En Nouvelle France, le sacrement de mariage est très un événement de première importance.

Le mariage est régi par une législation très élaborée et précise que le curé applique strictement :

L’âge légal pour contracter mariage est 14 ans pour les garçons et 12 ans pour les filles. Pas de question d’en parler avant cet âge, mais à 12 ans, une fille peut devenir épouse et mère.

Les futurs époux doivent se soumettre à l’examen prénuptial effectué par le curé de la paroisse.

Au cours du test, monsieur le bon curé pose des questions sur le mariage et si on échoue, on doit répéter le cours, bien sûr.

À ce propos, dans les années 1740, Madame Élisabeth Rocbert de la Morandière, dite Madame Bégon raconte dans ses lettres à son « cher fils » l’anecdote suivante :

« Tu sais, ou ne sais point, que le curé doit avant d’administrer le sacrement de mariage savoir si les futurs époux sont instruits. Le curé de Québec qui est un jeune homme venu cette année de France, homme très scrupuleux, questionna M. De Bonaventure qui lui répondit sur tout fort sagement. Après quoi, il le pria de faire entrer, comme il avait fait, dans la sacristie, Mlle La Ronde, à qui il demanda si elle savait ce que c’était que le sacrement de mariage. Elle lui répondit qu’elle n’en savait rien, mais que s’il était curieux, que dans quatre jours, elle lui en dirait des nouvelles. Le pauvre curé baissa la tête et la laissa là. Cette pointe a fait beaucoup rire »

Au total, selon les canons, quatorze empêchements propres à rendre nul un mariage existaient, citons quelques uns :

  • Défense est donc faite aux proches parents de se marier entre eux et ce jusqu’au quatrième degré inclusivement.
  • Un veuf ne peut épouser un des parents de sa défunte épouse à cause des affinités qui ont existé entre les prétendants.
  • Un fiancé ne peut contracter mariage avec la mère, la soeur ou la fille de sa défunte promise.
  • Le curé n’a pas la permission de célébrer de mariage pendant l’avent et le Carême.
  • Les fiancés, jusqu’à l’âge de 30 ans pour le garçon et de 25 ans pour la fille - même si elle est déjà veuve, sont tenus d’obtenir le consentement de leurs parents avant de se marier.

Parfois, il est possible, toutefois, de se passer de l’accord des parents en recourant au « mariage à la gaumine ». Cette méthode a son nom d’un M. Gaumin qui aurait imaginé la méthode en France. Il suffit donc pour les futurs conjoints de se rendre dans une église; pendant la célébration de la messe, prenant comme témoins les fidèles présents dans le temple, ils n’ont qu’à déclarer à haute voix qu’ils se prennent mutuellement pour mari et femme.

(par Elba)