Histoire du Québec

La mode d’antan

La mode d’antan

La mode au XIXe siècle

Avant l’avènement de la confédération canadienne,  il n’existait aucun journal de modes au Québec (plutôt au Bas-Canada). Hector Berthelot nous raconte dans son ouvrage Le bon vieux temps que dès la fin du XVIIIe siècle, l’aristocratie suivait la fashion de Londres ou l’élite faisait confectionneur leurs habillements. La mesure était prise par le père Beniah Gibb de la rue montréalaise Saint-Jacques et la commande s’exécutait en Angleterre! Il va sans dire que la façon coûtait un peu cher, on dirait… (Beniah Gibb vint à Montréal en 1774, à l’âge de 19 ans, en 1775, il fonda sa fameuse maison de commerce qui exista pendant plus d’un siècle, mais il mourut en 1826).

Le premier tailleur canadien-français qui ait acquis quelque célébrité (toujours d’après M. Berthelot) a été M. Joseph-Charles Boulagert qui tenait son établissement à Montréal, sur la rue Notre-Dame, près de la rue Bonsecours, la porte voisine de l’ancien hôtel Donegana (coin nord-ouest de Notre-Dame et Bonsecours). M. Boulagert avait débuté rue Saint-Paul et il figurait dans l’Almanach des adresses de 1842 à 1866.

À l’époque la mode exigeait que les gens de profession, les gros négociants et les rentiers considérables portassent le gilet et le pantalon blancs, une cravate haut montée avec un faux-col blanc s’élevant jusqu’aux oreilles. Les gentilshommes se promenaient toujours sur les rues avec l’habit à queue, garni de boutons en cuivre doré.

La classe pauvre, quant à elle, s’habillait avec l’étoffe du pays, et portait des chapeaux en laine mous de forme pointue (M. Berthelot doit entendre ce traditionnel bonnet de laine qu’on nomme tuque). Le feutre n’était pas connu des ancêtres et le chapeau de castor de la classe riche était autrefois confectionné avec la peau de vrai castor (même si M. Berthelot nous rapporte que c’était avec la peau de castor, c’était avec le poil de castor et non avec la peau qu’on fabriquait ces chapeaux), mais plus tard on le faisait avec de la pluche dont les poins avaient une longueur d’un pouce. Ces chapeaux étaient très larges du haut et portaient le nom de Waterloo.

Pendant les grands froids de l’hiver, les hommes portaient de lourds manchons en peau d’ours (!). Les ceintures « fléchées » jouissaient alors d’une grande vogue et étaient bordées avec beaucoup de richesse.

Ces ceintures avaient été apportées au pays par les voyageurs du Nord-Ouest. Une bonne ceinture se vendait $10 à $20, mais presque tous les citoyens de la classe aisée portaient la ceinture « fléchée » autour de leur pardessus d’hiver.

Dans les années 1820, le coton n’était pas connu, les chemises de nos grands-pères étaient confectionnées avec de la toile. Les cultivateurs portaient des chemises faites  avec de la toile à sac, leurs chemises n’avaient ni boutons ni cols, et ils les agraffaient avec de grosses épinglettes en étain. Les « habitants » portaient aussi des chemises en droguet. Lorsqu’ils venaient au marché ils avaient des tabliers en cuir ou en peau de mouton ou d’orignal, de grosses bottes de « beu » montant jusqu’à mi-genoux et des tuques bleues. Le capuchon était toujours de rigueur.

(D'après Hector Berthelot, Le bon vieux temps, compilé, revu et annoté par E.-Z. Massicotte, Librairie Beuuchemin Limitée, Montréal, 1924).

mode ancienne

La mode d'antan (exposition à la Bibliothèque et archives nationales du Québec). Photo : © GrandQuebec.com

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