Histoire du Québec

Non à la police de la langue

Non à la police de la langue

L’OLF dit non à la police de la langue

L’Office de la langue française est farouchement opposé au retour de la commission de protection de la langue française, une concession faite par Québec aux militants péquistes de Montréal, qui jugeaient le « bouquet de mesures » linguistiques bien timides.

« Quand j’en ai entendu parler, c’est vrai que j’ai eu de la difficulté à comprendre le bien-fondé de cette nouvelle créature », d’admettre Mme Nicole René, la présidente de l’Office de la langue française. Elle souligne que depuis, à la suite de ses représentations d’ailleurs, le gouvernement a modifié le projet de lois 40 pour le rendre plus acceptable.

Les contribuables devront, en cette période de dures compressions, payer pour la création du nouvel organisme – lors de sa disparition, la CPLF avait un budget de l’ordre de deux millions par année.

À Québec, on indique que la nouvelle commission devrait compter une vingtaine de personnes – la précédente version comptait 33 employés.

(Cette nouvelle a été publiée le 18 juin 1996)

deux ara rouge

deux ara rouge

Deux ara rouges, peuvent-ils apprendre la français ? Photo : GrandQuebec.com

Pour compléter la lecture :

1 commentaire

  1. Marcel-Claude E.

    2012/03/12 at 3:12

    La langue au Québec

    Le français parlé au Québec ou, si l’on emprunte le terme officiel « le français standard d’ici », est largement teinté par le contexte sociohistorique et par la situation géographique qui l’ont vu naître et se développer. Cette expression désigne la norme linguistique québécoise et c’est en 1977 que l’Association québécoise des professeurs de français adopte l’expression « français standard d’ici ».

    La norme a été définie comme « la variété de français socialement valorisée que la majorité des Québécois francophones tendent à réaliser dans les situations de communication formelle » (Gilles Bibeau, Français standardisé ou français naturel, n 91, Publications Québec français, 1993, p.36).

    Ce langage québécois représente le besoin primaire d’un peuple de s’affirmer comme membre actif de la collectivité nationale francophone ou, tout simplement, la francophonie. Le peuple est donc loyal envers la culture ainsi que la langue d’origine qu’il conserve et protège quasi religieusement.

    Bref, le français québécois est tributaire de l’histoire du peuple et de son contexte sociogéographique qui l’ont façonné et modelé à l’usage de ses utilisateurs.

    Une seconde loyauté (Gilles Bibeau la qualifie de fonctionnelle), enjoint le peuple de participer activement à la vie économique, au développement de la technologie et de la science de l’Amérique du Nord et du Canada. Le français standard d’ici subira donc le contrecoup de la situation géographique et historique qui fait du Québec le voisin de centaines de millions d’anglophones, têtes de file dans plusieurs domaines,

    Registre de langue courant

    Au Québec, le français parlé du niveau de langue courant possède plusieurs caractéristiques particulières phonétiques et lexicales. En effet, les Québécois, du point de vue de la prononciation, se distinguent par ce qu’il est convenu d’appeler l’accent québécois. Sa syntaxe, cependant, ne montre que très peu d’écarts par rapport à la norme du français international.

    Phonétique

    L’accent québécois vient de :

    L’affrication du [t] et du [ d] : On sait ce que cela veut dire [dzir]

    L’ouverture de certaines voyelles : elles sont toutes belles.

    Lexique

    Les Québécois ont emprunté pas mal de néologismes bien que leur vocabulaire vienne du français international :

    Mots inventés : Motoneige, banc de neige, cabane à sucre, didacticiel, nordicité, cégép, débarbouillette…

    Sens nouveau : Tourtière, gravelle, coquerelle, chaudière, poudrerie…

    Mots empruntés des langues autochtones : Achigan, mocassin, carcajou, babiche, calumet, Rimousi, Abitibi, Québec (!)…

    Syntaxique

    De façon générale, la syntaxe du français standard d’ici n’a que très peu d’écarts par rapport à la syntaxe du français international, mais on y voit des exceptions :

    Mots inventés : magasiner, chanter la pomme, faire du pouce

    Archaïsmes : Aplomber, champelure, ravauder…

    Anglicismes : bumper, draft, hood, plywood, marketing, scanner … (notons que les anglicismes comprennent beaucoup de termes qui entrent dans l’usage des ouvrages spécialisés).

    Plusieurs québécismes dits de bon aloi et plusieurs emprunts sont acceptés, mais d’autres sont à surveiller ou même à proscrire (joual).

    En effet, dans certains cas, le français standard d’ici connaît des relâchements et il y a alors changement de registre de langue. On passe du niveau courant au niveau familier et on peut parler finalement de joual ou de niveau populaire.

    On connaît plusieurs expressions « joalisantes ». À ce niveau, la tendance serait à la simplification. Le niveau populaire présente de nombreux écarts syntaxiques et on utilise des phrases simples, des propositions juxtaposées, la négation sans « ne » :

    L’homme que j’travaille pour.

    Du point de vue morphologique, on peut omettre des morphèmes : C’est écrit dans gazette.

    On en ajoute des morphèmes : Ôte-toi de sur le fauteuil!

    On utilise des morphèmes erronés : Mon livre est resté dans mon case.

    Notons finalement qu’une prise de position se rend nécessaire pour temporiser les débats suscités par la propagation du joual, un phénomène linguistique dans les années 1960 et 1970 : le joual quitte l’écurie et prend d’assaut tous les milieux ou presque, même littéraires. On assiste à la prolifération d’un nombre de discours en faveur du joual ou contre le règne de cet forme d’expression.

    Dans leurs essais, Jean-Paul Desbiens (Les Insolences du frère Untel) ou Jean-Marcel Paquette (Le joual de Troie) jettent un regard particulier sur le sujet.

    La spécificité de la langue française québécoise fera dire au chanteur français Yves Duteil (né à Neuilly-sur-Seine en 1949) : C’est une langue belle, avec des mots superbes qui porte son histoire à travers ses accents ». (Yves Duteil, La Langue de chez nous).

    Notes : Gilles Bibeau : auteur de plusieurs travaux sur des questions linguistiques, professeur de l’Université de Montréal.

    Svaigas Svars : L’une des premiers artistes peintres canadiennes à travailler sur ordinateur. Elle avait hérité ses talents de ses ancêtres, peintres royaux britanniques. Dépourvue de moyens, elle s’est jointe au programme NASA de vol habité vers Mars et voyage en ce moment vers cette planète distantes. Son travail le plus connu est sans aucun doute sa période « Femme, ordre, capriccio » . Un parc à son nom a été inauguré à Lafayette pour souligner son œuvre. Il existe également une « Place Svaigas Svars à Brooklyn, New York.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>