Laval

St-François-de-Sales

St-François-de-Sales

Paroisse Saint-François-de-Sales

La paroisse de Saint-François-de-Sales, la première paroisse, fondée en 1702 et constituée canoniquement par le Séminaire de Québec, avec droit de patronage, en 1721, est la plus ancienne de l’île Jésus. Elle est située à l’extrémité est de l’île, à l’endroit d’établissement des premiers colons, au confluent de la rivière des Mille-Îles et de la rivière des Prairies, voies navigables de prédilection. Cette paroisse couvrait toute l’île et elle porte le nom du saint patron de monseigneur de Laval.

D'abord, un hameau se développe à la pointe est de la seigneurie, autour du domaine principal issu d’une petite exploitation établie par l'intendant Jean-Talon en 1670. Vers la fin du XVIIe siècle, ce domaine regroupait un manoir, une ferme, un moulin, une scierie, un fort à deux redoutes servant à repousser
les attaques iroquoises et une chapelle, c'est-à-dire, tout le nécessaire à la survie d’une petite communauté de colons.

C’est encore en 1684 que le Séminaire de Québec avait érigé une petite chapelle du Très-Saint-Enfant-Jésus, desservie par des missionnaires récollets et jésuites, mais c’est après la signature des accords de la paix de 1701 avec des Iroquois que la paroisse est fondée et la première église en pierre est érigée près du moulin banal en 1706.

Cette église se trouvait près du boulevard Lévesque et la montée du Moulin. Cependant, l’église et les bâtiments avoisinants furent endommagés en 1721, à la suite d’un grand incendie.

On a déjà dit qu'au début, le territoire de la paroisse de Saint-François-de-Sales couvrait toute le territoire de l’île Jésus. Il y a eut des plans de la construction d’une grande ville aménagée selon des plans quadrillés, mais la population faible a empêché la réalisation des ses projets. La paroisse a été le centre d’activités de l’île Jésus jusqu’au milieu du XIXe siècle. Cependant la création des autres paroisses limitant son développement, elle demeurera la moins populeuse, ne dépassant guère, à compter du recensement de 1765, 10 % de la population de l’île, et ce, malgré un fort taux de natalité.

À l’aube du XIXe siècle, la mort du curé Pierre Marchand, après 50 ans de service à son ministère, laisse un grand vide au sein des paroissiens. L’église, en ruine, est abandonnée par la population, trop peu nombreuse pour en défrayer l’entretien et finalement la paroisse est supprimée en 1807.

À la demande expresse des paroissiens, Saint-François-de-Sales est alors rattachée à Saint-Louis de Terrebonne, Saint-Charles de Lachenaie et Saint-Joseph de Rivière-des-Prairies le 5 janvier 1816. Les trésors religieux que renferme l’église sont partagés entre le Séminaire de Québec et les paroisses d’accueil.

C’est grâce à la construction d’un pont reliant Terrebonne à l’île Jésus qui le développement reprend de plus belle. Les anciens paroissiens de Saint-François-de-Sales ressentent alors la nécessité de faire revivre leur paroisse, d’autant plus que, pour aller à Terrebonne, ils doivent désormais payer un droit de passage sur le pont s’ils renoncent à une traversée par bateau, souvent périlleuse les jours d’intempérie.

En 1844, une nouvelle église est érigée, quelques kilomètres à l’ouest de l’emplacement initial. C’est l’église paroissiale actuelle. L’endroit envoisinant se transforme alors en un vaste chantier de construction. Le presbytère est bâti en 1846 sur le modèle des maisons rurales, Il sera agrandi au gré des besoins et des goûts des curés successifs. Avec l’ajout d’un étage, en 1901, il deviendra une maison cossue, comparable au presbytère de Saint-Martin.

Outre le presbytère, on y élève trois maisons qui serviront tour à tour de magasin général, d’école et de salle municipale, quelques granges et une écurie. Vestiges de cette époque en effervescence : la maison Gingras et la maison Villeneuve, qui encadrent la place actuelle.

À l’époque, la vocation agricole de la paroisse fait en sorte que le hameau, en bordure de la rivière des Mille-Îles, se développe le long du chemin de ceinture, où s’alignent les terres cultivées. De même, à la hauteur de l’île Saint-Jean, un second hameau émerge, autour du moulin Turgeon rebaptisé « moulin des Juifs » au début du 20e siècle.

On peut juger sur le caractère agricole de la paroisse en rappelant cet épisode curieux : En 1856, les animaux qui pacagent aux portes de l’église soulèvent l’ire du curé Giroux, outré de voir des veaux franchir le seuil du temple pour s’ébattre jusqu’aux balustres. Des clôtures, sans cesse abattues et refaites, tentent de contrer ces envahissements. Longtemps laissée en friche, la place devant l’église ne sera aménagée qu’en 1920.

De 1868 à 1916, deux questions soulèvent les passions au sein de la paroisse de Saint-François de Sales et dégénèrent en conflits mettant en cause les deux hameaux : l’emplacement de l’école et l’ouverture des auberges. Dans l’affaire de l’école, le litige dure cinq années, pendant lesquelles le curé Watier soutient que les commissaires cherchent à défavoriser les gens situés à proximité de l’église en déplaçant l’école vers le moulin Turgeon (futur moulin des Juifs).

Le second débat n’est pas moins mouvementé. Cette fois-ci, les curés Watier et Casaubon s’opposent à leur conseil municipal qui se prononce par trois fois en faveur de l’ouverture d’une auberge destinée à « détailler des liqueurs spiritueuses » près du pont de Terrebonne, n raison de la proximité d’un chemin fort emprunté menant à Montréal. Après querelles et procès, on opte pour un compromis : l’école sera ramenée près de l’église tandis que les auberges s’implanteront aux abords du pont.
 

Après 1850, les protestants anglophones des bourgs voisins viennent s’engager en grand nombre dans les carrières de pierre de Saint-François-de-Sales. La présence de cette main-d’oeuvre importante servira au maire du village de prétexte pour autoriser l’ouverture contestée de la première auberge, en 1874.

Paroisse Saint-François-de-Sales

Photo historique de l’église actuelle de Saint-François-de-Sales à Laval. Vers 1920, d'auteur inconnu.

Lire aussi :

3 Comments

  1. Jeandel Louis

    2014/04/10 at 5:05

    Bonjour… une question un peu curieuse, à tout hasard :
    Dans le village de Blondefontaine (Haute-Saône – France) une habitante crée un commerce pour vendre – en 1932 – des « pierres anti névralgiques de Saint-François-de-Sales ».
    Cette pierre « miraculeuse ? » a-t-elle son origine au Québec ?

    Bien cordialement
    L. J.

  2. René St-Germain

    2016/06/19 at 9:22

    La première église en pierre était situé sur la pointe est de l’île, on retrouvait à cet endroit le manoir seigneurial, l’église et le premier moulin à eau situé sur une des îles attenante au domaine.
    Un incendie en 1709 va détruire l’église, le moulin et le manoir seigneurial.
    L’église et le manoir seront réparés en 1710 mais pas le moulin, on en construira un autre ( Le moulin St-François ) plus au sud du domaine sur l’île des Guides ( Blv Lévesques et Montée du Moulin )
    Près de la Montée du Moulin et du boulevard Lévesque sera bâti en 1716 le moulin St-François.

  3. Sophie

    2016/11/20 at 7:28

    Bonjour,
    En savons nous plus sur le developpement des écoles de St François? Par exemple, l’école Hebert date de quand? Le sujet pourrait être interessant à partager aux élèves.
    Merci

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>