Prière pour le roi d’Angleterre
À la mi-juin 1794, le gouverneur Dorchester ordonne la levée des miliciens car la rumeur se répand que la flotte française remonte déjà le fleuve Saint Laurent.
Selon Claude Galarneau : « sur les quarante-deux paroisses du district de Québec, qui comptent sept mille hommes aptes au service, huit paroisses seulement, pour neuf cents hommes, ont obéi aux lois; quant aux autres, elles semblent déloyales».
Dans la ville de Québec, la situation est la même, voire pire. Le gouverneur Dorchester raconte au secrétaire d’État aux colonies ce qui s’est passé dans la capitale : « Le premier jour que quatre compagnies de la ville furent assemblées afin qu’elles puissent fournir leur proportion d’hommes des 2 000 miliciens qui devaient être tenus prêts au service actif, ils ont brisé leurs rangs et ont causé une émeute en refusant de laisser tirer leurs noms au sort et de recevoir des commandements »
On procède alors à quelques arrestations. Les incidents encore plus graves ont lieu à Charlesbourg et à la Jeune - Lorette, deux localités situées tout près de Québec.
Le 19 mai, plus de cinq cents personnes s’assemblent pour protester contre l’adoption prochaine de la nouvelle loi de milice. Les discours sont violents. Des barricades sont installées à l’entrée de Charlesbourg .
Mais ces protestations sont plutôt cas isolés. Les autorités font organiser des collectes de signatures pour des adresses de loyauté. À Montréal, 3502 signatures sont recueilles. Dans la région de Québec, le nombre de signatures dépasse 7 000.
L’église condamne toute manifestation de protestation. Le 27 juin 1794, l’abbé Joseph - Octave Plessis, futur évêque de Québec, prononce l’oraison funèbre de monseigneur Jean-Olivier Briand, décédé quelques jours plus tôt.
Il profite de la circonstance pour vanter les bienfaits de la Conquête. Le Dieu des armées, est maintenant devenu celui du roi de l’Angleterre. Aux Canadiens français de l’appuyer !

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