Laurentides

Saint-Benoît

Saint-Benoît

Saint-Benoit

Située au nord de Montréal, dans la région des Laurentides, l’ancienne paroisse de Saint-Benoît fait partie aujourd’hui de la ville de Mirabel. Ce village patrimonial possède une riche histoire que vous pouvez découvrir en parcourant les lieux qui ont marqué son développement. Un Circuit patrimonial et historique a été développé par ses résidents, ainsi à travers ce tour du village, les mordus d’histoire peuvent apprécier des sites et bâtiments retenus dans ce  tour tout en redécouvrant par le moyen des anecdotes, grandes ou petites, l’histoire d’un des plus vieux villages de la région.

L'histoire de Saint-Benoît commence au printemps 1780 lorsque les Sulpiciens, propriétaires de la Seigneurie du Lac des Deux-Montagnes, accordent une première concession au coin du lieu connu aujourd'hui comme étant le rang Saint-Étienne et la montée de la Côte-Rouge.

Délimité par les rangs Saint-Étienne et La Fresnière, la Côte-Rouge et la fourche de la Petite rivière du Chêne et de la Rivière au Prince, cet endroit est choisi comme le lieu du futur village et prend le nom de Saint-Benoît dès 1796. La nouvelle paroisse couvre toute la Seigneurie du Lac des Deux-Montagnes, moins la mission d’Oka, soit une superficie de plus de 500 kilomètres carrés.

Auparavant, la paroisse a porté le nom de Grand-Brûlé. Cette appellation a été donnée en raison du fait que ce territoire a été en partie défriché par le feu. En effet, le défrichement des terres en bois debout entraînait la création de nombreux abatis qu’on brûlait. Le feu, qui couvait même durant l’hiver, durait de deux à trois ans.

Le premier acte de l’état civil est enregistré le 9 novembre 1799 par la naissance et le baptême de Simon Braseau. Un quart de siècle plus tard, en 1824, la paroisse compte une population de plus de 6 047 âmes et 1 082 familles avant les détachements successifs de Sainte-Scholastique (1825), Saint-Hermas (1837), Saint-Colomban (1837), une partie de Saint-Augustin (1838), Saint-Placide (1850), une partie de Saint-Joseph-du-Lac (1853) et Saint-Canut (1858).

Lors de la rébellion des Patriotes, éclate en 1837, Saint-Benoît devient le foyer de l’intelligentsia de la résistance Patriote au nord de Montréal. Nous y trouvons d’une part Jean-Joseph Girouard, Jean-Baptiste Dumouchel et ses fils, James Watts, Luc-Hyacinthe et Damien Masson, qui sont plutôt modérés ; d’autre part il y a le curé Étienne Chartier de Saint-Benoit, le Dr Jean-Olivier Chénier et Amury Girod de Saint-Eustache, tous radicaux.

Une rumeur court à l’effet que Saint-Benoît constitue « un bastion rebelle imprenable ». Le pacifique et sage notaire Jean-Joseph Girouard engage les habitants de Saint-Benoît « à rentrer chez-eux et à demeurer tranquilles ». Au lendemain de la bataille de Saint-Eustache, l’armée britannique du colonel Colborne et des volontaires d’Argenteuil envahissent le village qui est pillé et incendié. La population sort appauvrie de cet épisode et connaît par la suite plusieurs années difficiles.

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La place de l’église vers 1949. Source de la photographie : CLD Mirabel (en format pdf)

Les Soeurs Grises s’installent à Saint-Benoît en 1854 à l’Hospice d’Youville, un établissement construit grâce à un don du notaire Girouard afin de venir en aide aux gens démunis, nombreux depuis les Troubles de 1837. Un second édifice des Sœurs Grises sera construit en 1878. Cet édifice sera transformé plus tard en couvent, puis de nouveau en foyer d’accueil. Les Soeurs Grises demeureront présentes dans la communauté pendant 130 ans.

La situation géographique de Saint-Benoît, au centre du comté des Deux-Montagnes, lui vaut également d’accueillir, de 1844 à 1858, la Cour de Circuit, sorte de cour des petites créances du temps.

En 1898, le village de Saint-Benoît et la paroisse se séparent, formant deux municipalités distinctes. Cela s’explique par le fait que les besoins des habitants des rangs se différencient de ceux des villageois. Les premiers sont préoccupés par l’entretien des chemins et les seconds par la réfection des trottoirs, l’éclairage des rues et l’installation d’un réseau d’aqueduc et d’égout.

Le train arrive à Saint-Benoît en 1918 et dessert le territoire jusqu’en 1972. L’électricité arrive au village au début des années 1920, mais il faudra plus de 25 ans avant de compléter l’électrification de tous les rangs avoisinants.

C’est à Saint-Benoît qu’en 1907, Paul Sauvé, qui est député du comté de Deux-Montagnes pendant près de 30 ans. Il devient premier ministre du Québec à l’automne 1959, mais il est mort 101 jours plus tard, le 2 janvier 1960. Son père avait représente le comté pendant plus de 20 ans, de 1908 à 1930 à titre de député, puis de chef du Parti conservateur du Québec. Il est ministre des Postes au gouvernement fédéral de 1930 à 1935, puis sénateur. Il repose au cimetière de Saint-Benoît où il fut inhumé en 1944.

L’annonce en 1969 de la construction du nouvel aéroport international de Mirabel entraîne l’expropriation de milliers de familles. La consternation et la colère règnent parmi les habitants qui sont placés devant le fait accompli. Si le village de Saint-Benoît est épargné, le rang Saint-Vincent est quant à lui durement éprouvé. Les agriculteurs se retrouvent locataires du jour au lendemain en échange de sommes souvent dérisoires. Plusieurs abandonnent leurs fermes, des dizaines de maisons sont détruites. Ils lutteront plus de 15 ans avant de voir leurs terres rétrocédées en 1985.

Le village et la paroisse de Saint-Benoît cessent d’exister le 31 décembre 1970. Elles sont intégrées, comme 12 autres municipalités, à la ville de Sainte-Scholastique, qui deviendra, en 1973, la ville de Mirabel.

En 1990, pour la deuxième fois de son histoire, Saint-Benoît voit l’armée s’installer sur son territoire, de manière pacifique cette fois-ci, lors de la Crise d’Oka. L’armée canadienne établit alors son quartier général au coeur du village.

Voici quelques bâtiments patrimoniaux de Saint-Benoît:

  • 9026, rue Saint-Étienne. Napoléon Ferland a construit cet édifice au début du XXe siècle et y a tenu un hôtel.
  • 9046, rue Saint-Étienne : Le magasin général construit vers 1900 par Basile Charlebois. Il est passé entre plusieurs mains jusqu’à ce que Raoul Brunet, un homme sage et cultivé, l’ait acquis en 1923. Deux autres générations de la famille Brunet, soit Laurent et Georges, puis Richard, ont continué le commerce jusqu’en 1990, année de la disparition d’une tradition commerciale centenaire à Saint-Benoît.
  • 9156, rue Sainte-Madelein : Le curé Maurice-Joseph Félix a été en poste de 1802 à 1831, soit 29 ans. Il a fait don, à son décès, d’une somme de 2 000 Livres pour la construction d’une école modèle pour les garçons. Cette école de pierre à deux étages, nommée Don Bosco, n’a pu être élevée qu’avec un don additionnel de 1 500 Livres octroyé par le notaire J.-J. Girouard en 1850. La vielle école a été démolie en 1953 pour être remplacée par une école moderne de 4 classes où on y a même enseigné la 8e et la 9e années aux garçons. Suite à la régionalisation de l’enseignement, l’immeuble a été fermé puis cédé à la ville de Mirabel qui en a fait un Centre culturel en 1975, nommé du nom de René-Laurin qui fut secrétaire-trésorier des deux municipalités pendant près de 40 ans et premier gérant de la Caisse populaire Saint-Benoît en 1938.

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Rue Saint-Étienne coin Saint-Jean-Baptiste. Source de la photographie : CLD Mirabel (en format pdf)

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