Légende de l'église de Saint-Laurent

Vers la fin du XVIIe siècle, on construisait l'église de Saint-Laurent, sur l'Île d'Orléans.

Près de cette église se trouvaient des coteaux et une montée difficile. Les chevaux en avaient tout leur roide pour charroyer les pierres sur les chantiers.

Un jour, le constructeur annonça aux hommes qu'il allait se procurer un cheval très fort qui transporterait à lui seul autant de pierres que tous les autres chevaux ensemble. Et voilà notre homme qui s’enferme plusieurs jours avec un "Petit Albert" qui, on le sait, contient tant de choses extraordinaires et merveilleuses.

Peu de temps après, on vit venir l’entrepreneur conduisant par la bride un cheval si beau qu’on n’en avait jamais vu de pareil. Il dit aux habitants qui travaillaient à l’église : « Faites travailler ce cheval maintenant tant que vous voudrez; mais je vous défends pour aucune raison de le débrider".

Le cheval, au cours de la journée, put charroyer dans les coteaux autant de pierres que tous les autres chevaux. Mais, le soir, il paraissait si fatigué, si exténué, si souffrant que son conducteur en eut pitié. Il le conduisit au ruisseau voisin et, pour le faire boire, lui enleva sa bride. Mais aussitôt… plus de cheval!… pas l'ombre d'un cheval, ni près du ruisseau, ni ailleurs.

Alors, le conducteur, de désespoir, se précipita dans le ruisseau… Mais, plus de conducteur! Seulement, dans un remous, une grosse anguille …

Heureusement, les pierres de l'église, ce soir-là, étaient toutes transportées sur le chantier, à l'exception d'une qui, depuis lors, a toujours manqué à l'édifice.

Note de GrandQuébec: Le Petit Albert est un livre de magie qui donne les recettes pour toutes sortes de situations - rendre impuissant un rival, contrefaire du musc qui sera jugé aussi exquis que le naturel oriental, faire danser une fille nue en chemise et plusieurs autres. Paru à Paris vers le début du XVIIIe siècle, l'auteur est connu sous le nom d'Albertus Parvus Lucius.

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