Légendes du monde

Contes et légendes

Contes et légendes

Contes et légendes

La frontière entre la légende et le conte, surtout le conte merveilleux, n’est pas précise. Luc Lacourcière (1910-1989), expert en traditions populaires, note que la plupart des contes du XIXe siècle sont des légendes et l’on peut dire sans se tromper que le XIXe siècle nous a laissé beaucoup de légendes. Les premiers littérateurs canadiens se sont inspirés de la légende et ont rédigé des légendes qu’ils ont appelées des contes (Luc Lacourcière, Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, t.1, Montréal, Fides, 1978).

Dans son sens premier, le terme légende signifie « ce qui est lu ». En effet, la légende, d’origine religieuse, a d’abord été le récit, souvent merveilleux, de la vie d’un saint. Ces récits ont été lus lors des repas dans les couvents du Moyen Âge. Or, au fil des ans, en se libérant de son contexte religieux, la légende se détache de ses liens avec l’écriture tout en gardant son caractère merveilleux.

En Nouvelle-France, en l’absence d’imprimeries, le Canada est dominé plus encore que l’Europe par les traditions orales, dont la légende et le conte occupent une place de choix. L’historien français Jules Michelet observe dans son Histoire de la Révolution française que la légende est une représentation déformée de faits ou de personnages réels (Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, t.1, collection Bouquin, Paris, Robert Laffont, 1979).

Au XIXe siècle, avec l’émergence de l’esprit scientifique, l’écart de la légende par rapports aux faits se fait sentir de plus et plus. La légende de la Corriveau, par exemple, était à l’origine un fait divers, mais elle adopte des formes légendaires grâce aux affabulations transmises par la tradition orale.

Peu soucieux de la véracité de son contenu, le conte fait également intervenir le merveilleux, le fantastique. On peut l’analyser selon deux approches :

L’approche formaliste ou structuraliste, élaborée par Vladimir Propp, auteur de Morphologie du conte (Paris, Seuil, 1970). À partir de l’analyse des personnages du conte, le théoricien dégage une trentaine de fonctions qu’on retrouve dans tous les contes.

L’approche symbolique, celle de la psychanalyse, qui recourt à l’étude des symboles sexuels. À partir de cette approche Sigmund Freud aurait pu interpréter le vol dans le conte La Chasse-Galerie comme une métaphore sexuelle, tel qu’il a fait à propos du dirigeable.

Ce qui distingue vraiment la légende de la Corriveau d’un conte comme La Chasse-Galerie, est le fait que le conte révèle sa nature orale à travers sa situation de narration (présence d’un conteur) et ses deux nivaux de langage (parole et écriture).

D’ailleurs, dans son œuvre Conte fantastique québécois au XIXe siècle, Aurélien Boivin distingue trois types de contes :

  • Le conte anecdotique qui ressemble à la nouvelle parce qu’il est réaliste et vraisemblable;
  • Le conte historique qui a une prédilection pour les fait glorieux, les exploits de personnages légendaires – Madeleine de Verchères, Louis-Joseph de Montcalm, Irumberry de Salaberry
  • Le conte surnaturel qui renvoie à des personnages ou à des phénomènes extraordinaires. (Aurélien Boivin, Conte fantastique québécois au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1987).

legendes et contes

L’homme s’invente des légendes pour se faire peur et des religions pour se rassurer. (Anonyme) Photo : © Grandquebec.com

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