Ligne du temps : Nouvelle France

Ligne du temps : 1751 – 1776

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Ligne du temps : 1751 – 1776

Statistiques : Vers 1750, la population de la Nouvelle-France est évaluée à 85 000 âmes (colons et soldats français, sans compter des Amérindiens). La population de la Nouvelle-Angleterre est évaluée à environ 1 485 000 habitants.

1753 : Louis XV approuve et reconnaît officiellement la Congrégation des Soeurs Grises.

Juillet 1753 : Début de la construction du fort Le Boeuf, près de la rivière au Boeuf (aujourd’hui French Creek, en Pennsylvanie), sous la direction de l’officier Paul Marin de la Malgue. Le gouverneur Duquesne est d’avis qu’un poste fortifié sur la rive sud du lac Érié et une route menant jusqu’au cours supérieur de la rivière Alléghany aidera à sécuriser l’accès à la vallée de l’Ohio.

11 décembre 1753 : Le colonel George Washington, représentant le gouvernement de la Virginie, rende la visite au fort Le Bœuf, commandé par Jacques Legardeur de Saint-Pierre (qui en avait assumé le commandement à la suite du décès de Paul-Marin de la Malgue, survenu le 29 octobre 1753). George Washington demande que les Français plient bagage. Legardeur refuse d’obtempérer (« Pour la réquisition que vous faites de me retirer, je ne crois pas devoir y obéir. »).

1754 : Deux bataillons du régiment de Guyenne débarquent en Nouvelle-France.

16 avril 1754 : Claude-Pierre Pécaudy de Contrecœur déloge les Anglais du fort Prince George dans la vallée de l’Ohio et le rebaptise Fort Duquesne, en l’honneur du gouverneur de la Nouvelle-France Michel-Ange Duquesne de Menneville. Le fort Duquesne était situé au confluant des rivières Monongahela et Allegheny où la rivière Ohio est né (aujourd’hui, c’est le territoire du Point State Park, ville de Pittsburgh, Pennsylvanie). Voir aussi 1755 et 1758.

27 mai 1754 : Lors de l’incident de Jumonville, les miliciens de la Nouvelle-Angleterre tuent trente Français, avec le lieutenant Joseph Coulon de Villiers, sieur de Jumonville, à la tête. Dix soldats et Jumonville furent tués à tirs de feu au moment des négociations, le reste furent massacrés après être capturés. Dans l’histoire des États-Unis cet épisode est connu sous le nom de la Bataille de Jumonville Glenn, même si il n’y eut aucune bataille. Le commandant des troupes britanniques était alors le colonel George Washington. Outragés de ce crime, 600 soldats français et miliciens canadiens sous les ordres du capitaine Louis Coulon De Villiers (le demi-frère de Joseph) attaquent à leur tour. George Washington capitule, reconnaissant l’assassinat de l’officier De Jumonville avant de battre en retraite.

1755 : Pierre Rigaud de Vaudreuil devient gouverneur de la Nouvelle-France. Il sera le dernier gouverneur français de la colonie.

9 juillet 1755 : Le major général Edward Braddock, à la tête de 1200 soldats, attaque le Fort Duquesne mais est défait par les 300 Français et les 600 Indiens qui défendent le fort. Braddock perd la vie tout comme la moitié de ses hommes mais George Washington et Daniel Boone survivent au combat.

28 juillet 1755 : Début de la déportation des Acadiens. Sur la recommandation du juge en chef de la Nouvelle-Écosse, Jonathan Belcher, le Conseil exécutif de la Nouvelle-Écosse prend la décision unanime de déporter 15 000 Acadiens au cours de l’été et de l’automne parce ce qu’ils refusent de signer le serment d’allégeance au souverain d’Angleterre, ils ne s’assimilent pas assez vite et ne sont pas de bons sujets britanniques. Ce projet est gardé secret pour éviter que les Acadiens ne s’enfuient avec leur bétail. Le lieutenant-colonel John Winslow affirme lui-même : « Nous avons entrepris de nous débarrasser de l’une des plaies d’Égypte ». Désireux d’empêcher ces colons français qui refusent de prêter serment à la couronne britannique de quitter l’Acadie pour aller défendre le Canada, le gouverneur Charles Lawrence s’empare de la population désarmée, l’entasse sur des navires et la disperse par groupes dans les colonies américaines. Les familles sont déchirées, les enfants séparés de leurs parents et les maris de leurs épouses. On compte environ 12 000 personnes ainsi déportées. Lawrence ordonne à ses hommes: « Vous devez faire tous les efforts possibles pour réduire à la famine ceux qui tenteront de s’enfuir dans les bois. »

3-8 septembre 1755 : La bataille du Lac Saint-Sacrement (Bataille du Lac George). L’armée française sous le commandement du baron Jean Armand Dieskau avec 3 000 hommes combat une force britannique, avec le colonel William Johnson à la tête et composée d’une milice coloniale de 3 000 hommes environ et de 300 Indiens Agniers, commandés par leur chef Hendrick Theyanoguin. La bataille est gagnée par les Anglais qui perdent 191 tués, 150 blessés et 62 disparus tandis que les Français ont 132 tués, et 184 blessés. Du côté anglais, le colonel Ephraim Williams, les capitaines Ingersal, Puter, Ferral, Stoddert, McGimes et Steevens, tous les officiers indiens ainsi que leur chef Hendrick Theyanoguin sont morts. Du côté français, est mort le colonel Jacques Legardeur de Saint-Pierre et le baron Jean Armand Dieskau est blessé trois fois et fait prisonnier. Les Anglais demeurèrent à l’endroit qui deviendra le fort William Henry, et les Français construiront le fort Carillon.

25 janvier 1756 : Le marquis Louis-Joseph de Montcalm apprend sa nomination à titre de commandant en Nouvelle-France.

12 mai 1756 : Montcalm arrive à Québec et devient le subalterne du gouverneur Vaudreuil, ce qui mène à des rivalités entre les deux hommes et leurs partisans: Montcalm n’aime guère rendre des comptes à Vaudreuil.

29 août 1756 : Début officiel de la guerre de Sept Ans en Europe, entre la France et l’Angleterre par l’attaque de la Saxe par Frédéric II, bien que les affrontements aient débuté en 1754 dans les colonies française et anglaises d’Amérique du Nord avant de dégénérer la situation en guerre « mondiale ». Le nouveau lieutenant-général des armées, le marquis de Montcalm, arrive en grandes pompes dans la Nouvelle-France. Il se fait rapidement une opinion des Canadiens, écrivant qu’il aimerait mieux « perdre une bataille que de la gagner avec l’aide des Canadiens ». Effectifs en Nouvelle-France et dans les environs : les Français alliés aux Indiens possèdent 900 hommes; les Anglais ont 1 850 hommes dont 450 Américains.

Décembre 1756 : William Pitt, père devient premier ministre de la Grande-Bretagne. Il est convaincu que la guerre se gagnera en Amérique et non en Europe. Il projette de s’emparer de Louisbourg et de Québec; une fois ces conquêtes réalisées, le reste de la colonie tombera.

3 – 6 août 1757 : Sur les ordres du gouverneur Vaudreuil, le 3 août 1757, le général Montcalm attaque le fort William Henry (Lac George, New York). Montcalm a à sa disposition 6200 soldats, réguliers et miliciens canadiens, ainsi que 1800 alliés amérindiens. Après trois jours de combat, les 2500 Anglais se rendent. Montcalm désobéit alors aux ordres de Vaudreuil et décide de ne pas attaquer le fort Edward, la porte de la ville d’Albany, qui n’est pourtant qu’à un jour de marche. Vaudreuil est furieux.

Septembre ou octobre 1757 : Le roi tranche et autorise Montcalm à mener son armée comme bon lui semble, sans l’accord du gouverneur Vaudreuil.

La nuit du 7 au 8 juillet 1758 : James Abercromby attaque le fort de Carillon. Le major général Abercromby a à sa disposition 16 000 hommes, la plus imposante armée jamais assemblée jusqu’alors en Amérique. Montcalm défend le fort avec 3600 hommes dont un grand nombre de Canadiens et d’Indiens. Le général Abercromby se bat à l’européenne et lance ses troupes contre les abattis d’où les Canadiens les mitraillent sans merci. L’armée anglaise n’en peut plus, tourne les talons et s’enfuit, laissant derrière elle 1944 blessés ou tués. Les Français victorieux ne dénombrent que 377 morts. Cette victoire miraculeuse est célébrée et prend rapidement des dimensions légendaires, mais Montcalm a remporté la dernière grande victoire française en Amérique.

8 juin – 26 juillet 1758 : Siège de Louisbourg en Acadie. L’armée britannique commandée par le général James Wolfe s’empare de la forteresse.

14-15 septembre 1758 : Les britanniques s’en prennent au sérieux au fort Duquesne. Une bataille eut lieu au cours de la nuit du 14 au 15 septembre, mais les Français la remportent.

Octobre 1758 : Signature du traité d’Easton, à sa suite, l’allégeance des tribus amérindiennes de la région bascule du côté des anglais.

23 novembre 1758 : Le dernier commandant du fort Duquesne, François-Marie Le Marchand de Lignery, abandonne le fort et le fait détruire pour éviter qu’il ne tombe aux mains de l’ennemi.

12 janvier 1759 : Dans un mémoire adressé à la Cour, le général Montcalm écrit : « Maintenant on fera cette question : « Québec pris, le Canada l’est-il ? Qui, sans doute, puisque : 1 – il n’y a en seconde ligne aucune place forte, aucun lieu où il y ait un dépôt de munitions de guerre et de bouche ; 2- Le Canada ne peut se soutenir par lui-même et sans le secours de la France ». Ainsi Montcalm prédit-il que la prise de la capitale jouera un rôle décisif dans la chute de la Nouvelle-France.

27 juin 1759 : Les troupes anglaises débarquent sur l’île d’Orléans et occupent depuis la paroisse de Saint-Laurent.

30 juin 1759 : Les portes de Québec ferment devant le danger d’une attaque anglaise.

Juillet 1759 : Bataille de La Belle-Famille. Les Irlandais avec les colonels John Pirdeaux et Johnson à leur tête, lancent un attaque contre le fort Niagara. Ils concentrent une force d’environ 4500 réguliers et provinciaux, dont 100 Amérindiens. Les Français sont commandés par Pierre Pouchot. Après moins de deux semaines de siège, Prideaux est tué et Johnson devint le nouveau commandant. Finalement, le fort Niagara est cédé aux Britanniques.

Juillet 1759 : À la suite de la chute du Fort Niagara en juillet 1759, le commandant François-Paul Duverger de Saint-Blin reçoit l’ordre d’abandonner le fort Le Boeuf, ce qui sera fait en août 1759. Le fort sera brûlé, mais les Anglais le rebattront et le fort sera finalement détruit le 18 juin 1763 lors de la rébellion de Pontiac.

9 juillet 1759 : Les Anglais lancent pour la première fois des bombes incendiaires et mettent le feu à plusieurs maisons de la basse ville de Québec et à l’église de Notre-Dame-des-Victoires. L’armée britannique occupe la paroisse de l’Ange-Gardien.

12 juillet 1759 : Début des bombardements contre Québec. La capitale de la Nouvelle-France sera ainsi bombardée jour et nuit sans relâche pendant deux mois.

Le 24 juillet 1759 : On évalue à 15 000 le nombre de bombes lancées contre la ville en 24 heures. La cathédrale et l’église Notre-Dame-des-Victoires sont incendiées.

13 septembre 1759 : Les Anglais attaquent à nouveau Québec sous la direction du général Wolfe. Le marquis de Montcalm défend la ville, mais la bataille est perdue en moins d’une demi-heure. La ville tombe aux mains des Anglais. Les deux commandants tombent.

2 h 00 : 4 000 soldats anglais, avec le général James Wolfe à leur tête, débarquent à l’Anse au Foulon, à l’ouest de Québec, près des Plaines d’Abraham. Une sentinelle française qui avait entendu du bruit demande : Qui vive? Le capitaine Fraser ou le capitaine Donald MacDonald répond : France! Le garde, croyant avoir affaire à un des hommes du convoi de vivres, laisse passer sans rien faire.

Vers 4 h 00 : les soldats anglais sont sur les Plaines d’Abraham, face à la ville et répartis en rangées. Ils ont avec eux deux pièces de canons.

5 h 00 : on vient réveiller Montcalm pour lui annoncer que les Anglais sont débarqués à l’anse au Foulon. Montcalm est incrédule, tellement qu’on envoie un messager s’enquérir de la situation au quartier général.

5 h 45 : le gouverneur Vaudreuil apprend le débarquement des Anglais, mais l’événement lui est présenté de telle façon qu’il croit que les Anglais se préparent à quitter la place.

6 h 00 : on vient confirmer à Montcalm la nouvelle ; ce dernier commence à se préparer au combat.

Entre 9 et 10 h 00 : environ 3 500 français entament le combat. En moins d’une demi-heure, l’armée française est défaite. Wolfe meurt sur le champ de bataille, Montcalm est gravement blessé et il succombera à ses blessures le lendemain).

14 septembre 1759 : Saccage de Québec par des groupes de soldats en fuite.

17 septembre 1759 : Claude Nicolas Roch de Ramezay, lieutenant du roi à Québec, remet la capitale au général George Townshend, successeur de Wolfe.

20 septembre 1759 : La garnison française quitte Québec ; la veille, la dépouille embaumée du marquis Louis-Joseph de Montcalm est transportée par bateau en France.

21 septembre 1759 : Les habitants de Québec ayant quitté la ville sont autorisés à revenir prendre possession de leurs biens à la condition de prêter un serment de fidélité au roi d’Angleterre.

21 avril 1760 : Alerté par quatre déserteurs de l’armée française qui s’apprête à attaquer les anglais à Québec, le général Jeffrey Amherst publie une proclamation avertissant les habitants « que l’ennemi se prépare à nous attaquer ».

28 avril 1760 : Bataille de Sainte-Foy. François-Gaston le duc de Lévis, à la tête de 3 000 hommes et avec 22 canons, attaque les Britanniques à Québec. La bataille s’engage tout près de l’endroit où les généraux Wolfe et Montcalm ont trouvé la mort. Le combat dure trois heures. Les Anglais sont défaits et vont se réfugier derrière les portes de la ville. Les Anglais sont assiégés, mais Lévis devra lever le siège le 11 mai prochain après l’arrivée de nouveaux contingents anglais.

9 mai 1760 : Une frégate anglaise jette l’ancre devant Québec.

11 mai 1760 : Lévis lève le siège de Québec.

15 mai 1760 : Deux autres frégates anglaises rejoignent les premiers renforts. L’effort des Français aura été vain.

6 septembre 1760 : Au moment que de Vaudreuil étudie l’acte de capitulation de Montréal, le duc de Lévis lui présente un mémoire suggérant de rejeter les articles où le général Amherst exige que les 8 bataillons français se constitueraient prisonniers avec la promesse de ne point porter les armes, même en Europe, durant la guerre.

8 septembre 1760 : Montréal capitule. Le gouverneur français Vaudreuil n’a d’autre choix que rendre la Nouvelle-France au général britannique Jeffrey Amherst, à 8h00. Les Anglais refusent aux troupes françaises les honneurs de la guerre. Lévis brûle une partie de ses drapeaux et brise son épée plutôt que de la rendre. C’est la fin de la Nouvelle-France. Le Canada devient possession anglaise.

23 septembre 1760 : Les habitants de Trois-Rivières remettent leurs armes et prêtent serment de fidélité et de soumission à Sa majesté britannique George II.

18 octobre 1760 : Le duc de Lévis s’embarque, à bord de la Marie. Il arrivera dans le port français de La Rochelle.

25 octobre 1760 : Décès de George II. Son fils George III accède au trône.

9 août 1761 : Le jour du mariage du roi George III avec la princesse Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, le vicaire général de Québec, l’abbé Jean-Olivier Briand, le vicaire général de Montréal, l’abbé Étienne Montgolfier, et le chanoine de Trois-Rivières, Joseph-François Perrault, demandent à tous les prêtres de prier pour le roi d’Angleterre.

10 février 1763 : Signature du traité de Paris qui cède l’Amérique du Nord française à l’Angleterre, à l’exception des îles de Saint-Pierre et Miquelon. La France choisit conserver le sucre de la Guadeloupe.

Février 1763 : Le serment du Test (qui implique un reniement du pape et du culte de la Vierge) devient obligatoire pour entrer dans la fonction publique, garantissant ainsi l’exclusion des francophones catholiques du gouvernement. La livre sterling devient la devise monétaire officielle. Le territoire de l’ancienne Nouvelle-France est considérablement réduit.

18 avril 1763 : Marie Josephte Corriveau, alias la Corriveau, est condamnée à la pendaison après avoir été reconnue coupable du meurtre de son mari, Louis Dodier. La cour ordonne que sa dépouille soit enfermée dans une cage suspendue à la vue des passants à Pointe-Lévy. La légende de la Corriveau inspirera de nombreux écrivains et cinéastes.

27 avril 1763 : Insatisfait des nouvelles règles de commerce instaurés par les Anglais et pour contenir leur expansion, le chef des Outaouais, Pontiac, tente de galvaniser les Outaouais, les Sauteux et les Renards contre les Anglais. Le gouverneur Murray cherche à former une armée de volontaires canadiens français pour se battre contre Pontiac.

Mai 1763 : Une série de raids sanglants des Amérindiens contre les comptoirs de l’intérieur du Québec. Suite à une hausse des prix des marchandises par les Anglais, plusieurs milliers d’Amérindiens s’insurgent, désireux de venger leurs alliés et de redonner le territoire au roi de France. Le clergé catholique essaie de convaincre les Canadiens français de se porter volontaires contre « les Sauvages ». Les Amérindiens sont battus à Détroit, mais les Anglais se voient obligés de concéder la région des Grands Lacs à Pontiac et à ses alliés.

10 octobre 1763 : Proclamation Royale : La Province of Quebec devient la 15ème colonie britannique en Amérique. Londres dans sa «Royal Proclamation», accorde le droit aux francophones catholiques de pratiquer leur religion. La Grande-Bretagne fait toutefois connaître au gouverneur James Murray son intention de fonder des écoles uniquement protestantes dans le but d’assimiler la population. La proclamation entend également remplacer le code civil français par la «British Common Law». Le gouverneur Murray juge toutefois cette mesure impraticable et décide plutôt de garder les anciennes lois françaises.

21 novembre 1763 : James Murray, général d’origine écossaise qui avait été chargé de l’occupation de Québec après la victoire des Anglais sur les Plaines d’Abraham, devient le premier gouverneur de la province de Québec. Il occupera cette fonction jusqu’en 1768.

10 août 1764 : Le régime militaire prend fin, le rétablissement d’un gouvernement civil de la Province of Quebec, créée par la Proclamation royale du roi George III, le 10 octobre 1763 (voir cette date). Conformément à la Proclamation royale, de nouvelles structures administratives seront mises en place dans les prochains jours. La province est confiée à un gouverneur général britannique, détenant les pleins pouvoirs et assisté d’un conseil dont il nommera les membres (vois aussi le 13 août 1764).

13 août 1764 : Première nomination des conseillers au gouvernement civil de la nouvelle colonie britannique. Les francophones et tous les catholiques sont exclus d’office car ils doivent prêter le serment d’abjuration et du Test. Cette politique de la Grande-Bretagne contraint le gouverneur Murray.

21 juin 1764 : Parution de la Quebec Gazette/Gazette de Québec, un journal bilingue, publié par William Brown et Thomas Gilmore.

17 septembre 1764 : Le gouverneur James Murray nomme les dix premiers juges de paix de la province de Québec. Ces juges doivent tous obligatoirement être de religion protestante et il faudra attendre l’Acte de Québec pour que des francophones puissent participer à la vie publique de la province.

14 octobre 1764 : Naissance de David David, premier Juif né dans la province de Québec.

1765 : Quatre-vingt-cinq Canadiens adressent une pétition aux autorités britanniques et réclament que la justice soit rendue en français, que les ordres du roi soient promulgués en français et que les Canadiens puissent agir comme jurés et avocats.

22 mars 1765 : Adoption du Stamp Act (loi du timbre), votée par Londres prévoit une taxe sur journaux, documents officiels, polices d’assurances, almanachs, cartes à jouer, jeux de dés, dans le but de payer la défense des colonies. Dénoncé en Nouvelle-Angleterre, notamment par Benjamin Franklin, tous les agents du timbre de la Nouvelle-Angleterre donneront leur démission le jour de l’entrée en vigueur 1er novembre 1765. Dans la province de Québec, le seul journal, la Gazette de Québec, publié chaque semaine en édition bilingue, cesse de paraître à cause de cette taxe. Devant la réaction, le gouvernement britannique fait marche arrière et, le 1er mai 1766, la loi cesse d’être en vigueur (v. aussi le 1er mai 1766 et le 29 mai 1766).

1766 : Retour du premier évêque catholique Canada : Monseigneur Briand (mais dès lors, son rôle est de prêcher la soumission du peuple aux nouvelles autorités britanniques).

21 janvier 1766 : Le pape Clément XIII signe la bulle nommant Jean-Olivier Briand évêque de Québec. Il sera consacré à Paris le 16 mars 1766.

1er mai 1766 : Le Stamp Act (loi du timbre) est annulé (voir aussi le 22 mars dernier et le 29 mai prochain).

29 mai 1766 : La Gazette de Québec reprend sa parution (voir aussi le 22 mars et le 1er mai).

1766 : Les premiers à profiter de la conquête sont les commerçants anglais et américains qui prennent le contrôle de l’activité économique. Le premier gouverneur britannique, James Murray, n’aime pas ces marchands qu’il juge être « la plus immorale collection d’individus que j’aie jamais connue. » Il écrit encore « Rien ne pourra satisfaire les fanatiques déréglés qui font le commerce, hormis l’expulsion des Canadiens, qui constituent la race la plus brave et la meilleure du globe peut-être! » Les commerçants auront finalement la peau de Murray qui sera rappelé à Londres et remplacé. « Je quitte un pays et un peuple que j’aime sincèrement », a-t-il déclaré avant de partir.

1767 : Disparition du collège des Jésuites. L’enseignement secondaire sera assuré par le Séminaire de Québec. Les Sulpiciens ouvrent le futur Collège de Montréal, les Ursulines de Québec reprennent leur enseignement.

30 décembre 1768 : Fondation de la première synagogue au Canada, la Spanish and Portuguese Congregation de Montréal, de rite séfarade (succursale de la communauté juive de New York). Le nom hébreu de la synagogue est Shearith Israel. En 1838, la synagogue Shearith Israel emménagera à l’angle des rues Chenneville et LaGauchetière à Montréal, en 1887, elle déménagera sur la rue Stanley et en 1946, la Spanish and Portuguese Synagogue de Montréal déménagera sur la rue Lemieux.

1771 : Reconnaissance officielle du régime seigneurial.

16 décembre 1773 : Le Boston Tea Party – 342 caisses de thé sont jetées à la mer. Cet acte illustre l’indignation croissante des colons américains vis-à-vis de la métropole et prépare la Nouvelle-Angleterre à la guerre d’Indépendance. La Grande-Bretagne vote une série de cinq lois qualifiées d’intolérables.

13 juin 1774 : Suivant les recommandations du gouverneur Carleton, Londres décrète le «Quebec Act» dont le but est d’apaiser les Canadiens pour qu’ils ne se joignent pas à la révolution américaine des 13 colonies. Le territoire du Québec est agrandi pour inclure la vallée de l’Ohio et la région des Grands Lacs. D’ailleurs, le Serment du Test est changé. En effet, les catholiques peuvent désormais avoir accès à la fonction publique si toutefois ils prononcent un serment d’allégeance à la couronne d’Angleterre.

1775 : Les Américains sont outrés que l’Angleterre permette aux Canadiens de garder leur religion catholique et empêche leur expansion vers l’ouest. C’est une des raisons (mais la raison principale est la réaction à des taxes jugées excessives) pour lesquelles les Américains lancent leur révolution. Ils tentent de convaincre les Canadiens se joindre à eux alors que le clergé prend position pour l’Angleterre. Les habitants choisiront finalement la neutralité.

1er mai 1775 : Des sujets ingrats et déloyaux ont peint en noir le buste de Sa Majesté George III de l’Angleterre, le premier monument installé à Montréal, don de Sa Majeste. Les criminels lui ont attaché une pancarte qui acheva, avec la peinture, de lui enlever toute la majesté qu’il aurait pu avoir d’abord. L’inscription dont il est question se lisait comme suit : Voici le pape du Canada et le sot de l’Angleterre. Les auteurs de crime pendable ne furent jamais découverts (quelques mois plus tard, les Américains, en s’emparant de Montréal, décapitaient le buste et le jetaient dans un puits).

9 mai 1775 : Les Américains prennent le fort de Crown Point (Pointe-à-la-Chevelure).

11 mai 1775 : Les Américains prennent le fort Saint-Jean.

18 mai 1775 : Devant l’imminence d’une invasion générale américaine, l’évêque Jean-Olivier Briand accepte d’aider le gouverneur Carleton à inciter les « Canayens » (on appelle les Canayens les Canadiens français) à s’enrôler dans la milice pour défendre le pays.

Septembre 1775 : Les «Bastonnais» (nom que les Canadiens donnaient aux rebelles américains) tentent de conquérir le Québec par les armes. Ils assiègent le fort Saint-Jean et sont victorieux sur l’armée britannique.

6 septembre 1775 : Les Américains (Bostonnais) prennent le fort Saint-Jean. C’est le début de l’invasion de la Province de Québec par les Américains avec le commandant Richard Montgomery à leur tête.

12 septembre 1775 : Montréal capitule devant l’assaut des Américains et devient une ville américaine. Les nouveaux occupants établissent leur quartier général au château Ramezay. Les Anglais quant à eux, fuient vers Québec qui est assiégée à son tour.

9 novembre 1775 : Reddition de Trois-Rivières aux Américains sans aucune contrainte.

13 novembre 1775 : Capitulation de Montréal le Château Ramezay leur servira de quartier général. Le gouverneur Guy Carleton quitte Montréal et se retire à Québec. Il laisse douze marchands (six francophones et six anglophones) à Montréal pour négocier la reddition de la ville.

31 décembre 1775 : Dans une tentative de prendre la ville de Québec d’assaut, les célèbres généraux américains Richard Montgomery et Benedict Arnold tentent un assaut contre la basse ville qui s’avère infructueux. Montgomery y trouvera la mort. Les Américains continuent pourtant d’assiéger la ville.C’est le début de la fin pour les Américains qui devront évacuer le territoire canadien.

29 avril 1776 : Espérant convaincre les « Canayens » récalcitrants contre une alliance contre la Grande-Bretagne, une délégation d’éminents Américains, dont Benjamin Franklin, arrive à Montréal. Convaincus que leur cause est désespérée, Franklin constate: « Il en coûterait sans doute moins cher aux États-Unis d’acheter le Canada que de le conquérir.

6 mai 1776 : À l’arrivée de trois navires anglais, les Américains lèvent le camp et le siège de Québec est fini. Montréal sera abandonné vers la fin juin.

1er juin 1776 : Arrivée des premiers mercenaires allemands de Brunswick et de Hanau venus mater les Américains au Canada. Il en viendra 4 300 en tout. Après la guerre, ils s’établiront au Québec, notamment à Sorel et dans les environs.

Juin 1776 : Les troupes américaines quittent le Canada. Le sort en est jeté, le Canada sera britannique.

1776 : Frederick Haldimand est nommé gouverneur de la province de Québec. On commence à parler de l’Amérique du Nord britannique (nom qui restera jusqu’en 1867).

22 octobre 1776 : Inauguration, par l’inhumation de David Lazarus, du premier cimetière juif au Canada (possiblement, en Amérique du Nord), à l’angle des rues Saint-Janvier (La Gauchetière) et Saint-François-de-Sales (Peel) à Montréal.

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Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de plein gré, dans des circonstances librement choisies ; celles-ci, ils les trouvent au contraire toutes faites, données, héritage du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants. (Carl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte). Photo : © GrandQuebec

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