Histoire du Québec

Les Anglais avancent

Les Anglais avancent

Les Anglais avancent

Après la chute de Québec, le gouverneur du Canada s’était transporté à Montréal, bien décidé à poursuivre la lutte. À l’été de 1760, une tentative fut faite pour empêcher l’armée du colonel Haviland, qui venait du côté du lac Champlain, et la flotte du général Murray, qui était partie de Québec, d’opérer leur jonction au lac Saint-Pierre.

Comme on craignait que la première ne s’avançât à travers les bois, le chevalier de la Pause fut envoyé, le 14 juillet 1760, pour faire une reconnaissance sur les rivières Yamaska et Saint-François et dans la partie du pays qui sépare le lac Champlain et le lac Saint-Pierre. Le chevalier de la Pause constatait dans ses mémoires qu’il avait « mit quinze jours à faire cette reconnaissance, ayant mené pendant ce temps la vie la plus dure qu’il soit possible dans ces bois, où je faillis être dévoré par des espèces de mouches et moucherons. »

On se disposa aussi à faire quelques préparatifs militaires pour boucher les chenaux au-dessus du lac Saint-Pierre afin d’empêcher les navires anglais de passer. Bourlamaque reçut l’ordre du général Lévis de construire des batteries et des retranchements sur les îles de ce lac. Lévis en personne vint visiter ces ouvrages, le 7 août. Le bataillon de La Sarre et le troisième bataillon de Berry y travaillaient, ainsi qu’environ quatre cents miliciens.

Favorisée par le vent, la flotte anglaise avançait toujours. Lorsque les Britanniques parurent à l’entrée du lac Saint-Pierre, Bourlamaque, voyant que les travaux ne pourraient être finis à temps, décida de les abandonner et de retirer ses troupes des îles avant que l’ennemi n’y passât.

Le soir du 10 août, la flotte jetait l’ancre vis-à-vis Saint-François et Murray ordonna au major Agnew de se préparer à y descendre le lendemain matin. Toutes les troupes légères s’avanceraient en chaloupes, sous le couvert des batteries flottantes montées par les grenadiers de la première brigade. On essayerait d’avoir quelque renseignement au sujet de l’armée du lac Champlain commandée par Haviland, à qui on détacherait un petit groupe de Rangers. Un officier et un quartier-maître de chaque bataillon et détachement iraient en même temps sur la rive se procurer des légumes et autres produits frais.

Le 11 août 1760, au matin, un épais brouillard couvrait le lac, On dut attendre qu’il se fût dissipé et les rameurs n’étaient partis qu’entre 11 heures et midi. Ils atteignirent, vers 14 heures, l’entrée de la rivière Saint-François et s’arrêtèrent  à un quart de mille en amont. Le commandant Agnew devait envoyer un drapeau blanc au capitaine de milice M. Antoine Gamelin pour sommer la paroisse de se rendre, mais s’étant rendu un peu plus avant pour reconnaître les lieux, il aperçut des soldats français qui se montraient à la lisière d’un bois épais. Comme les soldats paraissaient nombreux, le commandant Agnew craignit de leur part une tentative pour lui couper les communications. Il décida alors de s’en tenir à l’ordre du général, qui voulant agir avec précaution pour assurer le succès de la campagne, lui avait enjoint de ne pas tenter de descente là où il lui semblerait y avoir des troupes. À 18 heures, le vent étant favorable, la flotte leva l’encre, et, après avoir vogué pendant trois heures, s’arrêta de nouveau pour la nuit (Knox’s historical Journal, éditions Doughty de la Champlain Society, II p. 488-490).

De son côté, Bourlamaque, qui avait replié ses troupes à l’embouchure de la rivière Richelieu, y fit faire à la hâte quelques retranchements pour empêcher l’ennemi d’y prendre poste. Les quelques compagnies de Languedoc cantonnées au sud du lac Saint-Pierre eurent ordre de venir le rejoindre avec les miliciens de leurs paroisses. « Il n’est arrivé cinquante-six soldats de Languedoc avec MM. De Rennepont et Calan, écrivait-il à M. de Lévis, le 14 août 1760. C’est tout ce qu’il avait su sud. Les habitants de Maska ont refusé de marcher, quarante-deux sont venus de Saint-François, dont vingt-deux ont déjà fait retraite ».

Le général James Murray ne jugea pas à propos d’attaquer ces retranchements et continua sa route, après avoir fait incendier les habitations du bas de Sorel dont les propriétaires s’étaient joints aux troupes de Bourlamaque.

Il s’approcha de Montréal, où, le 8 septembre 1760, le gouverneur de Vaudreuil signa une capitulation pour la colonie de la Nouvelle-France.

D'après :

  • Pierre Margry, Découvertes et Établissements des Français. Mémoires et Documents inédits, I, 410; cité dans Histoire de Saint-François-de-Lac, par Thomas-M. Charland, 2007.
  • Histoire de Saint-François-de-Lac, par Thomas-M. Charland, 2007.

frazer highlanders

Soldats du 78e régiment Frazer Highlanders, représentés par un groupe de reconstructeurs. Musée Stewart. Photo : © GrandQuebec.com

À lire également :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>