Littérature

Nationalisme littéraire

Nationalisme littéraire

Nationalisme littéraire

Le nationalisme littéraire prend forme au début du XXe siècle avec monseigneur Camille Roy, qui reconnaît le caractère distinct de la culture canadienne-française par rapport à celle de la France contemporaine, jugeant sévèrement la séparation de l’Église et de l’État.

Mgr Camille Roy demande aux écrivains canadiens de privilégier la rhétorique du terroir, qui a toujours fait la spécificité de la littérature canadienne-française. Il publie à quelques années d’intervalle des Essais sur la littérature canadienne-française (1907) et son Manuel de la littérature canadienne-française (1918), ouvrage clé dans lequel il tente de donner ses lettres de noblesse à la littérature produite au Québec. Pour Roy et ses nombreux disciples, la survie de la culture passe par la célébration du régionalisme et par l’apologie de la foi catholique, de l’attachement à la langue française et à l’agriculture, les trois valeurs qui s’y rattachent. C’est dans cette perspective que Mgr Roy exercera son rôle de critique littéraire et jugera une grande partie des ouvrages publiés.

Plus tard, le développement de la critique littéraire favorisera le dynamisme de l’édition. Y participent des éditeurs ayant pignon sur rue, mais aussi des journaux et des revues, comme Le Devoir, La Presse, L’Action catholique, Le Soleil, qui disposent de leurs propres maisons d’édition.

L’activité des périodiques est particulièrement fébrile parce que la presse écrite consacre un espace plus ou moins important à la littérature.

Dans ce chœur des partisans de l’idéologie conservatrice, on notera une seule voix dissidente : celle de Robert-Errol Bouchette qui, le premier, prend conscience du rôle essentiel que doit jouer l’industrie dans le développement du Québec. Bouchette publie le roman Robert Lozé (paru en 1903) et un essai intitulé L’Indépendance économique du Canada français (1906) dans le but de présenter ses positions avant-gardistes.

Du côté canadien-anglais, depuis les années 1920, les peintres du groupe des Sept de Toronto rendent les paysages sauvages du nord de l’Ontario, en quête d’une peinture « canadian ». Mais au Canada français la peinture paysagiste domine également. En contact avec le postimpressionnisme français, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté (1869-1937), Clarence Gagnon (1881-1942) et Marc-Aurèle Fortin (1888-1970), les plus célèbres peintres québécois de l’époque, subissent à leur retour de France l’influence de l’idéologie du terroir qui exige une peinture au service des paysages du Canada Français (pour libérer son art d’une telle contrainte, Clarence Gagnon ouvre un atelier à Paris, où il se fait remarquer.

Peu à peu, le roman du terroir se décompose de l’intérieur et de nouvelles voix se font entendre : celles de jeunes écrivains et peintre, comme Robert Charbonneau, Paul Beaulieu, Robert Élie… Ces personnages collaborent à la Relève, revue littéraire qu’ils fondent en 1934. Parmi ses collaborateurs figure Saint-Denys Garneau, un jeune poète talentueux qui ne publiera cependant de son vivant qu’un seul recueil de poèmes intitulé Regards et Jeux dans l’espace (en 1937). Cousine de Saint-Denys Garneau, Anne Hébert collabore elle aussi à la Relève.

C’est seulement vers les années 1930 que le roman du terroir disparaîtra au profit d’un genre littéraire plus réaliste, mieux adapté au contexte de l’époque, qu’on appellera roman de ville.

village st laurent

Vue d'un village en bordure du fleuve. Photo :© V. Petrvoskiy

Pour compléter la lecture :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>