Médias au Québec

Le Vindicator

Le Vindicator

Le Vindicator

Le Vindicator fut l’un des plus importants organes de presse antigouvernementaux au Québec dans la première moitié du XIXe siècle.

Cette publication fut fondée en 1828 par Daniel Tracey sous le nom de The Irish Vindicator and Canada General Advertiser. Ce titre fut abrégé en février 1829 pour devenir The Vindicator, puis, en novembre 1832, le journal devient The Vindicator and Canadian Advertiser.

Daniel Tracey fonde le journal pour donner une voix à la Société des Amis de l’Irlande (Society of the Friends of Ireland) dans le but de défendre les intérêts de la communauté des Irlandais catholiques. La société levait des fonds afin de soutenir le député irlandais Daniel O’Connell au Parlement britannique dans sa lutte pour l’abolition du serment de loyauté.

En 1829, après l’annulation de ce serment, la société se dissout. Au même moment, meurt M. Jocelyn Waller, propriétaire et éditeur du Canadian Spectator, une autre publication d’opposition en langue anglaise qui appuyait le Parti patriote. Cela permet à Tracey de situer son journal comme la voix de l’ensemble de la communauté irlandaise. Le Vindicator devient l’organe officiel du parti des Patriotes dans la communauté anglophone.

Une partie des titres de propriété du Vindicator est vendue à la même époque à Ludger Duvernay, Denis-Benjamin Viger, Édouard-Raymond Fabre, Jacob de Witt et d’autres actionnaires représentant les intérêts des Patriotes. En toute logique, à partir de ce moment, la publication se consacre entièrement à la politique nationale du Bas-Canada, appuyant fermement les revendications des Canadiens français. Le journal dénonce de manière systématique la politique des autorités et ses textes acerbes valent l’emprisonnement de son éditeur et fondateur, Daniel Tracey, pour 35 jours, en janvier 1832.

En juillet 1832, Daniel Tracey décède du choléra et c’est Édouard-Raymond Fabre qui achète le journal, tandis que John Thomas devient son rédacteur. En 1833, il est remplacé par Edmund Bailey O’Callaghan, un des leaders du Parti patriote, proche de Papineau.

En 1834, les Irlandais de Montréal se mobilisent autour du journal pour présenter leurs intérêts lors des élections de 1834. Le Vindicator publie les Quatre-vingt-douze Résolutions et les présente à la communauté irlandaise comme la seule voie possible pour la défense de leurs intérêts. De plus, le Vindicator se livre à de nombreux débats éditoriaux tournant autour des Quatre-vingt-douze Résolutions et des abus de pouvoir des bureaucrates.

Au printemps 1837, le Vindicator se prononce contre les résolutions Russell et, durant l’été 1837, le journal se fait le porte-parole des assemblées populaires.

Le 1er septembre 1837, O’Callaghan publie un éditorial lançant un appel à la mobilisation générale.

Le 6 novembre 1837, suite aux affrontements entre les Fils de la Liberté et le Doric Club, les membres du Doric Club prennent d’assaut les locaux du Vindicator. Ils saccagent les bureaux et brisent les presses de la publication. Le 9 novembre 1837, Le Vindicator paraît grâce à la solidarité de La Minerve, mais c’est son dernier numéro.

Vers la fin du mois de novembre, des soldats auraient lancé dans l’eau la presse qui devait servir au Vindicator, dont les propriétaires voulaient transférer le siège dans les Cantons de l’Est, dans le comté de Brome.

Irish Vindicator

Irish Vindicator

The Irish Vindicator, la première page en décembre 1828

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