Laval

Moulins de l’île Jésus

Moulins de l’île Jésus

Moulins de l’île Jésus

Aux débuts, l’économie de l’île Jésus repose sur l’agriculture de subsistance et le commerce de la farine de blé, pour lequel on s’enorgueillit de posséder les plus beaux moulins de la Nouvelle-France, suivant les propos mêmes de Gilles Hocquart, intendant de la Nouvelle-France.

Le premier moulin entre en opérations en 1716 sur l’île des Guides, du côté de la rivière des Prairies. Le Séminaire de Québec, c’est-à-dire, le seigneur de l’île, fournit le moulin et les censitaires y font moudre leurs grains. À cette fin, le séminaire loue le bâtiment à un meunier en échange d’un certain pourcentage de ses moutures.

En 1768, le Séminaire de Québec bât un autre moulin sur l’île Jésus, plutôt sur l’île Bourdon en face de Terrebonne. Puis  un autre moulin sera construit sur le domaine du Gros-Sault (à Laval-des-Rapides) en 1772. Démoli au début du XIXe siècle, ce dernier sera remplacé par le moulin du Crochet, le plus important de l’île Jésus. Un autre moulin est le moulin Turgeon rebaptisé Moulin des Juifs au début du XXe siècle.

Quant à la puissance des moulins et leur fonctionnement, en Nouvelle-France, deux types de roue sont en vogue dans les moulins banaux : la roue à godets, actionnée par l’eau qui tombe en chutes, et la roue à aubes, qui tourne grâce à l’eau s’engouffrant par le dessous. Ce dernier système l’on retrouve dans les rivières à fort courant.

Sur l’île Jésus, vu le fort débit et la hauteur importante de l’eau dans la rivière des Prairies, le moulin de Saint-François-de-Sales, reconstruit pour la troisième fois à partir de 1792 sur l’île des Guides, sera mû par un mécanisme de deux roues à aubes perpendiculaires permettant trois moulanges et dessiné par l’abbé Thomas-Laurent Bédard.

Ce mécanisme aura l’heur de résister aux glaces des crues printanières qui avaient si souvent endommagé les deux moulins précédents de l’île Jésus. Ce petit chef-d’œuvre de technologie tournera pendant de longues décennies.

moulin crochet

Moulin du Crochet, vers 1880. Archives photographiques Notman, Musée McCord d’histoire canadienne. Auteur inconnu, photo du domaine public, parue dansLVille de Laval, quelques pages d’histoire

Sources :

  • Charlemagne Laurin, Sainte-Dorothée ; Cent ans de vie paroissiale, cité dans Paroisses et Villages anciens de Ville de Laval, SHGIJ, vol. 5, 1996.
  • Paroisses et Villages anciens de Ville de Laval, SHGIJ, vol. 3, 1995.
  • Ville de Laval, quelques pages d’histoire.
  • Moulin de Saint-François-de-Sales ; Étude historique et archéologique, Ethnoscop, 1986.

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1 commentaire

  1. René St-Germain

    2016/06/19 at 8:17

    Le premier moulin à eau à être construit sur le domaine seigneurial, date de 1706 il fut construit en même temps que la première église de pierre par le séminaire de Québec seigneur de l’île Jésus, malheureusement un incendie le détruisit ainsi que l’église et le manoir seigneurial deux années plus tard, ce n’est qu’en 1716 que l’on va construire le moulin St-François sur l’île des Guide située plus au sud du domaine seigneurial. (1)

    1- Archives du séminaire de Québec. Dépenses faites à l’île Jésus pour l’année 1706 : SE. 40 no. 71e Bob. 2 nos 807-812

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