La guerre et le Québec

Erreurs de la Marine (Corée)

Erreurs de la Marine (Corée)

Erreurs de la Marine Royale Canadienne pendant la guerre de Corée.

Tout le monde commet des erreurs. Les stupides n’en tirent jamais de leçons (ElBa).

Quand, en juillet 1950, en réponse à la demande d’aide politique et militaire, lancée par l’ONU et les États-Unis, pour faire front à l’invasion des troupes de la Corée du Nord contre la Corée du Sud, le Canada déploie la moitié de ses destroyers, soit les NCSM Athabaskan, Cayuga et Sioux en extrême-orient, la Marine royale du Canada n’a aucun établissement naval dans la région.

En arrivant à Pearl Harbour, les navires canadiens apprennent avec étonnement que leur approvisionnement se ferait par les Alliés contre remboursement.

Les aspects financiers de l’opération n’étaient pas importants, enfin, une flotte, ça coûte toujours de l’argent. On ne parle pas non plus des conséquences politiques de la situation, car toute opération menée par plusieurs pays suppose une certaine subordination aux forces alliées.

Cependant, cette situation signifiait que l’armada canadienne devait prendre des dispositions avec les Américains et les Britanniques pour tout ce dont elle avait besoin, au détriment de l’autonomie et de l’indépendance en opérations. C’est-à-dire que le problème administratif était le seul problème. Mais c’était un problème grave.

En effet, ce n’est que très logique que le commandement des bases navales fasse d’abord le ravitaillement de ses propres navires, et donc que les canadiens ne reçoivent que les restes et que les installations des bases soient mises à la disposition des «pauvres garçons» en dernier.

Totalement tributaire du soutien des autres nations, la marine canadienne ne pouvait agir par elle-même. Elle doit coordonner chaque pas avec ses alliés et chaque demande de ressources sera accompagnée d’une grimace du bon voisin : – « Ah, non, c’est vous encore… »

Attention ! On n’accuse personne de cette conduite d’un oncle riche envers son pauvre neveu. Nul doute que le Canada, si la situation était inversée, agirait de la même façon. Un seul petit détail est important : c’était le Canada ce petit et pauvre mendiant.

Il faut admettre que pendant toute la guerre de Corée, le gouvernement canadien n’a pas ménagé ses efforts pour garder les unités de l’armée terrestre et aérienne sous contrôle du Canada.

Pourquoi donc le soutien logistique des navires canadiens dépendait de la bonne volonté des Américains et des Britanniques ?

À titre d’exemple, mentionnons la situation à Sasebo, un port japonais qui s’étendait sur cinq milles. La flotte canadienne qui s’y trouve est ravitaillée évidemment par les navires de soutien américains.

En fait, l’officier canadien d’approvisionnement présente d’abord une demande de ravitaillement au commandant de la division d’intendance américaine qui l’approuve. Ensuite, le navire canadien doit aller chercher les vivres sur différents navires américains. Chaque capitaine de chaque navire fait attendre le Canadien jusqu’à ce qu’il ait fini ses rapports avec ses navires nationaux (ses amis personnels de longue date, comme règle). Alors, les Canadiens n’obtiendront rien avant que tous les besoins de la marine américaine ne soient satisfaits. La procédure est longue et compliquée. Selon les rapports des officiers canadiens, elle prenait 72 heures ou plus.

Quelles sont donc les leçons qu’on peut tirer de la situation existante pendant la guerre de Corée:

  1. La marine canadienne doit concevoir, élaborer et actualiser toujours une politique de liaison avec ses alliés, où les aspects spécifiques liés à la chaîne de commandement sont analysés en profondeur.
  2. Si la marine canadienne manque d’installations propres dans une zone d’opérations, il faut envoyer immédiatement un représentant canadien avec tous les pouvoirs pour qu’il organise les procédures de ravitaillement : malheureusement, cette idée n’a pas été suivie jusqu’en mai 1951, où la situation est devenue insupportable. Néanmoins, l’officier envoyé sur place n’avait pas d’autorité suffisante pour assurer le ravitaillement aux Canadiens sans délai.
  3. Il faut prévoir une formation spéciale pour les officiers de liaison de la marine canadienne : au Japon, l’officier envoyé pour accomplir la tâche d’accélérer l’approvisionnement des Canadiens, se spécialisait dans les relations publiques. Il ne connaissait rien du fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement en général, ni du système spécifique des américains.

En conclusion, on peut dire à l’honneur de la marine canadienne qu’elle a su corriger les erreurs commises pendant la guerre de Corée.

 

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