Littérature

L’incontournable étranger

L’incontournable étranger

L’incontournable étranger

Le Québec et la littérature migrante

« … Québécité – québécitude – je suis autre » (Régine Robin, La Québécoite, 1983)

L’un des phénomènes importants de la littérature québécoise est la publication d’œuvres, plus particulièrement des romans, d’auteurs immigrés au Québec ou de « néo-Québécois » qui ont choisi le français comme langue de communication artistique.

Cette littérature que l’on nomme « littérature migrante » prend l’ampleur au Québec au milieu de la décennie 1980, au moment même où s’affirme une pensée ouverte vis-à-vis des communautés culturelles de la province.

La présence d’immigrants dans la littérature franco-canadienne s’est toujours manifestée, mais il s’agissait surtout de francophones venus de France ou de Belgique (le cas de Louis Hémon, auteur de Maria Chapdelaine n’est qu’un exemple) ou d’écrivains qui avaient reçu une éducation en français.

Mais c’est au milieu des années 1980 qu’on devient plus réceptif au regard et au discours de l’immigrant. En fait, au seul plan démographique, l’immigration joue un rôle de repeuplement de premier ordre. Alors, les apports de ces nouveaux arrivants au Québec comptent pour beaucoup dans l’enrichissement culturel du Canada.

Plusieurs écrivains font état de leur condition d’immigrants dans leurs œuvres. Ils soulèvent les questions d’intégration à une communauté que l’on dit « tricotée serrée » et d’adaptation à une nouvelle culture, parfois méfiante devant l’étranger.

On peut citer Sergio Kokis, écrivain brésilien; l’Italien Marco Micone; Antonio D’Alfonso (pourtant, d’origine italo-québécois, né à Montréal), la Chinoise Ying Chen, le Français Michel van Schendel; Alain Horic, né à Kulek Vacuf, en Bosnie; Anne-Marie Alonzo, immigrée au Canada de l’Égypte à l’âge de douze ans, Marilu Mallet, cinéaste et écrivaine native de Santiago-de-Chili), Marie Cardinal, « pied-noir » (les Français installés en Afrique du Nord), née en Algérie; Régine Robin-Maire (née Rivka Ajzersztejn, d’origine polonaise-juive et née de France) et plusieurs autres auteurs néo-Québécois qui doivent composer avec un tout autre monde que celui que les a vus grandir. Toute réflexion sur le métissage et la transculture faite, ces écrivains et poètes ont dû apprendre à se détacher d’un milieu scolaire et familial qui retardait leur pleine intégration à la société d’accueil.

La nouvelle littérature migrante ne connaît pas les frontières. Elle nous fait participer à tous à une expérience interculturelle permettant de mieux saisir la complexité de civilisations différentes de la société traditionnelle québécoise, tout en mesurant leurs points de convergence et de divergence avec la culture franco-canadienne.

Palais Montcalm à Québec

Palais Montcalm à Québec. Photo : GrandQuebec.com

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