La Minerve, le journal le plus célèbre et le plus influent de langue française de son temps, fut fondé le 9 novembre 1826 par Auguste-Norbert Morin sur la rue Saint–Jean-Baptiste et fut imprimé par John Jones.

Auguste-Norbert Morin, alors étudiant en droit, vend La Minerve, à peine quelques mois plus tard, à Ludger Duvernay pour 125 dollars.

Ultérieurement, Morin, après avoir été ministre dans le cabinet Baldwin-Lafontaine en 1842, sera premier ministre conjointement avec Hincks puis avec MacNab.

En 1829, M. Duvernay, transporta son imprimerie au No 20 rue Saint-Paul est, où il habitait avec sa famille.

Son journal devient un organe de combat en faveur de ses compatriotes de langue française. Ses articles provoquent son emprisonnement à plusieurs reprises. Mais, une fois liberé, il est toujours plus populaire et plus combatif.

La Minerve fait une large propagande des idées des Patriotes. La Minerve, c’était « l’arme de combat de Papineau, l’instrument de pacification de Lafontaine et le bouclier de Cartier » (citation du journal l’Événement de 1882).

Après les insurrections de 1837-1838, ce sont les idées de Louis-Hippolyte La Fontaine qui trouvent l’écho dans La Minerve parlant alors d’un gouvernement responsable, dirigé par les élus.

Plus tard, dès 1854, après la fondation du parti libéral–conservateur, La Minerve commence à appuyer ce parti, favorable au projet de Confédération Canadienne.

Le journal disparaît en 1899 après la défaite des conservateurs aux élections. Le trajectoire de La Minerve est tout-à-fait semblable à la trajectoire d’une personne : très radicale dans sa jeunesse, modérée à la moitié de sa vie et conservateur à l’âge d’or.