La guerre et le Québec

Milice

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Historique de la milice

En Nouvelle-France, la totalité des forces armées se divisaient en trois catégories de combattants.

Il y avait d’abord les troupes régulières dont le premier régiment envoyé au pays en 1665 dans le but d’assurer sa défense fut le régiment Carignan avec plus de 1200 militaires. Les derniers arrivent au cours de la guerre de Sept ans, en 1758. Les troupes régulières se composaient des forces d’infanterie et des compagnies de la marine (l’administration de la colonie relevait du ministère de la marine). Au début, la plupart des soldats et des officiers de ces unités étaient des Français, mais au fil des ans, les officiers canadiens sont de plus en plus nombreux, même si les soldats viennent principalement de la mère patrie.

Les réguliers sont aidés par la milice canadienne, une sorte d’armée auxiliaire qui regroupe des colons et qui assure la défense des villes et villages. Les miliciens ne sont pas des soldats professionnels, ils apprennent le maniement des armes et font des exercices régulièrement, sans oublier de vaquer à leurs obligations quotidiennes. Leurs officiers sont issus par la plupart du même milieu, mais on préfère généralement nommer des hommes qui avaient déjà servi dans l’armée ou dans la marine.

Les miliciens patrouillaient dans les forêts et sur les berges du fleuve depuis 1649, quand un premier groupe d’une cinquantaine d’hommes fut formé à Québec. En 1651, à Trois-Rivières, la milice est créée comme une unité officielle par un décret du gouverneur d’Ailleboust et en 1654, Paul de Maisonneuve créé le premier détachement de la milice à Montréal, la Fraternité des guerriers de la très Sainte-Vierge. En 1663, la milice de la Sainte-Famille est instaurée à Montréal comme un corps officiel composé de 139 miliciens avec un major à leur tête, divisé en escouades de sept miliciens, chacune ayant pour chef un caporal-commandant.

C’est en 1669 que le roi Louis XIV décrète la création de la première milice au niveau du pays. Tous les hommes de 16 à 60 ans (il s’agit de la Nouvelle France, plus tard, sous le régime anglais, on parle de l’âge entre 16 à 50 ans) sont considérés comme miliciens, peu importe leur classe sociale. On exempte pourtant les membres du clergé et certains fonctionnaires (des huissiers, des juges, etc.). Selon la loi, le milicien ne dépend pas du seigneur de l’endroit où il habite, il est sous l’autorité du souverain et de la France quant à ses obligations militaires.

Les miliciens se trouvaient sous les ordres de colonels, aide-majors, capitaines, lieutenants et enseignes. Le commandant en chef était le gouverneur de la Nouvelle-France. Une ou deux fois par année, on faisait des exercices et les miliciens s’entraînaient sans autre rétribution que leur ration quotidienne.

La milice ne possédait pas d’uniforme, mais lors des campagnes les hommes recevaient une chemise, un capot (sorte de cape avec capuche), un paire de mitasses (jambières de peau ou d’étoffe), des mocassins et une couverture.

Finalement, les alliés amérindiens des Français formaient également une force considérable et furent souvent exploités pour des attaques surprises dans les forêts, pour des missions de renseignement et lors des sièges.

Certains historiens pensent que la milice canadienne a été un facteur de premier ordre dans la structure administrative et militaire du Canada en raison de sa combativité, de son habilité dans le maniement des armes et de son aptitude à s’adapter à la vie en forêt sans dépendre des ravitaillements en nourriture.

Cependant, le milicien est peu discipliné, il n’aime pas obéir, sauf peut-être à son voisin qui est en même temps son officier. De plus, il est méfiant et prompt à rentrer chez lui quand vient le temps de semer ou de récolter la moisson.

Toutefois, l’idée du milicien tout puissant et infaillible plaisait à la population qui aimait attribuer la défaite des plaines d’Abraham à l’armée française plutôt qu’à une déficience de la milice.

D’ailleurs, la milice canadienne s’est montrée très habile lors da première guerre contre les États-Unis. Ainsi, à Québec, les miliciens ont décidé du sort de l’offensive américaine contre la ville, le 31 décembre 1775.

Au Fort La Galette, dans le Haut Saint-Laurent, près de Ogdensburgh, une centaine de miliciens dirigés par le chevalier de Lorimier en coopération avec cinq cents amérindiens et une trentaine de soldats britanniques commandés par le capitaine Forster, délogèrent les envahisseurs américains du village des Cèdres. Ils obtinrent la capitulation de l’ennemi et se saisirent aussi des renforts américains envoyés depuis Montréal. Les miliciens firent cinq cents prisonniers qui furent échangés contre des prisonniers britanniques au cours des jours suivants.
En 1855, la Milice fut officialisée par le gouvernement canadien dans la Loi de la Milice.

Au XXe siècle, la Milice vécut de nombreuses transformations et restructurations pour devenir finalement la Réserve de l’Armée, une structure très active et importante en raison de son rôle opérationnel lors des opérations de maintien de la paix et de sécurité dans le monde.

Bas-relief sur la façade du musée des beaux-arts de Montréal

Bas-relief sur la façade du musée des beaux-arts de Montréal

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