La guerre et le Québec

Les impairs de Werner

Les impairs de Werner

Les impairs de Werner

Le 9 novembre 1942, lors de la Deuxième Guerre mondiale, un sous-marin allemand, le U-518, avec le capitaine Friedrich Wissmann aux commandes, s’approche des côtes du Canada. Il fait son entrée dans le golfe du Saint-Laurent aux environs de la Baie des Chaleurs et permet le débarquement, tout près de la ville québécoise de New-Carlisle, à proximité de Québec, d’un espion allemand.

Ce monsieur fut appréhendé par les agents de la Gendarmerie royale moins de vingt-quatre heures après avoir touché la terre canadienne. Un exploit louable des forces canadiennes, mais aussi un exemple du manque de fiabilité des services de renseignement allemands.

Le nom de l’agent était Werner von Janowski et il était officier de l’Abwehr, le service de renseignements des forces armées allemandes. Son français était impeccable.

Janowski, après avoir coulé la petite chaloupe dans laquelle il a débarqué, pénètre dans la ville de New-Carlisle et loue une chambre dans un petit hôtel. Il explique au propriétaire de l’hôtel qu’il vient de la ville de Québec. Le propriétaire lui pose quelques questions (plutôt par courtoisie) auxquelles Janowski répond d’un air dégagé. Mais au cours de la conversation, il mentionne qu’il est né à Québec … Le propriétaire de l’hôtel est surpris, mais enfin, on peut être né à Québec et parler français avec un drôle d’accent, ce n’est pas un crime (encore que…).

Mais Janowski commet une autre erreur. Il allume sa cigarette avec des allumettes françaises, faites en France, et il laisse ces allumettes sur la table. Le propriétaire les remarque, et ses soupçons augmentent…

Après avoir mangé, l’espion paie avec de l’argent canadien qui fut retiré de la circulation avant la guerre. À ce stade, le propriétaire est déjà convaincu qu’il s’agit d’une ruse de la police canadienne pour vérifier si les hôteliers font bien attention aux clients inconnus, selon les instructions des autorités. Pour lui, il s’agit forcément d’un exercice parce que les vrais agents ne peuvent commettre de telles erreurs.

Werner von Janowski demande alors au propriétaire à quelle heure part l’autocar du lendemain pour Québec. L’hôtelier lui répond qu’il faut aller voir l’horaire au terminal, ce même terminal où son client était sûrement arrivé quelques heures plus tôt. Il ne sait pas que depuis un mois les autobus sont passés à l’horaire d’hiver, ce qui rendait impossible son arrivée ce matin-là par autobus.

N’écoutant que son courage, le propriétaire appelle le policier du quartier, celui-ci contacte la Gendarmerie royale qui n’est bien sûr pas au courant d’un éventuel exercice de vigilance… M. von Janowski est donc arrêté et jusqu’à la fin de la guerre, il transmet, sous le contrôle des services de renseignements canadiens, de fausses informations à l’Abwehr sur le trafic des marchandises du port de Québec.

Quant au sous-marin U-518, dont c’était la première sortie de combat, il a coulé ses deux premiers navires une semaine avant le débarquement de l’espion, le 2 novembre 1942, près de l’île Bell de Terre-Neuve. C’était un navire français, le PLM-27, et le Rose Castle, un navire canadien: 28 marins canadiens et 12 français y ont trouvé la mort.

Puis, au fil des ans, le sous-marin poursuit sa route, laissant derrière lui les épaves de 7 nouveaux vaisseaux. Le 22 avril 1945, une semaine avant la fin des hostilités, le U-518 est finalement coulé, avec ses 56 membres d’équipage, près des îles Açores par des destroyers américains.

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