La guerre et le Québec

Projet de Conscription approuvé

Projet de Conscription approuvé

Le projet de conscription Borden est approuvé en seconde lecture

Ottawa. – Après une séance des plus mouvementées, le débat maintenant historique sur la seconde lecture du bill Borden, tendant à établir le service obligatoire au Canada, s’est terminé à cinq heures ce matin (6 juillet 1917), à la Chambre des Communes par l’adoption de la motion du gouvernement, les voix se partageant 118 pour et 55 contre, soit une majorité de 63 pour la mesure ministérielle. C’est au chant de l’hymne national « Dieu sauve le Roi », que les partisans de la conscription ont accueilli le résultat du vote.

À 2.40, ce matin, M. Brouillard, député libéral de Drummond-Arthabaska, ayant clos la série des discours, la Chambre se remplit aussitôt de députés et en quelques minutes les deux partis furent au grand complet. Dans les galeries, une foule considérable, où l’on remarquait bon nombre de dames et de militaires, attendait patiemment, malgré l’heure tardive, le moment du vote. Sir Robert Borden entre, salué par les applaudissements de la droite. Le premier ministre semble rempli par une grande confiance. Sir Wilfrid Laurier, à son siège depuis quelque temps, montre un visage impassible, indifférent.

L’orateur lit le sous-amendement Barrette, demandant le renvoi à six mois l’étude du projet Borden et immédiatement la Chambre vote; les voix comptées, on trouve que la proposition du député de Berthier est battue par 165 voix contre 9. L’amendement Laurier, d’après lequel on demandait que la discussion du bill fut retardée jusqu’à ce que le peuple canadien ait eu l’occasion de se prononcer est battu par 111 voix contre 62, soit une majorité de 49 voix pour le gouvernement.
Puis, après l’amendement Copp, dont nous parlons plus bas, vint la mise aux voix de la proposition principale, celle de la conscription, laquelle fut adoptée par 63 voix de majorité. La séance qui vient de se terminer est désormais historique.

Sinistres rumeurs

Ottawa – Dans la soirée, des rumeurs avaient circulé, dans les corridors de la Chambre, à l’effet que l’on s’apprêtait à faire sauter le Musée Victoria où siège le parlement. La bombe a éclaté mais sous une autre forme que celle prédite, lorsque le moment fut venu de prendre le mot sur la motion principale, c’est-à-dire celle de Sir Robert Borden demandant que le bill de la conscription subisse sa seconde lecture.

L’amendement Copp

Tout semblait devoir se terminer sans incident, lorsque M. Copp, député libéral de Westmoreland (Nouveau-Brunswick), se leva, sortit deux feuilles du gousset intérieur de son veston, et après un long discours au grand mécontentement de la droite, proposa un nouvel amendement au bill Borden, comportant l’insertion dans la nouvelle loi d’une clause pourvoyant à l’entretien des soldats canadiens et de leurs familles, sans avoir recours aux souscriptions publiques. Les remarques de M. Copp, de même que celles de l’honorable M. Oliver et de M. Mollay, député libéral de Provencher (Manitoba), furent accueillies par des huées et de véritables beuglement du côté de la droite.

Sir Robert Borden

Visiblement ennuyé, le premier ministre se leva après le discours du député de Westmoreland, pour protester fortement contre le nouvel amendement présenté, dit le premier ministre, uniquement dans le but de retarder et entraver l’adoption du bill en seconde lecture. Sir Robert déclare que les soldats canadiens sont aussi bien traités que les soldats de n’importe quelle nation alliée et il énumère les résultats magnifiques du système des contributions volontaires aux œuvres de guerre.
« Le gouvernement ne peut pas accepter cet amendement », déclare le premier ministre.

L’honorable M. Oliver

L’ex-ministre libéral ne se laisse pas désarmer par la déclaration du chef du gouvernement et il reproche à Sir Robert d’abuser de sa majorité pour faire passer son projet de loi. Les cris de Honte! Honte! venant du côté des conservateurs, soulignent les remarques du député d’Edmonton. Celui-ci continue, cependant, et après lui, M. Mollay traite de la situation qui est faite aux soldats canadiens et à leurs familles. À tour de rôle, les orateurs libéraux pressent le gouvernement d’améliorer le sort de ceux qui combattent en Europe, dans les troupes canadiennes. Finalement, l’amendement Copp est mis aux voix et il est défait par 115 contre 55, soit une majorité de 60 voix.

(C’est arrivé le 6 juillet 1917).

cimetiere militaire mont royal

Cimetière militaire de Mont Royal. Photo : © GrandQuebec

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