On est presque sûr que les Vikings aient abordé les côtes de Terre-Neuve, du Labrador et peut-être aussi de la Côte-Nord vers l’an 1000, c’est seulement le 19 août 1535 que Jacques Cartier découvre pour les Européens le nouveau continent. Ces terres commencent à se peupler peu à peu mais on n’en reconnaît pas tout de suite les possibilités commerciales.

Ce n’est que vers 1625 que le Cardinal Richelieu prend la décision de les exploiter « au sérieux ». À cette époque, la principale richesse des terres (l’or manquant) est la fourrure.

Dès 1650, une assez respectable quantité de postes de traite sont organisés au fil du long ruban de terre, bordant le Saint-Laurent dans lesquels les tribus locales échangent des peaux de bêtes.

traite des fourrures

Les navires français repartent chargés de fourrure et les affaires s’avérant assez lucratives, les autorités de la Nouvelle France créent la première vaste chasse gardée, réservée au commerce exclusif des fourrures.

C’est le Domaine du Roy, qui regroupe des régions du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Le peuplement n’y est pas permis, seuls un petit nombre de commerçants autorisés à traiter avec les autochtones peuvent y ont acceder.

Un poste de traite est érigé à Sept-Îles et M. François Bissot  est le premier Français à s’y installer en 1661. Puis il devient concessionnaire d’un fief comprenant l’île aux Œufs, Sept-Îles et la terre ferme de Mingan.

En 1679, Louis Jolliet fonde un poste de traite à l’embouchure de la rivière Moisie et lance la pêche commerciale.

Le commerce des fourrures devient une proie convoitée par d’autres, dont l’Angleterre. En 1692, par exemple le poste de Sept-Îles est attaqué par deux vaisseaux anglais, démoli et reconstruit. En 1693, l’amiral britannique William Phipps détruit l’ensemble des bâtiments du poste de  traite et en 1723, des maraudeurs anglais détruisent le poste de traite une fois de plus.

Un inventaire effectué en 1786 décrit les Sept-Îles : Un logis, un magasin de marchandises sèches, un entrepôt de denrées comestibles, une boutique de tonnelier, une étable, une boulangerie avec four à pain, une remise à canots, un quai.

Après la Conquête, le commerce des fourrures ne disparaît guère et le Québec continue d’être le centre de commerce des pelleteries.

C’est John Jacob Astor, né en Allemagne, qui s’est fait émigrer en Amérique à l’âge de vingt ans et qui s’y intéressé au commerce des fourrures qui fonde la Compagnie américaine de fourrures ou Compagnie du Pacifique. C’est à Montréal surtout qu’il recrute son personnel de voyageurs, trappeurs, canotiers ou coureurs de bois, la plupart de ces rudes gars étaient Canadiens français.

M. Astor affirmait qu’il un Canadien à trois Américaines pour conduire un canot dans la zone des fourrures. Chaque automne des douzaines des jeunes gens de la ville de Montréal et des environs partent en canots vers Michillimakinac, Grand Portage ou Niagara et ne reviennent qu’en mai ou juin avec de riches cargaisons de pelleteries.

Photo: site http://canadianmysteries.ca