Histoire du Québec

Référendum de 1980 au Québec

Référendum de 1980 au Québec

Référendum du 20 mai 1980

En 1976, lorsque le Parti québécois se fait élire, il fait la promesse de ramener la paix sociale au Québec avant de tenir un référendum sur son projet de souveraineté-association.

En juin 1979, le congrès national du Parti québécois approuve le document D’égal à égal. Les bases de la nouvelle association souhaitée par le parti entre le Québec et le reste du Canada y sont exposées.

Ensuite, fort de ses réalisations, le gouvernement péquiste décide donc de tenir un référendum portant sur l’avenir du Québec.

Au printemps 1980, le gouvernement du Québec fait connaître son intention de mener un référendum avant l’été. Si les citoyens approuvent la proposition, cela permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de rédiger et adopter ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, tout en conservant une association économique avec le Canada.

Au fait, la question est formulée d’une façon assez complexe. Effectivement, le gouvernement fixe la date de la consultation pour le 20 mai 1980, et les Québécois répondent à la question suivante: «Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples; cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada? » Chacun doit choisir entre «Oui» ou «Non».

La campagne référendaire débute en avril. Les partisans du Non sont dirigés par Claude Ryan, chef du Parti libéral du Québec. Ces citoyens estiment qu’il suffit de modifier la Constitution canadienne pour répondre aux aspirations du Québec.

Le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau exprime, naturellement, son appui au Non et promet un renouvellement du fédéralisme à la requête des Québécois. Les forces fédéralistes promettent d’ailleurs le repatriement de la Constitution canadienne et sa modification.

Après une campagne qui polarise l’attention des Québécois et malgré l’approche prudente du gouvernement du Québec, le Oui, les électeurs se prononcent à 59,5 % contre le projet de souveraineté-association. Le taux de participation est d’environ 85%.

En fait, le projet souverainiste ne réussit même pas à rallier une majorité de francophones. Lors du dévoilement des résultats, le soir du 20 mai, René Lévesque est ovationné à tout rompre par ses partisans massés au Centre Paul-Sauvé. Il dit : «Il est clair, admettons-le, que la balle vient d’être renvoyée dans le camp fédéraliste. Le peuple québécois vient nettement de lui donner une autre chance. Il appartiendra aux fédéralistes, mais d’abord à M. Trudeau lui-même, dans les semaines et les mois qui viennent de mettre un contenu dans les promesses qui se sont multipliées depuis 35 jours».

Le premier ministre canadien déclare pour sa part : «Bien des choses séparaient les tenants du «Oui» et du «Non» dans ce référendum, mais tous étaient animés par une même volonté de changement. Et c’est sur cette volonté de changement qu’il faut tabler pour renouveler la fédération canadienne et redonner à tous les Québécois, comme à tous les citoyens de ce pays le goût d’être et de se proclamer Canadiens.»

Lévesque accepte le verdict des Québécois et s’engage dans « le beau risque » du renouvellement du fédéralisme en entreprenant des négociations avec les gouvernements central et provinciaux, mais ces négociations aboutiront à une impasse qui relancera la question de l’indépendance du Québec.

« À la prochaine », ainsi terminera son discours René Lévesque, le soir du 20 mai 1980…

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René Lévesque s’adressant aux partisans du Parti Québécois après l’annonce des résultats du référendum de 1980. Photo : Bernard Brault, La Presse

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