La guerre et le Québec

Héros de Dieppe

Héros de Dieppe

17 héros de Dieppe à Montréal

Scènes émouvantes au Parc Lafontaine. – Le Canada entier y a fait écho

Il faut se reporter aux jours de la Grande Guerre, alors que le peuple canadien pleurait tant de héros, pour retrouver la nature de l'émotion qui étreignait, hier soir (15 octobre 1942), au parc Lafontaine, le coeur de milliers et de milliers de citoyens. Autrefois, notre pensée allait aux morts de Vimy, de Courcelette, aux braves de Mons… hier soir, l'hommage de la foule s'adressait aux morts, aux blessés et aux prisonniers de Dieppe et à ceux qui ont participé à cette audacieux coup de main déjà inscrit en lettres d'or dans les fastes de notre histoire.

C'est la Patrie tout entière qui s'est recueillie en une minute de silence pendant que les clairons sonnaient au champ Le Dernier repos. Les militaires portaient la main au képi; la foule debout, immobile, baissait la tête; les troupes étaient à l'attention, l'arme brillant sous le rayon argenté de la lune. Là-haut, sur l'estrade d'honneur, les dix-sept héros de Dieppe, aveuglés sous les feux des projecteurs étaient figés, rigides, dans le geste du dernier salut aux camarades.

Le gage de la victoire

À travers le pays, de l'Atlantique au Pacifique, dans toutes les villes, villages, hameaux, campagnes et montagnes, les ondes ont transmis à la population le message de Dieppe. De la métropole du Dominion du Canada, l'étincelle a été lancée qui allumera de nouveau le brasier de la confiance et de l'espoir.

Cet hommage fut digne de ceux que le peuple entendait honorer de ses vivats, de ceux qu'il honorait de sa douleur muette.

Le gouvernement fédéral, représenté par les honorables Louis Saint-Laurent, ministre de la justice, et C.G. Power, ministre de l'air; la province de Québec, représentée par le premier ministre, l'honorable Adélard Godbout; la métropole, par le maire l'honorable Adhémar Raynault; l'Église, par son Excellence Mgr Nelligan, tous les services de l'armée ont pris part à cet hommage.

Pleurs et acclamations

Tout à côté du monument élevé au geste héroïque de "Dollard et de ses seize compagnons" (pour faire un rapprochement avec l'histoire que la foule n'a pas manqué de souligner), se trouvait un grand nombre de parents de braves tombés sur la grève de la petite ville du sol français.

Nous avons vu des hommes, des femmes pleurer! Ce fut d'autres minutes tout aussi émouvantes lorsque tout à tour les héros arrivés hier vinrent saluer la foule. Le brigadier général E. de B. Panet proclamait les noms, citait les blessures, les décorations.

Un à un ces représentants des diverses unités qui ont connu le feu de l'ennemi se levaient pour saluer la foule. Lorsque le soldat Harry Wishtacz, de Sheffield, Ontario, se leva, s'aidant de ses béquilles, la foule ne sut pas, un moment si elle devait applaudir. Mais le jeune homme agita la main, sourit, et se fut la clameur des hourras. Il en fut de même pour tous les autres.

Tous ne prirent pas la parole, mais ceux qui le firent ont su trouver les mots justes que l'occasion commandait. Surtout, du lieutenant-colonel Ménard au plus humble troupier, tous ont dit leur confiance en la victoire.

Trois des militaires représentaient le valeureux régiment des Fusiliers de Mont Royal : le sergent-major Rosario Lévesque (médaille de conduite distinguée); le major J. A. Sabourin, cité à l'ordre de l'armée, et le lieutenant-colonel Dollard Ménard (Ordre du service distingué).

dollard menard

Ce qu'il faut pour vaincre. Affiche de l'époque représentant le lieutenant-colonel Dollard Ménard

Voir aussi :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>