Histoire du Québec

Réformes du PQ

Réformes du PQ

Les réformes du PQ
Vers un idéal social-démocrate : de l’espoir à l’état de crise

Le 15 novembre 1976, le Parti québécois, avec à sa tête René Lévesque, prend le pouvoir au Québec. Le premier gouvernement péquiste, dont l’objectif est la souveraineté du Québec, dès les premières semaines de son mandat, cherche à concrétiser, en augmentant la responsabilité de l’État, l’idéologie sociale-démocrate du parti défendue dans son programme.

Ainsi, l’État et les syndicats deviennent des partenaires sociaux dans la réalisation des réformes tandis que l’ensemble des réformes se fait sur fond de concertation et consultation. Le gouvernement péquiste promulgue des lois et met en place des mesures qui visent à mieux cibler et orienter le développement économique de la province.

Au plan social, le gouvernement Lévesque tend à établir une meilleure justice et une répartition des richesses plus équitable.

D’ailleurs, premier geste d’éclat, la promulgation de la Charte de la langue française, mieux connue comme Loi 101, fait de la langue française la seule langue officielle au Québec, tant dans le milieu du travail que dans l’affichage public (cependant, l’impact de la loi 101, contestée devant les tribunaux par des groupes anglophones, diminue au fur et à mesure que la Cour suprême du Canada en invalide des articles vitaux).

Parmi les autres lois votées lors du premier mandat du gouvernement PQ, il faut souligner la loi relative au financement des partis politiques, adoptée en 1977, qui limite les contributions financières des particuliers tout en interdisant aux entreprises de souscrire à la caisse des partis politiques; ainsi que loi relative au zonage agricole (1978), qui protège les meilleures terres arables du Québec, les soustrayant à la spéculation immobilière en visant à une plus grande autosuffisance en denrées alimentaires.

Mentionnons également la loi relative au salaire minimum qui, parmi d’autres mesures, institutionnalise les congés de maternité et interdit le congédiement des femmes enceintes.

La loi 89, adoptée en 1980, reconnaît le rôle des femmes en ce qui touche l’autorité parentale et la direction morale et matérielle de la famille. Cette loi est d’autant plus importante qu’elle assure les mêmes droits et obligations aux hommes et aux femmes, promulgue le droit de toutes les femmes de garder leur nom, peu importe leur statut social. La loi 89 décriminalise également l’avortement thérapeutique.

Au chapitre économique, les grands chantiers financés par l’État depuis le début de la décennie 1970 arrivent à terme : le réseau des autoroutes, le complexe hydro-électrique de la baie James, l’aménagement de la colline parlementaire à Québec, le chantier des sites des Jeux olympiques de 1976, à Montréal…

On prend conscience de l’importance d’exercer un contrôle interne sur l’économie québécoise et, en conséquence, l’État intervient de plus en plus afin de contrôler les investissements étrangers et de favoriser le développement des entreprises québécoises.

L’effort du gouvernement du Québec est particulièrement perceptible dans l’aide que l’État apporte au développement des petites et moyennes entreprises (PME) et au mouvement coopératif. La politique se manifeste également par le financement des entreprises, le soutien à l’exportation, appuyé par les diverses délégations du Québec à l’étranger et par l’aide à la capitalisation.

En revanche, pour soutenir la concurrence étrangère, les entreprises cherchent à se grouper en conglomérats afin d’accroître leur compétitivité et de diversifier leurs portefeuilles d’actions. Ainsi, on assiste à la montée de groupes québécois ouvrant dans le domaine de la finance, de l’industrie, de la prestation des services : la Banque Nationale, la Banque Laurentienne, Québécor, Bombardier, Provigo, Gaz Métropolitain, Unimédia, Lavalin, SNC…

L’État aussi intervient et de grandes sociétés déjà florissantes deviennent alors de véritables leviers du développement économique : le mouvement Desjardins, Hydro-Québec, la Société général de financement (SGF), la Caisse de dépôt et placement… Ce groupe d’entreprises sera baptisé Québec inc., un nom qui marque bien le rôle moteur de ces entreprises qu’elles ont joué grâce à l’aide du gouvernement depuis 1960 mais qui s’accentue depuis 1976.

Ce mouvement de concentration de capitaux a pour effet de favoriser le développement d’un nouveau savoir économique et d’établir la reconnaissance internationale de l’expertise québécoise en certains domaines, dont l’ingénierie civile, l’halieutique et coopératisme.

Fort de toutes ces réalisations indéniables, le gouvernement péquiste décide de tenir un référendum pour sur l’avenir du Québec. Mais le Non l’emporte avec 59,6% du suffrage. René Lévesque accepte le verdict de la population et s’engage dans le « beau risque » du renouvellement du fédéralisme…

Les élections qui suivent l’échec référendaire portent le Parti québécois au pouvoir pour un second mandat. La population juge ainsi que le PQ sera le plus apte à négocier avec le gouvernement fédéral, lors du prochain référendum qui porte sur le rapatriement de la constitution canadienne de Londres à Ottawa, ce qui permettrait de mieux répondre aux changement exigés par la société québécoise moderne.

… C’est la crise économique qui secoue le monde au tournant de 1980 que met un frein aux visées expansionnistes de l’État providence au Québec. Cette crise impose un douloureux examen de conscience quant au rôle que l’État devrait jouer dans le développement économique. L’idéal social-démocratique est battu en brèche. Le vent de conservatisme venu des États-Unis alors dirigés par Ronald Reagan, et de l’Angleterre, sous Margaret Thatchem souffle sur le Québec.

L’ampleur de la crise provoque un taux record de faillites d’entreprises et de particuliers. Le chômage déclaré atteint les 14% en 1982. En 1983, le gouvernement est obligé de couper dans ses dépenses de façon draconienne, par exemple, les employés de l’État, l’un des premiers groupes touchés, se voient privés de 20% de leurs salaires pour quelques semaines.

Le marché du travail se resserre. L’accès au marché de l’emploi devient difficile pour les jeunes, même pour les plus scolairsés.

Le rôle de l’État est remis donc en question et l’on s’interroge : doit-il participer directement au développement économique? Ne faut-il pas laisser plutôt les forces du marché interagir librement en leur fournissant un cadre d’opération plus souple par la déréglementation et par la privatisation de l’économie?

L’idéologie néo-libérale gagne du terrain, minant tranquillement les fondements d’une société sociale-démocrate qui s’est construite au Québec en une vingtaine d’années.

C’est la fin du premier règne du Parti québécois…

concert de la fête nationale

Les crises sont des choses qui arrivent régulièrement. Le grand avantage, c’est qu’en général on en sort renforcé (Jacques Chirac, homme politique français). Photo : © GrandQuebec.com

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1 commentaire

  1. Serge Pilon

    2013/03/31 at 3:32

    Vous affirmez que le gouvernement a coupé les salaires de 20% pour quelques semaines. La coupure a été permanente. Je n’ai retrouvé mon salaire d’avant les coupures qu’en 1987.

    Je suis maintenant à la retraite et elle est de 20% inférieure à ce qu’elle aurait pu être sans ces coupures et même plus parce que ce ne fut pas la dernière fois que le gouvernement règle les problèmes qu’il a causés sur le dos de ses employés

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