Immigration au Québec

Le rêve québécois, existe-t-il ?

Le rêve québécois, existe-t-il ?

Le rêve québécois, existe-t-il?

« Vivre l’Amérique en français »

par Marius Mestermann

(Marius Mestermann, né en 1994 est un bachelier de 2012 du lycée "Gymnasium Tegernsee" en Bavière (Allemagne). Ce texte a été rédigé dans le cadre de son travail, préparé par un séminaire de l'école. M. Mestermann a pris pour sujet le Québec en général, et il a choisi cette thématique spéciale comme elle l'intéresse beaucoup).

1. Introduction :

1.1 Quelques statistiques sur l’immigration au Québec
1.1.1 Les trois groupes d’immigrés            
1.1.2 Les différences entre les provinces du Canada
1.2 Le sujet : les chances pour les immigrés

2. Vivre son rêve au Québec

2.1 Qu’est-ce qui rend le Québec si attrayant pour les étrangers ?
2.1.1 Les raisons économiques
2.1.2 Les raisons sociales et culturelles
2.2 La réalité d’intégration : Babass et Deni
2.3 Les chances pour les immigrés…
2.3.1 …dans le domaine professionnel
2.3.2 …dans la vie quotidienne
2.4 Le rêve québécois existe-t-il ?
2.4.1 Le procès d’immigration
2.4.2 Rêver et réaliser
2.4.3 Le prix pour l’immigration
2.4.4 Rêveurs intégrés

3. Le rêve américain en français : rien qu’un jeu de mots ?

4. Perspectives

5. Bibliographie

Le rêve québécois existe-t-il?

« Vivre l’Amérique en français »

1. Introduction
1.1 Quelques statistiques sur l’immigration au Québec

La situation migratoire au Canada est unique. On y trouve des étrangers du monde entier, de l’Afrique Noire, de l’Europe, de l’Asie ou d’un autre coin du globe. Le gouvernement canadien l’a rendu possible lui-même avec sa politique pro-migratoire. Depuis les années 90, le Québec a le droit de choisir un certain nombre de personnes qui ont présenté une candidature au gouvernement québécois et de leur permettre d’immigrer. Il y a trois grands groupes d’immigrés : ceux qui viennent pour des raisons économiques, ceux qui profitent du regroupement familial et les réfugiés.

1.1.1 Les trois groupes d’immigrés

Les immigrés économiques sont très souvent des jeunes hommes et femmes avec des bonnes qualifications et la connaissance du français. C’est la raison pour laquelle ces gens sont plus souvent acceptés que les deux autres groupes de candidats :

« Plus de deux nouveaux immigrants sur trois (67,2 %) ont été admis dans la catégorie de l’immigration économique au premier trimestre de cette année. La catégorie du regroupement familial compte pour 20,7 % du mouvement d’immigration, celle des réfugiés et des personnes en situation semblable pour 7,2 % et la catégorie des autres immigrants pour 5,0 %.»

1.1.2 Les différences entre les provinces du Canada

Les autres provinces ne sont pas tellement autonomes en matière d’immigration. La simple raison : le Québec est la province favorisée des immigrés au Canada, hors de l’Ontario. De plus, le Québec a toujours eu un statut spécial parmi les régions du Canada, par exemple les efforts d’indépendance au XXème siècle.

Pourtant, même si le nombre d’immigrés permanents et temporaires en 2010 à l’Ontario se monte à 118.113, le Québec a du moins accueilli 53.982 immigrés, plus que par exemple l’Alberta (32.643).

1.2 Le sujet : les chances pour les immigrés

Mais comme très souvent dans la vie, les chiffres et les statistiques ne disent rien sur la vraie situation et l’intégration des immigrés. C’est la raison pour laquelle le titre de ce travail s’appelle « Le rêve québécois existe-t-il ? » : il nous faut déceler si la vie au Québec répond aux attentes des étrangers et si ces attentes sont justifiées du tout. C’est pourquoi je vais maintenant expliquer les mobiles de commencer une nouvelle vie au Québec.

marius mastermann

Marius Mastermann

2. Vivre son rêve au Québec
2.1 Pourquoi immigrer au Québec ?

De la même façon que les États-Unis, le Canada est un pays orienté vers le marché international. Cela rend l’économie canadienne très forte et demande un grand nombre de forces qualifiées. Dans notre monde globalisé, trouver et engager ces forces n’est plus trop difficile, même la procédure d’immigration est devenue plus facile. C’est une raison pour laquelle des chômeurs se tournent vers le Canada (plus précisément vers le Québec) parce qu’ils savent qu’au Québec il y a une société multiculturelle ouverte et tolérante. Donc, pourquoi ne pas essayer et profiter de ces caractéristiques québécoises ? Des femmes musulmanes qui sont réprimées dans leur pays d’origine y pensent et y mettent leur espoir, mais aussi des jeunes français sans perspective, et « last but not least », bien sûr, les aisés qui admirent le paysage québécois et le savoir-vivre qu’il n’y a pas seulement en France, mais aussi dans la Belle Province.

2.1.1 Les raisons économiques

Surtout à Montréal, la ville la plus importante pour l’économie québécoise, beaucoup d’immigrés espèrent trouver un travail et une base solide pour leur nouvelle vie. La raison pour cette importance économique, c’est surtout la grande diversité en matière industrielle. On y trouve les secteurs suivants : l’aérospatiale, le TI et communications, les sciences de la vie, les nanotechnologies, l’industrie bioalimentaire, les technologies propres, mode et vêtement, l’immobilier, les services, le tourisme et le commerce.

Des entreprises comme « Bombardier » ou « Rio Tinto Alcan » offrent des milliers de postes de travail et le port de Montréal est le plus important du Canada après le port de Vancouver. Les régions les plus intéressantes pour les immigrés économiques sont donc les grandes villes et les régions métropolitaines (par exemple Québec, Laval et Gatineau). Le modèle québécois d’économie est avantageux pour la province de même que pour toutes les forces qualifiées et les intellectuels qui, par exemple, ne trouvent pas de travail dans leur pays d’origine. De plus, le Québec est très populaire parmi tous les francophones du monde. Surtout les Maghrébins sont attirés par la Belle Province : dans les premiers six mois de 2011, le pourcentage des immigrés africains est monté à 32,6 %. 

Chaque année, il y a aussi un grand nombre de jeunes Français qui s’intéressent au Québec; on a même fondé une organisation qui s’appelle « Office Franco-Québécois pour la Jeunesse » (OFQJ). Le Québec leur offre la possibilité d’étudier à l’étranger et de vivre dans un milieu francophone en même temps.

Mais les raisons économiques sont quelquefois moins importantes que…

2.1.2 Les raisons sociales et culturelles

Au début de ce point, il faut encore une fois mentionner Montréal. Le magazine « Monocle » a classé la métropole québécoise au 12e rang mondial pour sa qualité de vie.  Cette qualité de vie découle avant tout du bien-être et de la satisfaction des Montréalais. Mais pourquoi les Québécois sont-ils si contents de leurs vies ?

La société québécoise est très hétérogène, et les citoyens y consentent. Surtout dans les villes dans lesquelles il y a une population mixte en ce qui concerne les cultures, les ethnies et les religions, les gens ont vite accepté que la vie multiculturelle soit une partie essentielle du Québec. Aujourd’hui, la plupart des immigrés donnent le meilleur d’eux-mêmes pour s’intégrer. Mais dans la Belle Province, il n’y a pas de société de « melting pot » comme aux États-Unis. Bien sûr, le Québec est seulement une région au Canada, mais cette région se caractérise par des attributs incomparables. Le modèle favorisé par les immigrés, c’est l’intégration « partielle » qui permet de garder sa personnalité et son identité et de devenir un membre de la société en même temps.

Comme les immigrés viennent du monde entier, les influences culturelles sont diverses et énormes. Par conséquent, c’est un attribut naturel des Québécois d’être très ouverts et tolérants : ils n’ont pas le choix.

En outre, le Canada est un pays démocratique avec une bonne sécurité pour la population et la chance pour chacun de trouver son bonheur.

La version française des idéales canadiennes, le Québec, attire donc des groupes différents. Mais réussissent-ils tous à s’intégrer et à vivre la vie dont ils ont rêvé ? Pour pouvoir évaluer la réalité d’intégration, il faut connaître l’avis des immigrés et pas seulement celui du gouvernement. C’est la raison pour laquelle j’ai fait deux interviews : l’une avec une femme née en Russie et l’autre avec un homme née en Lettonie.

2.2 La réalité d’intégration : G. Babass et Y. Deni

Georgs Babass a 56 ans et a quitté la Lettonie en 1995 pour vivre chez sa femme et sa fille au Québec. Aujourd’hui, il est divorcé et propriétaire d’une librairie.

Yana Deni a 30 ans et vit au Québec depuis cinq ans et demi. Elle a étudié le français à l’université de Moscou ; elle est célibataire.

J’ai pris contact avec les deux à l’aide de « grandquébec.com » dont M. Babass est un des fondateurs. Cette page web s’occupe surtout de l’intégration au Québec et veut démontrer que c’est aux immigrés de s’adapter à leur société d’accueil et pas dans l’autre sens (on n’a pas besoin d’ « accommodements raisonnables » (G. Babass) pour réussir au Québec). Mme Deni est une amie de M. Babass.
Les questions et les réponses les plus importantes de mes interviews vont être intégrées dans les prochains points.

2.3 Les chances pour les immigrés…

Ceux qui savent depuis longtemps qu’ils veulent vivre dans un autre pays réfléchissent beaucoup si leur intégration va se dérouler vite ou s’ils vont avoir des difficultés avec tous les changements. On se fait des soucis concernant les gens, la culture, le travail et même sur la nourriture. Le gouvernement québécois conseille aux parrainés (les gens qui peuvent immigrer grâce à quelqu’un qui vit au Québec) de se bien préparer. «Apprendre le Québec : Guide pour réussir mon intégration» est une aide très utile à laquelle chacun peut accéder sur la page web du gouvernement. Ce guide-là contient des informations sur le Québec et sa culture, mais aussi des tuyaux comme « améliorer votre connaissance du français, s’il y a lieu ».

Est-ce que cela suffit ? Le point suivant va s’occuper des vraies chances des immigrés…

2.3.1 …dans le domaine professionnel

On pourrait dire que Yana Deni a réussi à s’intégrer. Pourquoi pas ? Elle travaille comme linguiste avec une équipe de vingt personnes et elle a déménagé cette année dans la ville la plus multiculturelle du Québec : Montréal.

Marius Mestermann : C’est difficile de trouver un travail et des amis au début ?

Yana Deni : Cela dépend des gens. Moi j’ai été plus rapide à trouver un travail. Je connais une fille, qui a des dizaines d’amis, mais cela fait deux ans qu’elle cherche un travail.

M. Babass précise : « Dépend de la personne, de l’âge, de son entourage, de sa profession, etc. ».

Les chances pour les immigrés sont donc assez personnelles. La grande chance de Mme Deni, par exemple, c’était sa profession. Après des études de français on a un avantage comparé à beaucoup d’autres immigrants. Comme elle a vécu à la ville de Québec pendant environ cinq ans, elle peut décrire la nécessité du français:

« Si on vit à Montréal ou à Gatineau (près d’Ottawa), on peut se débrouiller avec anglais, mais on serait très limité côté emploi et activités. Le français n’est pas nécessaire, mais facilite beaucoup la vie. Dans les autres villes de la province, le français est indispensable pour la vie, et l’anglais est utile pour la carrière. »

Donc, si on ne choisit pas Montréal ou Gatineau comme ville d’accueil en étant non-francophone, on peut de même retourner dans son pays d’origine. Mais grâce aux réglementations du gouvernement, la plupart des immigrés économiques parlent déjà le français ou participent à des cours de langue.

La chance dans le domaine professionnelle est donc l’intégration. Pour comprendre, voilà la définition québécoise de l’intégration :

« L’intégration est un processus d’adaptation à long terme, multidimensionnel et distinct de l’assimilation. Ce processus, dans lequel la maîtrise de la langue d’accueil joue un rôle moteur essentiel, n’est achevé que lorsque l’immigrant ou ses descendants participent pleinement à l’ensemble de la vie collective de la société d’accueil et ont développé un sentiment d’appartenance à son égard. » 

Les auteurs de grandquébec.com, le page web de M. Babass et ses amis, partagent cet avis. D’ailleurs, les fondateurs sont « deux Européens, une Africaine noire, une Latino-Américaine mulâtre et une Québécoise de souche », dit Babass. Tous ont gardé leur personnalité et leur culture qu’ils avaient amenées du pays d’origine. Mais ils ont appris que la société d’accueil, le Québec, a besoin de la coopération et de la tolérance de tous les côtés.

Cela est l’idée centrale du succès professionnel dans la Belle Province. Quand même, ce n’est pas la seule chose dont les immigrés rêvent.

2.3.2 …dans la vie quotidienne

Partout dans le monde, il y a des minorités qui font partie des sociétés. Souvent, ce sont même plusieurs petits groupes qui sont plus ou moins intégrés dans la vie culturelle et sociale. Malheureusement, il y a toujours la discrimination et la violence contre les minorités; dans un pays plus, dans l’autre moins.

Comme les valeurs des pays modernes, démocratiques et développés obligent à combattre la discrimination et le racisme, beaucoup d’étrangers rêvent d’une existence en Europe, aux États-Unis et aussi au Canada.

M. M. : Mme Deni, pourquoi le Québec comme pays d’accueil ? Pourquoi émigrer du tout ?

Y. D. : J’ai choisi le Québec parce que j’ai toujours rêvé de vivre dans un milieu francophone, et le Canada (en particulier la province du Québec) a un programme d’immigration qui m’a permis de le faire facilement. Pourquoi émigrer? Pour une meilleure vie pour moi et mes enfants, pour plus de sécurité, moins de criminalité et de corruption.

Voici un énoncé clair d’une femme qui a vécu en Russie pendant environ 25 ans. Mais les immigrés ont-ils la chance d’échapper à ces problèmes en allant dans un autre pays ?

Oui. C’est souvent la seule possibilité de vivre sa vie comme on l’imagine, bien sûr aussi avec des limitations personnelles, mais au moins avec des décisions libres.

M.M. : C’est difficile de quitter la famille et les amis du pays d’origine?

Y.D. : La famille oui; les amis, moins difficile. À un moment donné, il faut prendre la décision: soit on continue à s’attacher aux racines et aux parents, à mener une vie “plate” et à rien changer, soit on prend l’envol et on devient indépendant.

Le succès dans la vie quotidienne, dont le travail est bien sûr une partie importante, dépend plus qu’aucune autre chose des efficacités sociales. Mme Deni l’a mentionné :

Il faut aligner sa vie sociale à ses propres qualités. Et au Québec, c’est possible.

L’intégration sociale, c’est donc un effort après l’autre ?

M.M. : Faut-il faire un grand effort pour s’intégrer ?

Y.D. : Il faut faire un effort, c’est vrai, mais combien grand, ça dépend de ce qu’on a dans la tête quand on arrive ici. Certaines communautés devront faire un effort plus grand pour accepter les phénomènes qui dans leur culture ne sont pas acceptables (gays, femmes dévoilés, voisins de différents ethnies et religions, etc.). Moi je n’ai eu aucun effort à faire. […]

Les chances pour les immigrés ne sont pas égales ou réparties de façon équitable, mais elles existent et elles améliorent la vie de beaucoup d’immigrés. Voilà pour les rêves, les imaginations et l’intégration, maintenant il faut répondre à la question centrale de mon travail.

2.4 Le rêve québécois existe-t-il ?

On a découvert que le Québec est une région très attrayante pour un grand nombre d’étrangers et que les espoirs des immigrés sont souvent justifiés. Et le gouvernement sait comment maintenir ce phénomène et en faire le mieux pour le Québec. La procédure de sélection des immigrés est une raison très importante pour l’image du Québec qu’on a connu grâce aux derniers aspects: c’est une région avec une économie forte et une société mixte, mais balancée.

Regardons donc cette procédure en détail.

lycée tegernsee

Le lycée Gymnasium Tegernsee

2.4.1 Le procès d’immigration

Les conditions du gouvernement permettent de choisir les candidats les plus qualifiés pour l’économie québécoise. Premièrement, il faut apporter une bonne formation, c’est-à-dire que les cultivés et les étrangers avec assez d’expérience professionnelle ont un avantage comparé aux jeunes et aux étudiants. En outre : ceux qui ont déjà trouvé un emploi au Québec ne vont pas affecter la caisse de la province, donc ils sont aussi préférés. La troisième condition importante pour les immigrés économiques, c’est la connaissance des deux langues utilisées au Québec : le français (la langue officielle de la Belle Province) et l’anglais. Pour la plupart des Européens, l’anglais n’est pas un si grand problème que le français. C’est pourquoi les immigrés acceptés mais avec un déficit en langue française sont obligés de participer à un cours de langue.

D’après le système calculatoire du gouvernement, on reçoit un certain nombre de points pour par exemple avoir trouvé un engagement au Québec avant d’immigrer (10 points) ou pour la connaissance du français (16 points).  Lorsqu’on a 60 points ou plus, on peut recevoir le « certificat de sélection du Québec » qui permet d’immigrer et de travailler au Québec. Ce système ressemble beaucoup à celui du Canada en général, mais grâce à un traité avec le CIC (Citizenship and Immigration Canada), les critères ont été alignées aux demandes sociales et économiques spéciales au Québec.

En combinaison avec les programmes actuels d’intégration, commencer une nouvelle vie dans la Belle Province est devenu assez facile aujourd’hui.

Un exemple : « Le Programme de soutien aux projets visant à faciliter l’admission aux ordres professionnels a été conçu afin de favoriser l’intégration économique des personnes immigrantes formées à l’étranger au sein de la société québécoise. »

Ce programme aide les immigrés qui ont reçu leur formation à l’étranger à s’intégrer dans l’économie québécoise. Le but : il faut que les « personnes immigrantes » aident à renforcer l’économie du Québec « en occupant des emplois à la hauteur de leurs compétences. »

2.4.2 Rêver et réaliser

Entre un rêve et la réalisation de ce rêve, il y a souvent une grande différence. Il y a ceux qui mettent leur espoir dans un rêve et sont déçus, ceux qui n’arrêtent jamais à rêver et ceux qui ont du succès en réalisant leurs rêves. Heureusement, si les rêves ne sont pas trop extraordinaires et irréalistes, la plupart des rêveurs peuvent trouver leur bonheur. Concrètement, ça veut dire pour les immigrés : le facteur déterminant, c’est l’engagement de l’individu et de la société à parts égales.

M.M. : Connaissez-vous quelqu’un qui n’a pas réussi à réaliser ses rêves de la vie au Québec ? Quelles étaient les raisons ?

Y.D. : Oui, j’en connais quelques-uns. Les raisons principales sont: le refus d’apprendre le français et/ou de s’approcher de la culture québécoise, l’inflexibilité professionnelle (parfois, les gens ne sont pas parfois prêts à accepter des postes plus modestes que ceux qu’ils occupaient chez eux, ou de changer de profession), l’esprit “looser”, la perception du Québec comme une étape intermédiaire entre le pays d’origine et une autre “terre promise” où il est plus difficile d’accéder directement du pays d’origine (par exemple les États-Unis), la différence entre l’image que l’immigrant s’est fait du Québec et le vrai Québec et la déception qui en résulte, le manque de connaissances sur les réalités québécoises.

G.B. : Oui je connais les gens qui n’ont pas réussi. Les raisons… plusieurs. […] Parfois, c’est même la cuisine et la nourriture qui ne plaisent pas! Je connais un cas d’un médecin français qui a dû rentrer en France parce qu’il n’a pu exercer son profession ici (l’ordre des médecins ne voulait pas de lui). Pourtant, de retour en France, il a été nommé chef d’un département d’un hôpital régional. Alors, on peut parler de nombre de raisons, dont certaines sont bien objectives et d’autres assez personnelles.

Yana Deni et Monsieur Babass montrent que la réalisation du rêve de la vie au Québec est une chose assez individuelle. Bien sûr, l’exemple du médecin français que Monsieur Babass donne, ce n’est pas un seul cas. Mais au moins, ce n’est pas la réalité pour tous non plus.

Le conseil pour chaque étranger qui rêve d’immigrer au Québec : n’attendez pas trop, mais prenez conscience de vos chances réalistes et saisissez-les!

2.4.3 Le prix pour l’immigration

À vol d’oiseau, le chemin de Montréal, domicile de Yana Deni, à Moscou, domicile de sa famille, compte environ 7000 km.

M.M. : C’est difficile de quitter la famille et les amis du pays d’origine ?

Y.D. : La famille oui; les amis, moins difficile. À un moment donné il faut prendre la décision: soit on continue à s’attacher aux racines et aux parents, à mener une vie “plate” et à rien changer, soit on prend l’envol et on devient indépendant.

Le prix que Mme Deni a payé pour sa vie au Québec : elle a quitté sa famille. Mais pour ce prix, elle peut vivre dans un milieu francophone au Canada, dont elle a toujours rêvé.

Quand même, il y a toujours des exemples négatifs. Car un autre cas possible, c’est quand un immigré doit payer pour l’immigration après être venu au Québec. Comment est-ce que cela est possible ?

N’avait-on pas constaté à la société de la Belle Province d’être très ouverte et tolérante ?

Malheureusement, il y a des groupes ethniques et religieux qui ne sont pas très bien intégrés. Et la raison pour cette exclusion n’est pas la société québécoise mais les immigrés eux-mêmes.

G. Babass en pense :

« À mon avis, ce sont la plupart de musulmans qui ne s’assimilent pas, sinon essayent de faire les autres assimiler leurs valeurs et annuler les valeurs traditionnelles de la société québécoise, mais il y en des exceptions même parmi eux. D’autant plus que la société québécoise défend pour l’instant assez bien ses valeurs traditionnelles. »

Selon lui, les « accommodements raisonnables » des musulmans sont :

« Le port du voile intégral, les hommes médecins pour les hommes et les femmes médecins pour les femmes, l’interdiction de la vente de la viande de porc et les  prières cinq fois par jour au milieu de travail. »

Ce comportement a des conséquences énormes. Comme les Québécois ne veulent pas accepter que leur société capitule vis-à-vis des musulmans et veulent défendre leurs valeurs traditionnelles (« Je me souviens »), il y a des tensions sociales.

Au début de septembre 2011, la Grande mosquée de Québec (ville) a été profanée, probablement à cause de la commémoration des attentats du 11 septembre 2001. Dans les journaux, on parle d’un « geste isolé », mais un responsable de la mosquée dit :

«Même si c'est un acte isolé, c'est un acte grave et condamnable, a indiqué M. Gharbi. On ne veut pas que ça se répète, surtout que ces gestes sont contraires aux valeurs québécoises de tolérance et d'ouverture auxquelles nous adhérons complètement.»

Le journal allemand « Spiegel », dans son numéro quatre de l’année 2007, présente une enquête faite au Québec. Dans cette enquête, 59% des sondés ont allégué d’être fortement ou au moins un peu raciste.

N’est-ce pas préoccupant?

[…] Ausgangspunkt einer öffentlichen Debatte war jene kleine Minderheit unter den Muslimen, die sich auch in Kanada in einer Parallelgesellschaft organisiert, Frauen einen Gesichtsschleier vorschreibt und Familienangelegenheiten vor Scharia-Gerichten verhandeln möchte. Dann verhaftete die Polizei auch noch 17 kanadische Muslime, weil sie einen Anschlag auf das nationale Parlament geplant haben sollen. […] Laut Umfragen will die Mehrheit der Kanadier kulturelle und religiöse Traditionen verbieten, wenn sie etwa im Widerspruch zu Frauenrechten stehen.

L’auteur explique qu’il y a des minorités parmi les musulmans qui ne veulent pas s’assimiler et que ces minorités altèrent la réputation de la majorité des musulmans. Il mentionne aussi que même la tolérance des Canadiens a des limites, par exemple si des traditions religieuses restreignent les droits des femmes.

Voici alors un autre prix que les immigrés payent pour la vie au Québec : ils doivent s’accoutumer à leur société d’accueil et, dans des cas spéciaux, renoncer à quelques accommodements.

2.4.4 Rêveurs intégrés

Mme Deni et M. Babass sont seulement deux exemples des immigrés bien intégrés au Québec. Car bien qu’il y ait des tensions sociales et que le prix à payer comme immigré ne soit pas très agréable, la plupart des gens est heureux.

La satisfaction des citoyens du Québec est possible malgré les immigrés qui se séparent de leur propre initiative et le nouveau racisme qui en résulte.

Mais pourquoi ?

Le Québec est une région très belle avec un climat agréable.

Le gouvernement rend possible que le Québec et les immigrés profitent de l’immigration à parts égales.

La société est de telle manière multiculturelle que la décision vers l’ouverture et vers la tolérance n’est pas trop difficile.

L’économie canadienne fonctionne grâce aux immigrés économiques.

La conclusion de tous ces faits: il existe, le rêve québécois. C’est un rêve de milliers. Un rêve incomparable et unique. Tout aussi unique que la population québécoise et leur société. L’intégration, le facteur-clé du bonheur pour les immigrés, est un produit de cette société. Une société qui est prédestinée à accueillir, mais aussi  à changer.

3. Le rêve américain en Français : rien qu’un jeu de mots ?

La raison principale pour chercher une réponse à la question centrale de ce travail, c’était une autre question : Un pays si proche des États-Unis et avec des conditions si semblables doit héberger une société semblable, n’est-ce pas ? Et dans cette société, il faut exister un phénomène comparable au fameux « American Dream ».

M.M. : La comparaison avec le rêve américain (American Dream) est-elle justifiée ?

Y.D. : L’idée du rêve américain est que n’importe quel immigrant a la possibilité de réussir à partir de rien. En gros c’est vrai pour le Québec. Bien sûr, il y a des cas de discrimination, de profilage, mais ils sont négligeables comparé, par exemple, à la Russie. Le Québec fait plus d’efforts que n’importe quelle autre province canadienne de faire intégrer les immigrés.

G.B. : Hum, je dirais que pas du tout. Le Canada, c’est pas les États-Unis. La politique, l’économie, la vie sociale, etc. tout est beaucoup plus différent qu’on ne le pense en Europe. Le rêve canadien, oui, peut-être, ça existe, mais chacun aura sa propre opinion.

C’est ça : chacun aura sa propre opinion. Mais l’espoir des immigrés parle une langue claire : on veut que le rêve québécois existe.

4. Perspectives

Quel est le futur du Québec et de sa société ? On ne le sait pas. Beaucoup dépend de la mondialisation économique et culturelle. Ce qu’on sait : plusieurs générations de Québécois ont développé un système et une image de leur région qui peut servir de référence dans tout le monde.

Bibliographie

Lecture préparatoire :

  • Reutner, U., 400 Jahre Quebec, Heidelberg 2009
  • Vatz Laaroussi, M., Le familial au coeur de l'immigration, Paris 2001
  • Wesselhöft, C., Erzählte Migration, Frankfurt a. M. 2006

Les pages web :

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