Légendes du monde

Pianiste du diable

Pianiste du diable

Le Pianiste du diable à l’auberge Cotnoir

Légende québécoise de Saint-Germain-de-Grantham

Son nom était Fabien L. Un bon travaillant et un bon mari. Sa passion, jouer des tours pendables.  N’avait-il pas grimpé sur le toit d’une grange le « sleigh » d’un de ses amis, qui l’avait cherché désespérément après la veillée. N’avait-il pas attrapé l’un puis l’autre dans des histoires les plus abracadabrantes. Et cette fois, c’est tout le village qu’il allait prendre dans ses filets.

Par un dimanche orageux, alors que tout le village est à la messe, Fabien se déguise tout en noir pour faire croire au diable. Puis il se rend au village et s’introduit dans l’auberge de la famille Cotnoir, une imposante maison de pierre grise taillée, la seule du genre des kilomètres à la ronde. Et au sortir de la messe, alors que tout le monde prend le chemin du retour, il se met à jouer au piano une musique d’enfer. Les chevaux refusent d’avancer. La cacophonie les rend nerveux. Le tonnerre se met de la partie. Les gens voient bien par les fenêtres cette forme noire faire de grands gestes diaboliques au-dessus du piano. Certains y voient des doigts crochus. La peur s’installe. Le curé est mandé sur les lieux.  Mais le malin disparaît aussitôt. Cette histoire de pianiste étrange allait marquer l’imagination de plusieurs enfants qui la racontent encore aujourd’hui.

Toutefois ce qu’elle ne dit pas, c’est que Fabien a fini par se vanter de sa blague diabolique. Et la méfiance des voisins envers le farceur a grandi avec le temps. Quelques années plus tard, ce qui devait arriver arriva. Le feu s’est déclaré chez lui. En peu de temps, il ne resta plus que les murs de sa belle maison de pierre construite en 1868. Les voisins avaient bien vu le feu dans les fenêtres mais avaient cru à un autre tour pendable de Fabien et n’étaient pas intervenus. Et lorsqu’ils se sont rendus compte que ce n’était pas une blague avec toute la fumée qui s’élevait dans le ciel, il était trop tard. Fabien a tout vendu à un dénommé Dupuis puis a quitté le village.

Note : Cette histoire est tirée d’un récit de Monsieur Lucien Clair raconté dans St. Germain de Grantham. 125ième, publié par Les Éditions de la Société Nationale du Centre du Québec, à Drummondville, en 1982.

© Maurice Vallée 2001

Source : mauricevallee.ca/Hishead.html – légendes

Piano à Trois-Rivières

Piano à Trois-Rivières

Piano public à Trois-Rivières. Photo : GrandQuebec.com

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