Ligne du temps : 1918

2 janvier 1918 : un incendie rase l’Aréna de Westmount : le travail ardu des pompiers n’a pu sauver l’édifice  qui s’est effondré peu après leur arrivée et n’est plus qu’un monceau de ruines fumantes. Le Canadien jouera ses parties locales au Jubilé, d’une capacité de 3200 places.

13 janvier 1918 : le gouvernement libéral du Québec, présidé par Lomer Gouin adopte un décret permettant aux femmes de travailler la nuit dans les manufactures. Ce décret est justifié par les efforts de guerre du Canada. En effet, les usines souffrent d’une importante pénurie de main-d’œuvre. Le décret sera annulé le 12 janvier 1919, après la guerre.

14 février 1918 : un violent incendie détruit une aile du siège des Soeurs Grises, sur la rue Dorchester (aujourd’hui, boulevard René-Lévesque) entre Saint-Mathieu et Guy, à Montréal. L’incendie coûte la vie à 53 bébés. L’incendie fut causé par un court circuit.

28 février 1918 : le gouvernement fédéral est autorisé à percevoir l’impôt de guerre. Cet impôt est évidemment resté en vigueur depuis.

16 mars 1918 : M. W.-J. Lalonde, surintendant du service d’alarmes du département des incendies de la ville d’Ottawa, présente son invention : un avertisseur automatique destiné à réduire le risque d’incendies.

16 mars 1918 : la loi militaire est modifiée et tous les célibataires âgés de 20 à 23 ans, ainsi que les veufs sans enfants seront appelés sous les drapeaux.

27 mars 1918 : M. Arthur Dansereau, doyen des journalistes canadiens français et ancien directeur politique du quotidien La Presse, décède à Montréal.

29 mars 1918 : des émeutes éclatent à Québec à la suite de la chasse entreprise par la police fédérale aux conscrits insoumis. Des policiers sont battus, des immeubles sont saccagés.

1er avril 1918 : cinq jeunes sont morts à Québec et plus de soixante-dix sont blessés, lorsque des soldats tirent dans la foule lors d’une manifestation contre la conscription. Il semblerait que le premier coup de feu soit parti de la foule en colère, mais rien ne peut justifier ces meurtres. Les soldats tirent à la mitrailleuse. Le 4 avril, un arrêté ministériel proclame la Loi martiale et les libertés civiles sont suspendues.

11 mai 1918 : décès à Saint-Jean-Deschaillons, du poète et romancier canadien-français Pamphile Le May, à l’âge de 81 ans.

4 juin 1918 : ;e Département de la sécurité publique de Montréal est fondé. Ce département comprend les services de police et d’incendie. À cette époque, l’effectif du corps de police de Montréal compte 759 hommes répartis dans plus de 30 postes de quartier.

19 juin 1918 : la ville de Québec accueille en véritables triomphateurs les hardis chasseurs alpins, mieux connus sous le nom de Diables bleus. M. de Saint-Victor, agent consulaire de France à Québec loue les héros de la Marne et de Verdun qui, en arrêtant la ruée des barbares, ont assuré la victoire finale du droit, de la justice et de la liberté (wow!).

24  juin 1918 : inauguration du premier service de courrier aérien au Canada. Le premier transport de lettres est effectué entre Montréal et Toronto en six heures par le capitaine aviateur Brian Peck, résident de Montréal qui a apporté à Toronto 120 lettres et des caisses d’alcool.

10 septembre 1918 : les 760 policiers de Montréal constituent l’Union ouvrière fédérale des policiers, le premier syndicat des policiers au Québec.

24 septembre 1918 : Victoriaville est frappée par la grippe espagnole. C’est l’une des premières villes au Canada à être frappée par l’épidémie.

25 septembre 1918 : de nouveaux cas de grippe espagnole se déclarent à Victoriaville et dans le village de Saint-Norbert. Quelques personnes sont dans un état grave.

26 septembre 1918 : cinq Montréalais sont hospitalisés à l’hôpital Général avec la grippe espagnole. Les hôpitaux Royal Victoria et Western rapportent qu’ils n’ont aucun cas, la situation semble tranquille.

27 septembre 1918 : les autorités admettent qu’aux casernes de Saint-Jean-sur-Richelieu, l’épidémie de grippe espagnole devient plus sérieuse. Depuis avant-hier, le nombre des cas a augmenté de 355 à 450.

27 septembre 1918 : les soldats canadiens prennent le bois de Bourlon, près de Cambrai.

8 octobre 1918 : tous les lieux publics du Québec, soit tous les théâtres, écoles, cinémas, salles de danse sont fermés à partir d’aujourd’hui jusqu’à nouvel ordre. La grippe espagnole fait des dizaines de morts chaque jour.

10 octobre 1918 : on annonce officiellement que 59 personnes ont succombé à la terrible grippe espagnole, dans la journée d’hier. Personne ne croit à ces chiffres officiels.

18 octobre 1918 : décès en fonction de sir Évariste Leblanc, lieutenant-gouverneur du Québec.

18 octobre 1918 : le maire de Montréal Martin est réélu par plus de trente mille votes à la majorité. Il recueille plus de 53 mille voix, comparativement à moins de 23 mille pour son adversaire Rochefort. Les Montréalais ont donc décidé de dissoudre la Commission administrative qui était formée de membres nommés par Québec. La nouvelle administration sera dirigée par un conseil composé de 35 échevins et d’un maire.

20 octobre 1918 : inauguration du tunnel sous le Mont-Royal. Ce tunnel s’est avéré l’un des principaux moteurs du développement économique du grand Montréal. Le tunnel électrifié a été construit sur une période de 18 mois à raison de 26 pieds par jour.  

23 octobre 1918 : le chiffre officiel des décès dus à la grippe espagnole, à Montréal, enregistrés de neuf heures du matin à onze heures du soir, le 22 octobre 1918, est de seulement 64 morts. Le 21 octobre, il était de 120 morts.

26 octobre 1918 : une poudrerie explose à l’Île Perrot, plusieurs maisons sont détruites. Les pertes matérielles dépassent 2 millions de dollars (en dollars de l’an 1918).

30 octobre 1918 : Armistice et fin des hostilités de la Première guerre mondiale.

12 décembre 1918 : début d’une grève de 33 heures des policiers et des pompiers de la ville de Montréal. La grève est très violente. Des casernes sont saccagées, des voitures de lutte contre les incendies sont sabotées. Les autorités sont obligées d’abolir le Département de sécurité publique, créé en juin de cette année et d’annuler la décision d’unir les services de la police et celui des pompiers.