglicise, écrit Bédard dans son journal, la colonie passera aux États-Unis.

Le Canadien réclame le gouvernement représentatif et le gouvernement responsable qui n’aurait de compte à rendre qu’à lui-même, c’est-à-dire au parlement. Ces propos occasionnent des ennuis à leurs auteurs, et c’est le premier cas au Canada de journalistes qui risquent des peines pour promouvoir la liberté de presse et la démocratie.

En effet, le Gouverneur Craig réagit en faisant fermer le journal, mettre aux arrêts les journalistes du Canadien et incarcérant Bédard. Le Canadien ne reparaîtra qu’en 1817.

Dans les années 1920, les journaux francophones commencent à parler de souveraineté du peuple. Deux journalistes se démarquent avant tout : Ludger Duvernay et Étienne Parent.

Ludger Duvernay possède La Minerve, Parent est le rédacteur du Canadien. Les journalistes de La Minerve sont à leur tour incarcérés. Le journaliste Parent est appréhendé, le froid et l’humidité du cachot le rendirent sourd.

Le 4 février 1839, le rapport Durham est publié. Parent reproduit ce rapport intégralement en langue française dans Le Canadien en s’insurgeant contre ses propos.

Il faut noter aussi que la presse en langue anglaise était aussi très répandue, le Vindicator étant le seul journal de la languie anglaise appuyait les revendications des Canadiens français.

M. Daniel Tracey, natif de Tipperary, Irlande, avait fondé ce journal en 1828. En 1832, il fut emprisonné à Québec pendant un mois pour avoir manqué de respect à l’égard du Conseil Législatif. Le docteur Tracey décéda quelques mois après, victime du choléra, mais Le Vindicator lui survecu.

Pendant le premier affrontement à Montréal, les tories du Doric Club s’en pris à la maison de M. Papineau qu’ils avaient saccagée. Puis, ils se dirigèrent vers les ateliers du Vindicator et saccagèrent ses installations. L’agression, pourtant, ne fit qu’en retarder de quelques jours la publication du Vindicator, La Minerve ayant généreusement mis ses ateliers à la disposition du directeur du journal anglais.