Histoire du Québec

Québec : la capitale

Québec : la capitale

La ville de Québec, la capitale de la Nouvelle-France

La primauté de Québec s’exprime par sa fonction politique : la ville est le siège de l’autorité souveraine. Cela implique une mise en scène de ce pouvoir. Néanmoins, la ville s’impose à plus d’un titre.

En effet, l’architecture des édifices publics coloniaux reflète la grandeur de la monarchie française. La capitale est aussi le lieu où le roi reconnaît les mérites de ses sujets canadiens, soit en leur donnant des lettres de noblesse ou la croix de Saint-Louis, décoration réservée aux officiers des troupes régulières. C’est enfin le cadre des grandes cérémonies officielles.

Les monastères

Durant la première moitié du XVIIe siècle, le poste de Québec devient un important centre ecclésiastique. Les récollets, les jésuites, les ursulines, les hospitalières y posent les bases de leur œuvre d’évangélisation des populations autochtones. Ces communautés de religieux et de religieuses dotent la ville d’institutions dont on observe encore les traces dans la trame urbaine. En 1674, la capitale de la Nouvelle-France devient le siège d’un évêché qui s’étend aux confins du continent nord-américain.

Le port

La ville de Québec commande l’accès au bassin fluvial du Saint-Laurent et des Grands Lacs. Elle constitue ainsi le dernier maillon de la chaîne de forts et de postes de traite qui assurent la présence française sur cet immense territoire qui embrasse deux tiers du continent nord-américain.

Les fourrures et les peaux obtenues des Amérindiens aboutissent dans les magasins de la basse ville, d’où elles sont exportées vers les ports français. Cela lui confère une grande importance économique et stratégique.

Les fortifications

L’invasion de Québec en 1690 convainc les autorités françaises de la nécessité de doter la capitale d’un système de défense adéquat. Divers projets sont élaborés et certains ouvrages sont réalisés. En matière de stratégie, les vues de la France diffèrent de celles des administrateurs coloniaux.

Après la perte de l’Acadie en 1713, la France compte sur Louisbourg pour barrer l’entrée du golfe aux flottes ennemies ; ce sont du moins les raisons invoquées pour justifier les délais dans la poursuite des travaux à Québec, mais la reddition de la forteresse en 1745 rappelle cependant l’urgence de terminer les fortifications de la capitale. On y travaille donc de façon intensive jusqu’en 1752. L’ingénieur Louis Franquet juge les ouvrages convenables, misant toujours sur l’avant-poste de Louisbourg, qui est restitué à la France en 1748, pour contrer une invasion par la mer.

Un foyer culturel

La plus ancienne ville française d’Amérique s’affirme également dans le domaine culturel. La présence des institutions religieuses, dont le Collège des jésuites et le Séminaire fondé par Mgr de Laval, contribue à son rayonnement intellectuel dans la colonie.

En général, Québec apparaît au milieu du XVIIIe siècle comme un carrefour où s’entremêlent les influences américaines et européennes. La population de la capitale et d’ailleurs beaucoup plus perméable aux modes, aux idées du vieux continent que celle de Montréal notamment.

À la veille de la Conquête, la ville de Québec n’est pas seulement le principal établissement du Canada, elle en est aussi la capitale « à la défense de laquelle, note Franquet, toutes les forces des habitants se réuniraient attendu que sa prise entraînerait la perte de tout le pays ». C’est effectivement le scénario qui se réalisera en 1759 au terme d’une guerre qui modifiera l’histoire politique du Canada.

Ville de Québec : capitale militaire

Capitale politique du Bas-Canada, la ville de Québec devient aussi une capitale militaire. La Grande-Bretagne fait de la ville une forteresse et voit en elle le dernier bastion imprenable en Amérique du Nord britannique. À l’époque, la présence d’une importante garnison marque la vie sociale et économique des citoyens. Des corps de garde à chacune des portes de la ville surveillent les allées et venues des citadins et en fin de soirée les portes sont fermées.

La Citadelle de Québec

La construction, œuvre colossale, de la citadelle, commence en mai 1820 pour se terminer en 1831. Pour y transporter la pierre venant de Cap-Rouge jusqu’à ses hauteurs, on a recours à un plan incliné en angle de quarante-cinq degrés et à un treuil triant des charges actionné par quatre chevaux.

Les troupes canadiennes occupent la Citadelle depuis 1871, année du départ de la garnison britannique. La Citadelle est la résidence du Royal 22e Régiment des Forces armées canadiennes. Aujourd’hui, on trouve sur le site des éléments de diverses époques.

Notons que la redoute du Cap-Diamant date de 1693 et l’ancienne poudrière fut érigée en 1750. Aujourd’hui, l’ancienne prison militaire a été transformée en musée ouvert aux visiteurs.

capitale

Québec, Capitale de la Nouvelle-France, évêché et siège de Court Souveraine. Ce dessin anonyme, qui est conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris, est quelque peu fantaisiste comme le sont la plupart des vues de Québec avant 1760. Mais il témoigne de l’importance de la ville, à la fois siège des autorités civiles et religieuses, place militaire et port de mer.

port

Le port de Québec en 1688. Une dizaine de navires français fréquentent la rade de Québec à la fin du XVIIe siècle, sans compter les barques et les canots qui assurent le transport des marchandises sur le fleuve.

Grand Séminaire de Québec

Grand Séminaire

Cour intérieure du Séminaire de Québec. Les prêtres du Séminaire voient à l’éducation des jeunes garçons en vue de sacerdoce et assurent le ministère paroissial dans la colonie. L’aile de la Procure, surmontée d’un clocheton, et l’ail des Parloirs encadrent la cour des Petits. Photo : © GrandQuébec.com

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