Histoire du Québec

L’Union nationale victorieuse

L’Union nationale victorieuse

L`Union nationale victorieuse

Après une lutte ardente comme il ne s’en est pas livré dans la province, l’Union nationale dirigée par M. Maurice Duplessis, a triomphé du Parti libéral, conduit par l’honorable Adélard Godbout.

Cette victoire constitue un revirement d’opinion complet.

Le parti libéral administrait la province depuis 1897. Il avait toujours connu (sauf en novembre dernier) les plus éclatants succès électoraux. Aujourd’hui, quatorze de ses partisans seulement, ont échappé au désastre tandis que l’Union nationale comptera soixante-seize députés dans la nouvelle Chambre.

La défaite du gouvernement se dessina dès les premiers rapports, et, à huit heures, elle était déjà admise.

M. Duplessis avait prévu ce résultat Il avait prédit, à plusieurs reprises, au cours de ses nombreuses assemblées, notamment à Hull et à Victoriaville, que ses adversaires ne prendraient pas quinze sièges. Il avait vise juste. Les libéraux n’en ont conservé que quatorze.

M. Maurice Le Noblet Duplessis qui devient le nouveau premier ministre du Québec, a été le premier candidat proclamé élu hier soir (17 août 1936).

Dès 6 heures et deimie, une demi-heure après la fermeture des bureaux de scrutin, son adversaire, Me Philippe Bigué concédait l’élection.

Les votes se sont partagés comme suit: Maurice Duplessis – 5,664, Philippe Bigué – 2,449, donnant à M. Duplessis une majorité de 3,135. M. Bigué perd son dépôt. Aux élections de novembre 1935, M. Duplessis avait obtenu une majorité de 1,202 voix, et en 1931, seulement 41.

L’honorable M.Godbout et cinq ministres battus

L’honorable Adélard Godbout, premier ministre de la province de Québec, a été battu dans son propre comté d’Islet. Cinq autres de ses collègues ont subi le même sort.

Son ministre du commerce et de l’Industrie, l’honorable Wilfrid Gagnon, a été défait dans la circonscription de Saint-Jacques par le député sortant, l’échevin Henry – L. Auger qui avait vaincu, à l’élection précédente, l »honorable Irénée Vautrin, ministre de la colonisation.

L’honorable Césaire Gervais, ministre des travaux publics et des mines, a lui aussi encouru la défaite dans le comté de Sherbrooke. Son adversaire heureux a été le colonel John S. Bourque, député sortant.

Dans Saint-Laurent, le trésorier provincial, l’honorable E.S. McDougall, a dû baisser pavillon devant son adversaire M. Thomas-J. Coonan.

L’honorable Edgar Rochette, ministre du travail, de la chasse et des pêcheries, a été défait dans le Charlevoix – Saguenay par le docteur Arthur Leclerc, candidat de l’Union nationale.

Enfin, le comté de Bonaventure a refusé de faire confiance à l’honorable P.-E.Côté, ministre de la voirie. Celui-ci avait obtenu, aux élections de 1935, un majorité de 1810 voix, Cette année, il a été mis en minorité par 130 voix.

Une des grandes surprises d’hier a été la défaite de l’honorable J.-N. Francoeur dans Lotbinière subie aux mains de Maître Maurice Pelletier, jeune avocat de Québec. M. Francoeur était le doyen de la Législature, ayant été élu pour la première fois en 1908. Ses électeurs l’avaient toujours réélu avec d’imposantes majorités.

Montréal fidèle à M. Duplessis

Montréal n’a pas modifié le verdict qu’il avait rendu en 1935. Il est resté fidèle à M. Duplessis. Dix de ses collèges électoraux ont donné la victoire à ses candidats. Ce sont Dorion (J.-G. Bélanger), Maisonneuve (William Tremblay), Mercier (Gérard Thibeault), Saint-Georges (Gilbert Layton), Saint – Henri (René Labelle), Saint-Jacques (Henry L. Auger), Saint-Laurent (T.J. Coonan), Sainte-Marie (Candide Rochefort), Verdun (P.-A. Lafleur) et Westmount (W.R. Bulloch).

Les libéraux, eux ont gardé Saint-Louis (Peter Bercovitch) et Sainte-Anne (F.L. Connors, ministre sans portefeuille) et gagné Laurier. Cette dernière victoire a été chaudement contestée. Tour à tour, les deux candidats en présence, l’honorable M. Bertrand, procureur général et l’échevin Zénon Lesage ont été proclamés vainqueurs. La victoire avait d’abord été concédée à ce dernier, et finalement, M. Bertrand fut déclaré élu par une majorité de 12 voix.

(Publié dans La Presse, le 18 août 1936)

cabinet duplessis

Gouvernement Maurice Duplessis en 1936. De gauche à droite: Antonio Élie, François Leduc, Albiny Paquette, Bona Dussault, Henry Auger, Oscar Drouin, Maurice Duplessis, Martin Fisher, Onésime Gagnon, John Bourque, William Tremblay, Joseph Bilodeau, Thomas Joseph Coonan, Gilbert Layton. Photographie de l’époque, libre de droits

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