Histoire du Québec

Industrie minière qui a bonne mine

Industrie minière qui a bonne mine

Industrie minière : Une industrie qui a bonne mine

Les mines canadiennes génèrent 700 000 emplois. Elles exportent chaque année pour une valeur de 9 milliards de dollars dans une centaine de pays.

Par Jean-Jacques Nantel

Le Canada compte plus de 280 mines en opération. Quoique ce nombre soit impressionnant, il demeure faible en regard de la superficie du pays qui atteint les 10 millions de km carrés. Ces simples chiffres montrent que beaucoup de travail reste à accomplir en exploration minière.

L’industrie minière

Une part importante de la richesse canadienne provient du secteur minier. Ainsi, à elle seule, l’industrie des minéraux non combustibles (excluant le pétrole, le gaz et le charbon) emploie directement ou indirectement plus de 700 000 personnes. Elle exporte annuellement, dans une centaine de pays, plus de 50 produits minéraux ayant une valeur de 9 milliards de dollars.

Ainsi, le Canada est le premier producteur mondial d’amiante, de zinc et d’uranium, le deuxième pour le nickel et la potasse, le troisième pour l’aluminium, le titane, le molybdène, l’or et le platine, le quatrième pour le plomb, le cuivre, l’argent, le cobalt et le cadmium, le septième pour le fer et le treizième pour l’étain. Quand on sait que le fer, l’étain, l’aluminium, le cuivre, le zinc, le plomb et le titane sont les produits miniers les plus en demande dans le monde, on comprend vite l’importance du rôle joué par notre pays dans le domaine minier.

Ces différentes statistiques, qui étonnent souvent les Canadiens eux-mêmes, ne représentent pourtant qu’une fraction de l’activité générée par ce secteur dont l’évolution est rapide, compte tenu du contexte international.

Les besoins de notre secteur industriel ont relégué aux oubliettes le prospecteur – coureur de bois qui utilisait la pelle et la pioche pour découvrir un filon d’or affleurant à la surface du roc. À sa place, une florissante industrie de services spécialisés s’est développée pour repérer, sous nos vastes forêts et nos champs de blé, les précieux gisements métalliques. On cherche donc toujours « l’aiguille dans une botte de foin », mais de façon méthodique et scientifique.

La recherche des gisements

L’adage qui dit que «le meilleur endroit pour trouver une mine, c’est près d’une autre mine » est vrai. C’est d’ailleurs la principale raison qui pousse les compagnies d’exploration minière à travailler près des vieux centres miniers où elles sont assurées de trouver, à moindre coût, personnel qualifié et services publics.

Par ailleurs, les gouvernements fournissent à l’industrie nombre de cartes de compilation géo-scientifique de même que les résultats de travaux d’exploration à grande échelle. Toutes ces informations sont mises à profit par l’industrie pour choisir rationnellement les zones prioritaires à investiguer et les méthodes les plus efficaces pour découvrir des gisements.

La méthode la plus directe consiste évidemment à forer la zone choisie. Toutefois, si les forages systématiques donnent une information certaine sur le sous-sol, ils ont le désavantage d’être onéreux (15$ à 25$ le pied linéaire). On les utilise donc ordinairement lors de la phase finale de l’exploration, pour déterminer de quoi se composent les anomalies découvertes par les autres techniques. Parmi celles-ci, on note la télédétection (encore dans l’enfance), la géochimie (d’emploi difficile sur certains terrains), les relevés géologiques (efficaces là où le socle rocheux n’est pas recouvert de sable, d’argile, de marécages, etc.) et, pour finir, la géophysique (pour laquelle la demande ne cesse de croître).

En effet, c’est surtout cette dernière science qui est utilisée systématiquement pour découvrir les cibles à forer. La géophysique utilise les contrastes existant dans les propriétés physiques des constituants de l’écorce terrestre pour déterminer les cibles les plus favorables pour la découverte d’amas de minéraux. Par exemple, un gisement massif de fer peut être repéré en mesurant les petites variations qu’il crée à la surface du sol dans le champ magnétique terrestre, ou encore en mesurant les infimes variations de l’attraction terrestre dues à cette masse très dense.

Enfin, la géophysique est un des secteurs de pointe où l’expertise canadienne est reconnue mondialement, tant au niveau des services que de l’instrumentation.

L’exemple de Sagax

En 1983, quatre diplômés de l’Université de Montréal, Pierre Bérubé, Jean David, Robert Bazinet et Jean Legault, fondent Sagax Géophysique Inc. Leur entreprise propose à l’industrie minière une technique géophysique particulièrement bien adaptée à la prospection des métaux précieux: le PPLMD. Les économies réalisées grâce à cette technique propulsèrent presque immédiatement Sagax à l’avant-scène de la géophysique et lui permirent depuis de doubler son chiffre d’affaires à chaque année.

Toutes les techniques géophysiques anciennes et nouvelles ont d’ailleurs contribué à cet essor. Par exemple, les puissants émetteurs destinés à communiquer avec les sous-marins sont ici utilisés pacifiquement par la technique VLF pour repérer les conducteurs enfouis grâce au principe de l’induction électromagnétique.

De la même façon, l’énergie des orages tropicaux qui font rage à l’Équateur peut être utilisée à travers le monde par la technique magnéto-tellurique pour analyser le sous-sol terrestre. On voit par ces exemples que la géophysique est devenue très Imaginative pour réaliser son objectif de mettre à jour, à moindre coût, notre richesse minière.

L’expertise accumulée par les 21 géophysiciens professionnels de Sagax l’a amenée, dès 1985, à se lancer sur le marché international (continent africain, États-Unis, Chine populaire, Costa Rica, etc.) où elle réalise maintenant plus de 25% de son chiffre d’affaires. Ce dynamisme a valu à la jeune compagnie le prix d’excellence décerné en 1988 dans le cadre de la Semaine de l’entreprise et parrainé par le ministère de l’industrie et du Commerce du Québec.

L’exemple de Sagax montre bien à quel point le potentiel minier du Canada a pu aider au développement de notre industrie de pointe en plus de favoriser l’éclosion d’entreprises contrôlées par nos jeunes professionnels.

Heureusement, le potentiel tant canadien qu’international reste immense et les possibilités demeurent nombreuses pour les jeunes diplômés qui ont des idées et du dynamisme.

Jean-Jacques Nantel, géophysicien diplômé de Polytechnique, à l’emploi de Sagax Géophysique Inc. au moment de rédiger ce texte, paru dans Les Diplômés, N° 363, automne 1988

industrie minière

Industrie minière

Industrie minière. Photo : Radio Canada

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