Littérature

La mort du père

La mort du père

La mort du père

Dans la plupart des œuvres littéraires de la littérature canadienne-française du XIXe siècle, on trouvera le thème du père et celui de la perte de son pouvoir.

En fait, c’est l’un des sujets les plus récurrents et fondamentaux de la littérature de l’époque et c’est peut-être l’un des résultats de la décapitation du roi Louis XVI le 21 janvier 1793, dont l’onde de choc puissante atteint très vite le Québec.

Témoin de l’annonce de la nouvelle, Philippe Aubert de Gaspé père en parle dans ses mémoires : « Mon père venait de recevoir son journal… Il se prit la tête à deux mains, en s’écriant : Ah! Ces infâmes, ils ont guillotiné leur roi… À cette nouvelle, un sentiment de profonde tristesse s’empare de toutes les âmes sensibles du Bas-Canada. »

Ainsi la décapitation de Louis XVI qui symbolise de façon spectaculaire cette mort du père et le deuil de son pouvoir perdu à jamais, hante la plupart des auteurs canadiens. On dirait que jamais le nouveau pouvoir démocratiquement conquis par les fils ne saurait les consoler complètement de la perte de celui du père. Le XIXe siècle semble écartelé entre la nécessité de la mort symbolique du père et un profond remords par rapport à celle-ci.

Notons que dans Angéline de Montbrun de Laure Conan, premier roman d’introspection canadien-français, c’est une femme qui exprime avec la plus grande force l’horreur ressentie devant la mort du père.

Dans la Terre paternelle, Patrice Lacombe décrit également le passage du gouvernement du père à celui du fils et expose les malheurs qui en découlent. Une de perdue, deux de trouvées de Georges de Boucherville est aussi une longue quête généalogique du père par un fils qui se croit orphelin. Le poème Le Drapeau de Carillon d’Octave Crémazie est un vaste requiem devant la mort et la défaillance du pouvoir paternel.

Un seul auteur québécois envisage à l’époque de façon quasi naturelle le passage du pouvoir du père à celui du fils. Il s’agit de Philippe Aubert de Gaspé fils qui doit s’affirmer devant un père dont il partage le prénom.

mort du père

La mort, c'est le point de départ définitif… (Megan Jorgensen). Photo : © GrandQuebec.com

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