Littérature

Marcel Pagnol

Marcel Pagnol

Les personnages de Marcel Pagnol n’ont toujours pas quitté la vie

“Mourir, ça m’est égal, c’est quitter la vie que me fait de la peine”, lance Panisse, personnage de la célèbre trilogie de Marcel Pagnol, mort à Paris le 18 avril 1974, à l’âge de 79 ans.

“Mourir, ça m’est égal, c’est quitter la vie que me fait de la peine”, lance Panisse, personnage de la célèbre trilogie de Marcel Pagnol, mort à Paris le 18 avril 1974, à l’âge de 79 ans.

L’œuvre de l’académicien d’origine provençale, qui a fait une triple carrière d’auteur dramatique, de cinéaste et de mémorialiste, reste toujours vivante. César, Fanny, Marius, Manon et Jean de Florette n’ont pas quitté la vie et Pagnol n’a jamais paru aussi en vogue que ces dernières années.

Topaze, son premier triomphe théâtral en 1928, reprend avec succès l’affiche à Paris pendant des décennies. En 1885, c’était Jérôme Savary qui signait la reprise de La Femme du boulanger et en 1994, Francis Perrin a mis en scène Topaze.

Au cinéma, les adaptations de ses romans Jean de Florette et Manon des Sources par Claude Berry en 1986, puis de ses souvenirs d’enfance, La Gloire de mon père et le Château de ma mère par Yves Robert en 1990, ont été quatre des plus grands succès cinématographiques des années 1980.

Au-delà du ton spontané et malicieux de son théâtre, ou des parfums nostalgiques d’une époque révolue que dégage son œuvre, c’est sans doute parce que Pagnol traite des mythes éternels, qu’existe un certain consensus sur son génie. « La Femme du boulanger, c’était pour moi le mythe du pain. La Manon des sources, ce sera le mythe de l’eau », disait-il en commençant le scénario de ce qui allait être son dernier grand film.

« Avec Manon des Sources, Pagnol donne à la Provence son épopée universelle », a résumé le critique André Bazin.

Fils d’instituteur, Marcel Pagnol est né à Aubagne (sud-est), le 26 février 1895, le jour où Louis Lumière immortalisait « l’entrée du train en gare de la Ciotat », premier film du cinématographe. Celui qui sera le premier cinéaste à entrer à l’Académie française en 1947, est d’abord étudiant en Lettres et fondateur à Marseille de la revue littéraire Fortunio, qui deviendra après la guerre Les Cahiers du Sud.

Professeur d’anglais en Provence, puis à Paris en 1923, il entame très vite une carrière théâtrale avec sa première pièce les Marchands de gloire, jouée en 1925, puis se consacre complètement au théâtre après les succès de Topaze.

Marius, créé en 1929 avec Pierre Fresnay, Orane Demazis et Raimu, est un triomphe, suivi de Fanny en 1931 et César en 1936.

La trilogie est aussitôt portée à l’écran : Marius par Alexandre Korda, en 1931, Fanny par Marc Allégret en 1932 et César, en 1936, par Pagnol lui-même qui débute dans le cinéma en 1934 avec Angèle, tirée d’un roman de Giono et qui révèle Fernandel. Peu satisfait de l’adaptation de Topaze de 1932 par Louis Gasnier, Pagnol en réalisera deux autres en 1936 et 1950.

Marcel Pagnol, bricoleur, mécanicien, inventeur, amoureux des mathématiques, fonde en 1933 sa propre maison de production. Il aura au total réalisé une vingtaine de films dont Le Schpountz (1938), La Fille du puisatier (1940) et Manon des sources 91952), interprétée par Jacqueline Bouvier, qui deviendra sa deuxième femme.

Après Les Lettres de mon Moulin (1954), Pagnol revient à la scène en 1955-1956 avec Judas et Fabien, puis se consacre à la rédaction de ses souvenirs d’enfance dont le dernier tome, Le Temps des amours, paraît trois ans après sa mort.

Pagnol. Le talent, ce n'est pas décrire une page : c'est d'en écrire (Jules Renard, Journal de Jules Renard). Photo de Megan Jorgensen.
Le talent, ce n’est pas décrire une page : c’est d’en écrire (Jules Renard, Journal de Jules Renard). Photo de Megan Jorgensen.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *