La guerre et le Québec

Navire torpillé

Navire torpillé

Navire marchand torpille dans le Saint-Laurent

Le sous-marin a coulé le navire à quelques milles seulement des rives du bas du fleuve. Deux torpilles ont été tirées. Le cargo a répliqué

D’un port du Saint-Laurent. – On a rapporté à la presse canadienne que près de la moitié de plus de quelque 80 survivants d’un navire torpillé, il y a deux jours dans le Saint-Laurent proviennent d’un autre vaisseau que celui coulé par le premier sous-marin ennemi qui ait jamais envahi les eaux du fleuve.

Des rapports de diverses sources ont indiqué que 87 ou 88 survivants du navire dont le ministre de la Marine, l’honorable Angus Macdonald, a annoncé à Ottawa le torpillage, ont atteint le rivage. Quarante et un des survivants auraient fait partie de l’équipage du cargo dont le torpillage dans le Saint-laurent a été annoncé par le ministre de la Marine. Les autres se trouvaient à bord du même navire, mais provenaient d’un autre vaisseau.

Il a été impossible d’obtenir des renseignements sur ce qui est arrivé au deuxième navire. D’une source digne de fois, en un endroit le long du Saint-Laurent, tout ce qu’on a pu dire c’est que certains des survivants venaient d’un autre navire que celui dont on a annoncé hier le coulage. On croit possible que ces survivants aient été recueillis ailleurs que dans le Saint-Laurent.

Disparition de deux hommes

Un correspondant de la presse canadienne, posté en un endroit le long du Saint-Laurent, a rapporté avoir appris de l’un des survivants que deux marins manquaient à l’appel à la suite du torpillage annoncé par le ministre de la Marine.

Cet homme aurait déclaré que les deux hommes dormaient dans leurs quartiers près de l’avant du navire.  On croit qu’ils ont été blessés par la première de deux torpilles qui ont atteint le vaisseau. La première torpille a touché l’avant, et la seconde, lancée par le sous-marin en surface, est venue frapper le navire en plein centre.

Lorsqu’on remonta en surface, le sous-marin aurait dirigé son projecteur en direction du navire déjà touché. C’est alors qu’il lui décocha une seconde torpille.

On a entendu la canonnade

Les habitants de la côte ont entendu de la canonnade, ce qui indiquerait que le sous-marin a tiré des obus sur le navire ou que ce dernier a canonné son agresseur. On n’a pas pu obtenir immédiatement de rapports sur le nombre d’obus lancés, s’il y a réellement eu canonnade.

Antérieurement, une censure rigide des nouvelles d’un village de pêche des environs, où certains des survivants se reposent, a empêché la confirmation de rapports relatifs à certaines pertes de vie.

Les rescapés de ce cargo torpillés sont en ce moment hébergés dans différentes localités du bas du fleuve, et se remettent des heures tragiques qu’ils viennent de vivre. Quelques-uns d’entre eux ont été blessés, mais non grièvement. La plupart ont regagné la côte dans deus chaloupes de sauvetage et en vêtements de nuit. Ils ont vogué à la dérive sur une mer calme jusqu’au matin avant d’atteindre  la côte.

Du témoignage d’un des officiers de bord, il était 11 heures 50, lundi soir, le 11 mai 1942, quand le cargo, qui naviguait à quelques milles de la côte, fut frappé à l’avant par une torpille. Quelques minutes plus tard, un immense sous-marin émargeait à quelques arpents du cargo et l’éclairait d’un puissant projecteur. Presque aussitôt le sous-marin lançait une seconde torpille qui frappa le cargo en plein centre et l’équipage eut juste le temps de sauter dans deux chaloupes de sauvetage avant que le navire coulât.

Le torpillage du cargo a réveillé les gens de la côte sur une distance de deux milles. La terre a tremblé légèrement et plusieurs habitants de la côte sont sortis de leur demeure. Ils virent disparaître les lumières d’un navire dans l’eau. Au matin, les chaloupes de sauvetage atteignirent la rive et les rescapés trouvèrent refuge dans des familles de la côte. La plupart étaient à demi vêtus. Toutes les chaloupes de sauvetage n’ont pas atterri au même endroit et on rapporte même que l’une d’elles n’était occupée que par une femme et un bébé.

La censure de guerre alors en vigueur empêchait les journalistes de publier les noms des témoins, les villes et villages où les rescapés vivaient, voire le nom du navire, ce qui explique le peu de renseignements contenus dans la nouvelle, d’ailleurs publiée avec 24 heures de retard. Le 15 mai 1942, donc quatre jours après le torpillage, le ministre Macdonald confirmait qu’en fait deux navires avaient été coulés sensiblement au même endroit et au même moment, ce qui expliquerait la présence de rescapés à bord du navire dont il est fait état dans la nouvelle. À l’avenir, le ministère garderait un silence complet sur tout incident du genre de manière à ne pas informer l’ennemi.

Quant à la présence d’un sous-marin dans les eaux du Saint-Laurent, on l’expliqua par la possibilité de bases allemandes à proximité du fleuve. Or, on sait qu’il y a quelques années à peine on faisait la découverte d’une base allemande désaffectée sur les rives du Labrador.

Les noms des marins H. A. A. Overzier, O. Nuzink, M. Kak et du lieutenant A. Ammerung ont été les seuls à être publiés en 1942.

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