Littérature

Figures de style

Figures de style

Figures de style

Les figures de style ou figures de rhétorique, désignent « certains procédés de langage qui donnent du relief, de la couleur, du pittoresque à l’expression et, par suite, rendent la pensée de façon plus frappante » (Aristide Quillet, 1880-1955, Dictionnaire Quillet de la langue française). Cette définition ne confine pas les figures de style aux seuls discours lyrique ou poétique. Elle s’étend à d’autres types de discours, comme le texte argumentatif, le récit, aussi bien écrits qu’oraux.

On classe les figures de style selon différents procédés : figures d’analogie, figues de substitution, figures d’opposition, figures d’insistance ou d’atténuation.

Figures d’analogie

La comparaison marque un rapport de ressemblance inattendu entre deux termes – le comparant et le comparé (si le rapport n’est pas inattendu, il s’agit d’un cliché).  On agit à l’aide d’un outil de comparaison : comme, tel que, pareille à, ressembler à, etc.), sur la base d’un ou de plusieurs éléments communs :

« El les rayons, ainsi que de pourpres épées,
Percent… » (Émile Nelligan, La Romance du vin).

Ici, le mot rayons est le comparé; le comparant correspond à épées; l’outil comparatif est ainsi que; les éléments communs sont percent, pourpres.

La métaphore joue le même rôle que la comparaison, mais de façon implicite. L’outil grammatical qui indique la ressemblance est donc absent :

« Mais voilà que, de cette diable de lecture, étaient sortis des mots en armes » (Félix-Antoine Savard, Menaud, maître-draveur).

Ici, mots désigne le comparé; le comparant est armes; l’élément commun renvoie à pouvoir d’assaillir, de blesser.

Il peut arriver parfois que tous les éléments constitutifs soient intégrés dans le seul comparant :

« Ô toi mortel instant de l’éternel fleuve » (Alain Grandbois, Les Îles de la nuit, Avec ta robe).

Une métaphore peut être développée sur plusieurs termes. Il s’agit alors d’une métaphore filée ou d’un allégorie. Le poème Beauté de Rina Lasnier (Images et Proses) est une longue métaphore filée dans laquelle le poète et ne nénuphar sont comparés.

La personnification consiste « à faire d’un être inanimé ou d’une abstraction un personnage réel » (Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré) :

« Ici, le luxe et la pauvreté se regardent inlassablement » (Gabrielle Roy, Bonheur d’occasion).

Figures de substitution

La métonymie remplace un mot par un autre selon un rapport logique. Il peut s’agir de l’effet pour la cause, du signe pour le signifié, de la matière pour l’objet :

« (…) j’entends son rire au bras d’un autre… » (André Langevin, Poussière sur la ville).

La périphrase consiste à remplacer un mot par un groupe de mots; quelquefois pour éviter la répétition, d’autres fois pour fournir une explication :

« Je suis l’agneau si doux… » (Paul Chamberlan, L’Afficheur hurle, Nous en serons bientôt).

Figures d’opposition

L’antithèse est la principale représentante des figures d’opposition. Elle consiste à réunir des termes, des expressions qui s’opposent.

« Ô radieux débris d’une grande époque » (Octave Crémazie, Le Drapeau de Carillon).

L’antiphrase emploie un mot, une location pour exprimer, souvent de façon ironique, le contraire de ce que l’on entend :

« Je suis si gai (…) que j’ai peur d’éclater en sanglots » (Émile Nelligan, La Romance du vin).

Figures d’insistance et d’atténuation

L’hyperbole amplifie les faits. Il s’agit d’un procédé d’exagération, d’emphase :

« Comme il vous foudroyait de son verbe éclatant (Louis Fréchette, La Légende d’un peuple, Papineau).

L’énumération, l’accumulation et la gradation sont également des procédés d’amplification par l’addition, la juxtaposition de termes, de syntagmes, La gradation ordonne ces éléments selon une progression ascendante ou descendante :

« Le sous-homme, la grimace souffrante du cro-magnon
l’homme du cheap way, l’homme du cheap work
le damned Canuck (Gaston Miron, L’Homme rapaillé)

La répétition est le retour d’un même mot ou d’un groupe de mots dans le but de mettre en relief, d’insister, de créer un certain rythme Notons que le pléonasme est une forme de répétition :

« Tu es mon amie, ma seule amie, plus que mon amie, ma sœur, Aurélie (Anne Hébert, Kamouraska).

L’allitération (consonnes) et l’assonance (voyelles) sont aussi des procédés de répétition. Les mêmes sons sont répétés dans le but de produire certains effets (rythme, euphorie ou cacophonie, harmonie imitative) :

« Pis frotte, pis tord, pis refrotte, pis rince » (Michel Tremblay, Les Belles-Sœurs).

L’anaphore joue également sur la répétition de mots, de syntagmes, mais en tête de phrases ou de vers.

« Les pauvres sont su’l Bien-être.
Les pauvres r’gardent par la f’netre
Les pauvres, y ont pas d'eau chaude »
(Plume Latraverse, Chants lybres, Les Pauvres).

La litote et l’euphémisme sont deux figures d’atténuation. La litote consiste à dire moins pour faire entendre plus :

« C’est trop dur, avait-il dit, au magasin de Lacour. Moi, j’ai pas à me plaindre » (Claude-Henri Grignon, Un homme et son péché).

L’euphémisme atténue l’expression d’une idée, d’un sentiment, qui pourrait choquer, déplaire. Par exemple, le terme « le disparu » employé pour substituer le mot « le mort » :

« Maman, Dieu va nous le prendre,
Lui aussi. »
(Marie-Claire Blais, Une saison dans la vie d’Emmanuel).

(D’après Littérature québécoise, Des origines à nos jours).

couper du souffle

Color festival. Illustration : © PaysQuebec.com

Voir aussi :

1 commentaire

  1. Charles

    2012/11/23 at 2:41

    Vous ne parlez pas que des figures de style. Il existe le structuralisme qui défend l’idée qu’il existe dans une oeuvre des valeurs fixes et des valeurs variables organisées en structure.

    La sémiologie, appelée plus couramment sémiotique, a comme objet l’étude de « la vie des signes au sein de la vie sociale » ou, plus spécifiquement, celle des codes de communication constitués en système. C’est à Jacques Derrida, philosophe français, que nous devons la déconstruction, une approche qui vise à démontrer qu’une analyse n’est jamais fermée puisque le sens d’un texte se fait et se défait sans cesse, les mots ne correspondant jamais aux forces agissantes de l’inconscient sur le conscient. Pour Karl Marx, celui a donné son nom au marxisme, la lutte des classes, qui oppose les propriétaires des moyens de production (usines, terres) aux ouvriers, doit aboutir à la dictature du prolétariat. À long terme, l’abolition des classes exploiteuses est susceptible de rendre tous les citoyens égaux, à l’ère du communisme.

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