La guerre et le Québec

Soldat canadien-français

Soldat canadien-français

Le soldat canadien-français enfin réhabilité

Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, ce n’est pas tant pour se sortir du chômage que par sens du devoir, par patriotisme et par goût de l’aventure que des milliers de Canadiens français se sont enrôlés dans l’armée canadienne durant la Deuxième Guerre mondiale.

C’est ce qu’a découvert un étudiant en histoire de l’Université du Québec à Montréal en dépouillant les dossiers personnels des 380 soldats et officiers du Royal 22e Régiment qui ont perdu la vie pendant la guerre de 1939-1945.

Dans son mémoire de maîtrise, Jean-François Pouliotte souligne que pari eux – tous des volontaires – seulement 15% étaient en chômage au moment de leur enrôlement.

Les autres, il est vrai, occupaient des emplois modestes – ouvriers, journaliers, bûcherons, cultivateurs – et rêvaient souvent de mieux. Mais le métier de soldat, rappelle Pouliotte, n’était pas particulièrement attirant. L’armée n’offrait pas un emploi spectaculaire, écrit-il. Le salaire était minime (1,20$ par jour), les risques étaient élevés pour les fantassins au combat et les conditions de vie difficiles.

Le soldat typique du Royal 22e Régiment pendant la Deuxième guerre s’était enrôlé à 22 ans (plusieurs se sont enrôlés aussitôt que 18 ou 19 ans). Il était célibataire et sans enfant. Il mesurait seulement 5 pieds 5 pouces, pesait 138 livres et avait les yeux et les cheveux bruns. Il avait six frères et sœurs et ses parents vivaient toujours. Son père était cultivateur.

Le mémoire de Jean-François Pouliotte, écrit sous la supervision des historiens Robert Comeau de l’UQAM et Serge Bernier du Service historique de la Défense nationale, est d’autant plus intéressant que l’étudiant fait quasiment œuvre de pionnier dans ce domaine. En effet, très peu d’historiens francophones se sont intéressés à la participation des Canadiens français à la Deuxième guerre mondiale.

L’accent a été mis sur ce qui a une connotation négative : la conscription, les gars qui sont allés se cacher dans le bois. Et parce qu’il y en a deux ou trois qui ont fait ça, on a oublié que nous avions participé en grand nombre à la guerre.

manege militaire

Manège militaire du régiment Fusiliers du Mont-Royal, première unité francophone de l'Armée canadienne. Photo : © GrandQuébec

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1 commentaire

  1. Joël

    2011/07/29 at 8:25

    La présence d’un membre de l’armée comme superviseur de recherche est un signe de biais évident dans l’orientation de cette recherche.

    On prouve quoi ici? Que l’armée croit sincèrement que ses volontaires canayens ne s’engageaient pas simplement parce qu’ils avaient une mauvaise vie tracée d’avance?

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