La guerre et le Québec

Septembre 1943, un convoi…

Septembre 1943, un convoi…

Un petit épisode de la bataille de l’Atlantique

Le 12 septembre 1943, le convoi ONS-18 quittait le Royaume-Uni en destination du Canada. Trois jours plus tard suivit un autre convoi ON-202, plus rapide, qui a rejoint le premier le soir du 19 septembre.

Le groupe d’escorte des convois comprenait le destroyer canadien Gatineau, le destroyer britannique Icarus, la corvette britannique Polyanthus, les corvettes canadiennes Drumheller et Kamloops.

Le soir du 19 septembre, on a intercepté plusieurs transmissions venant des sous-marins allemands et l’Amirauté britannique a comprit que l’attaque des submersibles ennemis étaient proche. Les deux convois ont reçu l’ordre de fusionner et un nouveau groupe d’escorte composé de la frégate britannique Itchen et des navires canadiens Sainte-Croix, Saint-Francis, Chambly, Sackvïlle et Morden a été formé.

Tout annonçait l’attaque imminente des Allemands, la tension montait.

Soixante-trois navires marchands s’étiraient sur des milles d’océan et tant que le convoi entier ne serait pas formé en bon ordre, l’escorte ne pouvait prendre ses positions défensives.

Pendant la nuit, le convoi ne subit qu’une ou deux attaques d’importance secondaire. Le matin, cependant, la frégate britannique Lagan qui faisait partie de l’escorte immédiate du convoi a aperçu un sous-marin et l’attaque, puis elle est attaquée à son tour et une torpille lancée par un autre sous-marin lui enlève une partie de sa poupe sur une longueur de trente pieds.

Le Sainte-Croix, le destroyer canadien, se dirige vers les lieux pour bombarder les sous-marins, il ralentit pour établir un contact par sonar et deux torpilles l’atteignent juste au moment où il ralentissait.

Le Sainte-Croix est mortellement atteint. Il envoie son dernier message que personne n’a jamais compris : « Je quitte le bureau ». Quelques secondes après, une troisième torpille touche la poupe du navire et l’on entend une terrible explosion. Ds flammes s’élancent vers le ciel, en trois minutes, le destroyer canadien disparaît, emportant avec lui le commandant et de nombreux membres de l’équipage.

Avant de secourir les survivants du Sainte-Croix, l’Itchen devait rechercher l’ennemi. Il appelle donc le Polyanthus à la rescousse.

Le Polyanthus répond à l’appel et se dirige pour aider les Canadiens. Une torpille allemande l’atteint en plein sur la poupe et il sombre en quelques secondes, ne laissant qu’un seul survivant que l’Itchen recueillera le lendemain.

Les survivants du Sainte-Croix sont secourus par l’Itchen, le 21 septembre. Mais ces marins ne savent pas que tout ne fait que commencer.

Pour le moment, trois navires d’escorte avaient été torpillés, tous trois atteints en pleine poupe dans les hélices. Ce n’était pas ordinaire. On avait cru qu’à chaque fois un sous-marin jouait le rôle d’appât, attirant le navire à l’endroit où l’attendait un second assaillant.

D’ailleurs, les services de renseignement ont reçu depuis plusieurs mois déjà la rumeur d’une nouvelle arme, une torpille acoustique qui se dirigerait vers le navire visé guidée par le son des hélices. Malheureusement, ces conclusions n’ont pas servi au convoi.

Dans la nuit du 21, neuf attaques sont menées contre les alliés. L’escorte réussit à les repousser et un sous-marin a coulé, tandis que deux autres ont été endommagés par des coups de canon.

Le matin, le 22 septembre, l’Itchen qui se trouvait à l’avant-garde, ouvre le feu contre un sous-marin. Une minute plus tard, une explosion assourdissante éclate et l’Itchen disparaît avec tous les membres de son équipage et les marins rescapés du Sainte-Croix et du Polyanthus.

Trois marins sont restés en vie : un membre de l’équipage de l’Itchen, un marin de Sainte-Croix et un marin du Polyanthus.

Maintenant que l’escorte est décimée, les sous-marins s’en prennent aux navires marchands et en coulent sept en quelques heures avant que le reste des convois ne s’échappe.

C’était une traversée de l’océan Atlantique normale et courante en automne 1943…

Lest We Forget

Lest We Forget

Ne l’oublions jamais. Photo : © Megan Jorgensen

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