La Marie-Conteuse raconte...

Guillaume et le grain de maïs 3

Guillaume et le grain de maïs 3

 1-Version sonore

Guillaume et le grain de maïs 3

Copyright © La Marie-Conteuse

 

 2-Transcription

Tacatac tacatac tacatac catac (cuillères musicales)

Mon Guillaume prend son petit cochon sous le bras, pis il reprend la route en direction de Lachine. On l’attendait là-bas pour l’heure du train, fait qu’il était pas trop pressé. I’ avait toute son après-midi pour admirer le beau paysage. D’un côté, i’ avait les rapides, pis de l’autre côté, des beaux grands champs de maïs, de blé, d’orge, hé, c’était toute du bio, dans c’temps-là, les gens savaient pas ça !Fait qu’i’ marche, marche avec son p’tit cochon sous le bras… À un moment donné, son p’tit cochon commençait à être grouillant pis pesant. « Ma foi du bon dieu, il grossit à vue d’œil ». Il le met par terre, défait sa ceinture, pis il lui a fait une p’tite laisse. Pis il a repris sa route avec son p’tit cochon en laisse. Vers la fin de l’après-midi, il a vu apparaître le toit rouge de la ferme de Lucille, c’est justement là qu’il s’en allait faire le train.Lucille, c’était la propriétaire d’une grosse ferme laitière pis quand elle l’a vu arriver au bout du chemin avec son p’tit cochon en laisse, elle est partie à rire.

– Oh ben, mon Guillaume, tu t’es faite un nouvel ami ?

– Il est beau mon p’tit cochon, c’est mon porte-bonheur, c’est tout ce que j’ai.

– Où est-ce que t’as pris ça ?

– Ben, c’est Georgette qui me l’a donné. Oh pis, j’voudrais te demander, tu peux-tu en prendre soin pendant que je vais faire le train. J’voudrais pas qu’i lui arrive rien.

Lucille a dit : – Donne-moi le, j’vais m’en occuper, attends… où est-ce qu’on pourrait ben l’mettre ? Ah ben, j’ai une idée, j’vais le mettre dans l’étable avec ma vache qui va vêler, elle dort toute la journée.

Fait que mon Guillaume s’en va faire le train, pis j’ vous dis que ça y allait d’un bon train : les vaches donnaient toujours plus de lait quand c’est Guillaume qui les trayait. Pis après son train, i’ est allé bretter devant l’enclos où il y avait toutes les p’tites génisses de l’année. Il y en avait 12, une de chaque mois, toutes plus belles les unes que les autres, hé, ça aurait faite un beau calendrier ! Novembre, décembre, hé, celle du mois d’avril, c’était une pure beauté : « T’es ben belle, toi, avec ta petite robe noire et blanche pis tes beaux grands cils, t’es toute pimpante ! »

Fait que mon Guillaume s’en va voir Lucille pour se faire payer. Il l’a trouve toute éplorée.

– Oh Guillaume, oh c’est épouvantable ce qui est arrivé ! Ton petit cochon !

– Qu’est-ce qu’i’a mon petit cochon ?

– Ben, ma vache s’est couchée dessus, elle l’a toute écrasé !

– Aaaahh… mon p’tit cochon ! C’était mon porte-bonheur, c’est tout ce que j’avais.

– Mais Guillaume, je suis désolée, le pire, c’est que je peux même pas te le remplacer. Tout ce que j’ai, c’est des vaches !

– Puis des petites génisses…

– Oh ben, j’y avais pas pensé. Mon Guillaume, va dans l’enclos, puis prends celle que tu veux.

Hé, mon Guillaume s’est pas faite prier, il court dans l’enclos. « Tasse-toi Novembre ! Décembre, pousse ! Mai, veux-tu t’enlever !

Qui c’est qui s’est faite remarquer ? La pimpante avril ! Il l’a pris par le licoul, pis il a dit : « Viens-t’en ma belle, on a un rendez-vous. »

Et il a repris la route.

 

 

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