Histoire du Québec

Vente d’alcools sans repas dans les hôtels

Vente d’alcools sans repas dans les hôtels

Vente d’alcools sans repas dans les hôtels

Pour Montréal, dans dix établissements de cinquante chambres ou plus. – L’honorable M. Godbout annonce les détails de la nouvelle loi

Québec, 4 avril 1941 (Du correspondant parlementaire du Canada). – L’honorable Adélard Gobout, premier ministre de la province de Québec, a annoncé aujourd’hui les réformes que son gouvernement entend mettre dans la loi des liqueurs, au cours de la présente session de la législature de Québec. Le premier ministre a fait cette déclaration au cours d’un entretien avec les journalistes, à son bureau de l’hôtel du gouvernement.

« Nous voulons favoriser la tempérance, a dit l’honorable M. Godbout, en introduisant dans la loi des mesures qui pourront être appliquées. Nous voulons particulièrement protéger la jeunesse contre l’abus de l’alcool. Dans l’ensemble, notre loi, qui apportera quelques élargissements aux dispositions de la loi actuelle, comportera des restrictions considérables par rapport à l’usage établi depuis quelques années.

« Les sanctions seront rendues plus rigoureuses, et, dans aucun cas ni pour aucune considération, ceux qui enfreindront la loi n’en pourront être exemptés.

Tout le monde ne sera peut-être pas satisfait, mais je veux satisfaire ma conscience. Je ne veux pas d’une loi qui tout le monde peut violer. Ceux qui voudront enfreindre la loi nous trouveront toujours contre eux.

C’est l’esprit que nous voulons donner à la loi des liqueurs.

Une des faiblesses du passé a été, pour le gouvernement, de changer la nature des plaintes. Nous allons changer la nature des sanctions, mais les plaintes ne seront pas changées.

Sous l’ancienne loi, une personne qui violait la loi était condamnée à la prison dès la première offense.

Les pénalités de la nouvelle loi seront les suivantes :

Pour la première offense amende de 50 à $200; pour la deuxième offense, amende de $200 à $300; pour la troisième offense, l’emprisonnement.

Une personne trouvée coupable d’une troisième offense perdra sa licence pour toute sa vie.

Rien ne sera changé dans les comtés où la loi Scott est en vigueur ».

Quatre classes de licences

Le premier ministre a ensuite énuméré les différents permis qui seront accordés pour la vente de la bière, des vins et des liqueurs alcooliques :

Il y aura quatre classes de licences : pour les hôtels, les restaurants, les tavernes et les clubs régulièrement constitués. Les permis pour la vente de la bière dans les épiceries demeureront.
Les clubs commerciaux et fictifs et les bars disparaitront.

Les hôtels, qui sont le home du public voyageur, pourront avoir une taverne et une autre salle où l’on vendra de la bière, des vins et des liqueurs. La vente des liqueurs sera permise dans les chambres et la salle à manger.

Les licences d’hôtel ne seront accordées qu’aux établissements de 50 chambres et plus à Montréal et Québec, de 25 chambres et plus dans les autres villes et de 20 chambres dans les municipalités rurales. Ces établissements devront être d’une tenue irréprochable.

Nous estimons qu’il n’y aura que dix de ces licences qui seront accordées à Montréal et 6 à Québec.

Les restaurants auront le droit de vendre de la bière, des vins ou des liqueurs, avec un repas.

La vente de la bière et des vins sera permise avec un repas dans les hôtels de 20 chambres dans les cités et de 10 chambres dans les municipalités rurales.

Le dimanche, la vente des liqueurs sera permise dans les hôtels et restaurants à table, mais de une heure p.m. À 2 heures p.m. seulement.

L’heure de la fermeture des restaurants sera minuit pour toute la province et 2 heures pour Montréal.

Les femmes ne seront pas admises dans les tavernes.

La limite d’âge des personnes auxquelles on pourra vendre des liqueurs alcooliques sera augmentée de 18 à 20 ans. »

Que deviendront les cafés de nuit de Montréal? a demandé un journaliste.

Ces cafés pourront obtenir des licences de restaurant, mais ils ne pourront servir de liqueurs qu’avec un repas.

« Nous augmenterons le nombre des agents de police pour assurer une stricte observance de la nouvelle loi des liqueurs », a dit en conclusion le premier ministre.

La nouvelle loi augmentera-t-elle les revenus de la Régie?
Nous ne voulons pas faire une loi qui augmentera les revenus de la Régie, et je crois que ces derniers diminueront un peu sous la nouvelle législation, a répondu l’honorable M. Godbout.

L’honorable Wilfrid Girouard, procureur-général, présentera la nouvelle loi des liqueurs à la Chambre des députés, après le congé de Pâques.

5 avril 1941.

abus d'alcool

Illustration : GrandQuébec.com

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