Histoire du Québec

L’eau-de-vie

L’eau-de-vie

L'eau-de-vie

L’eau-de-vie vendue aux Indiens par des marchands peu scrupuleux fait des ravages en Nouvelle-France. C’est alors que l'Église décide de s'opposer à ce commerce lucratif mais contraire aux desseins de Dieu.

Officiellement, la vente de l’eau-de-vie était d'ailleurs interdite depuis l'époque de Champlain, mais peu de gens s’en souviennent. Les religieux recommandent donc au roi de France d’interdire la vente par un nouveau décret, ce qu’il fait.

En 1657, par un arrêt de son conseil, le roi confirme donc l’interdiction de la traite de l’eau-de-vie.

Le 5 mai 1660, Mgr de Laval, premier évêque de la Nouvelle-France, défend, sous peine d’excommunication, de donner des boissons enivrantes aux Indiens.

Par la suite, il excommunie le trafiquant Pierre Aigron, dit Lamothe, qui a violé l’interdiction. La traite de l’eau de vie cesse et Mgr de Laval lève son excommunication en octobre 1661. Mais certains marchands reprennent immédiatement le commerce et Mgr de Laval renouvelle la sanction en février 1662.

À la même époque, le gouverneur général Davaugour, poussé par des intérêts commerciaux et politiques, se déclare favorable à la vente des boissons alcoolisées aux Indiens.

À Paris, les théologiens, saisis de la question par Mgr de Laval, estiment que «vu les désordres qui arrivent de la vente de telles boissons, faite aux Américains (il s’agit des Indiens), l’Ordinaire ou Prélat peut défendre sous peine d’excommunication ipso facto aux Européens la vente de telles boissons, et traiter ceux qui seront désobéissants et réfractaires comme des excommuniés.»

Cependant, Davaugour ignore l’arrêt royal et la proclamation ecclésiastique. La traite prend rapidement une telle ampleur que Mgr de Laval décide d’aller en France pour solliciter l’appui du roi.

Lorsqu’il revient à Québec en 1663, il constate avec satisfaction que les trafiquants se font plus discrets, suite à la terreur provoquée par le grand tremblement de terre de 1663 qu’ils ont pris comme un signe de Dieu.

M. de Mézy, le nouveau gouverneur, et Mgr de Laval publient une déclaration conjointe  interdisant la traite des boissons.

Cette union de l’Église et de l’État se maintient jusqu’en 1668, quand le Conseil souverain, à l’instigation de l’intendant Jean Talon, permet à nouveau la traite de l’eau-de-vie. Cette permission se termine avec l’interdiction faite aux Indiens de s’enivrer, ce qui est d'une rare hypocrisie…

En réponse, le 21 avril 1669, Mgr de Laval déclare que c'est un péché d'encourager la consommation d'alcool chez les Indiens et de leur donner des boissons à transporter dans leurs villages.

Mgr de Laval, les missionnaires et l'ensemble du clergé sont attaqués par des marchands et par les autorités qui favorisent ce commerce.

Mgr de Laval soumet de nouveau la question aux théologiens de Paris.

Ces derniers lui donnent raison. Selon leur verdict, la traite de l’eau-de-vie constitue un péché mortel, et l’évêque a le droit de prendre les mesures appropriées pour arrêter ce commerce.

Mais les marchands résistent.

Finalement, Louis XIV ordonne au gouverneur de Frontenac de convoquer 20 des principaux habitants de la colonie et de recueillir leurs avis sur la traite de l’eau-de-vie. Ils se réunissent le 28 octobre 1678. Mais comme ces personnages sont essentiellement des commerçants, ils se prononcent en majorité pour la liberté absolue de la traite de l’eau-de-vie.

La situation pour l’Église devient critique. Malgré sa maladie, Mgr de Laval se rend immédiatement en France, dans un suprême effort pour convaincre le roi de maintenir l’interdiction.

Louis XIV rend alors une ordonnance interdisant la traite de l’eau-de-vie en dehors des habitations françaises, mais dans l'absolu, la vente de l'alcool est autorisée.

Mgr de Laval et l’Église perdent donc cette lutte de 20 années. Cependant, les trafiquants ne peuvent plus, légalement, vendre des boissons dans les villages amérindiens.

campement algonuien

Représentation d'un campement algonquien en hiver. Source : Frederick A. Verner / Bibliothèque et Archives Canada / C-094103. Aucune licence n'est nécessaire, l'image fait partie du domaine public

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1 commentaire

  1. Simon

    2013/11/05 at 7:19

    Citez vos sources SVP !

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