Histoire du Québec

Les Voltigeurs

Les Voltigeurs

Les Voltigeurs

En 1812, au début de la guerre entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, les Britanniques disposent sur le territoire du Canada d’environ 5500 soldats, dont 3300 sont stationnés au Québec (le Bas-Canada). D’autre part, on compte au Canada près de 50 mille miliciens dits sédentaires, une sorte d’armée auxiliaire dont la combativité et le professionnalisme est discutable. En effet, selon une loi de 1803, tous les habitants mâles de 16 à 50 ans et qui sont aptes au combat font partie de la milice. Cette force relativement faible doit faire face à l’armée du voisin du sud, bien équipée et décidée à envahir le Canada.

Au printemps 1812, la guerre est inévitable et le gouverneur du Bas-Canada, M. George Prevost décide de renforcer ses défenses. Le bataillon des Voltigeurs Canadiens, une unité d’infanterie légère, est donc formée. Le commandant des voltigeurs est M. Charles-Michel de Salaberry, un militaire professionnel originaire du Québec, ayant une grande expérience acquise dans l’armée britannique.

Les voltigeurs sont des volontaires Canadiens français. Aucun étranger n’est admis dans ce corps où l’on parle le français. La campagne de recrutement est bien organisée et on offre une somme de 100 livres à tout homme qui accepte de se joindre aux rangs des voltigeurs. De plus, on promet de ne pas utiliser le système de punitions auquel sont assujettis les soldats réguliers, tels que le fouet et autres châtiments corporels.

Plus de 300 recrues sont entrées dans l’unité en l’espace de huit mois. Mais vers le mois de décembre 1812, le rythme du recrutement semble ralentir. Aussi les autorités offrent-elles un lot de 50 arpents de terre à chaque candidat milicien. Cette prime est très alléchante, et vers la fin du mois de janvier 1813, 120 nouveaux voltigeurs viennent intégrer les rangs de l’unité. Jusqu’à la fin de 1814, on réussit à recruter environ mille miliciens.

Les voltigeurs ont finalement pris part à peu de combats. Néanmoins, les unités postées dans les Cantons de l’Est ont réussi à arrêter l’avance des troupes américaines vers Montréal en novembre 1812. De même, en octobre et en novembre 1813, au cours de la bataille de la rivière Châteauguay, le colonel de Salaberry et ses hommes, aidés par la fameuse milice sédentaire, soit environ 500 hommes au total, ont repoussé une armée américaine de 2500 soldats. En août 1814, ils combattent à Plattsburgh, dans l’État de New York, pour appuyer l’avance des forces britanniques.

Les Voltigeurs canadiens sont dissous le 24 mars 1815. Aujourd’hui, un régiment des Forces Armées canadiennes porte le nom des Voltigeurs de Québec. Formée en 1862, c’est la plus ancienne des unités francophones des forces armées canadiennes. Le premier commandant du régiment des Voltigeurs de Québec fut le lieutenant-colonel Charles-René-Léonidas de Salaberry, fils de Charles-Michel de Salaberry.

voltigeurs canadiens

Voltigeurs canadiens lors de la bataille de Châteauguay. Gravure de l’époque, illustration libre de droits

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