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Paysages du Québec

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Paysages du Québec

Par Normand Cazelais

L’ensemble des traits de l’espace naturel ou façonné par les populations humaines constitue le paysage. Les paysages se déclinent en paysages maritimes, montagneux, ruraux, urbains, désertiques, forestiers, etc. Les paysages ne sont pas statiques et évoluent selon le climat, l’érosion, les cataclysmes naturels, les activités anthropiques.

La variété des paysages qu’on peut observer à travers le Québec est quasi infinie… Pas besoin d’être géographe pour le savoir. Et pourtant, le regard de celui-ci est parfois bien utile pour découvrir un paysage avec des yeux neufs.

En 1999, dans L’espace touristique, le chercheur Normand Cazelais notait : « Les paysages traduisent des équilibres ou des désordres, des accélérations ou des reculs. Dans le cas de la nature, on parlera de chaos, d’âpreté, voire de brutalité, quand l’équilibre semble perturbé. Dans le cas des paysages habités, on évoquera la lourdeur, la défiguration, la laideur, lorsqu’il y aura manifestement eu, de la parti des hommes, des interventions intempestives, « déroulantes » au sens premier du terme, sans discipline, qui répondent à des objectifs de rendement à court terme, de profits particuliers : une absence de respect. »

Les paysages du Québec sont très variés, souvent contrastés, et changeants selon les saisons. Dans le Bel Âge, en 1989, Normand Cazelais écrit : « Est-il possible que le pays de Charlevoix soit encore plus beau en hiver ? Les huiles, accrochées aux murs du Centre d’art, de Baie-Saint-Paul et des galeries d’art, me confirment dans cette impression. En hiver, le ciel de Charlevoix est, dirait-on, plus bleu, plus profond. Plus limpide aussi. Et le Saint-Laurent, qui charrie de grands lambeaux de glace, plus large, plus majestueux. Plus dur à traverser. Sous la neige toute blanche ou grise ou bleutée selon les jeux du soleil, les montagnes semblent déborder l’horizon, débouler avec plus de force – sinon -lus d’abandon – vers ce fleuve qui est déjà la mer. Les verts et sombres conifères hachurent la neige, l’espace porte au loin les moindres sons, les couleurs vives des maisons scintillent dans la lumière, le vent souffle en haut des côtes comme au creux des anses. Le calme et la fièvre y règnent tout à la fois.

Extrait du livre de Normand Cazelais « Dictionnaire géographique du Québec. Éditions Groupe Fides, 2018.

Géographe de formation, Normand Cazelais a été tour à tour journaliste, chroniqueur à la tête et à la radio, écrivain et professeur. Conférencier recherché, il est l’auteur d’une trentaine de livres dont trois romans, une autobiographie (Chronique d’une vie sur deux millénaires, Fides, 2015), une biographie romancée (Éva Gauthier. La voix de l’audace, Fides, 2016), une nouvelle édition de Vivre l’hiver au Québec (Fides, 2017) et un ouvrage sur Montréal (Montréal ma ville, Fides, 2017).

Dans son Dictionnaire géographique du Québec, M. Cazelais, en bon géographe, multipliant les clins d’oeil historiques et littéraires, propose une tournée du Québec à partir des termes génériques comme aboiteau, barachois, bassin, colline, coteau, dune, éboulis, échouerie, fjord, grave, lac, margot, tombolo… Certains de ces termes vous sont probablement familiers. d’autres inconnues. De toute manière de belles surprises vous attendent. Et si vous ne retenez pas quelques mots pour votre prochaine partie de Scrabble, vous aurez quelques pistes originales pour découvrir le Québec, sa géographie et ses lieux.

La grandeur implique l’extension, l’extension implique l’éloignement, l’éloignement exige le retour (Lao Zi, Daode jung, Chine, environ 600 avant Jésus-Christ).
La grandeur implique l’extension, l’extension implique l’éloignement, l’éloignement exige le retour (Lao Zi, Daode jung, Chine, environ 600 avant Jésus-Christ). Photographie de Megan Jorgensen. Une clairière.

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