Histoire du Québec

Cinéma ambulant

Cinéma ambulant

Cinéma ambulant

Le 27 juin 1896, une première projection publique des « vues animées » a lieu en Amérique du Nord, notamment, à Montréal. En septembre déjà Louis Minier et Louis Pupier, deux projectionnistes français présentent la nouvelle invention dans les principales villes du Québec et au même moment, les projections se multiplient dans diverses salles de Montréal.

À partir de 1897 et pendant les dix années suivantes, les représentations se multiplient. Presque toutes les villes du Québec et un grand nombre de villages reçoivent la visite des projectionnistes ambulantes.

À Montréal, les spectacles sont réguliers. Au parc Sohmer, dans un kiosque baptisé Radiascope (Radioscope?), ils deviennent une attraction majeure. Ce parc, situé dans le quadrilatéral de la falaise et les rues de Salaberry, Notre-Dame et Panet fut créé en 1889 par Ernest Lavigne, musicien et compositeur, c’est pourquoi le Parc adopta le nom d’une marque de commerce de piano.

Les projections s’y tiennent jusqu’au 24 mars 1919, quand un incendie détruit entièrement le pavillon central et plusieurs installations ce qui amène la fermeture du parc.

La présentation de films est aussi régulière  à l’Eden Musée (musée des figures de cire, installé au sous-sol du théâtre Monument National, au 1181, rue Saint-Laurent (aujourd’hui, boulevard Saint-Laurent).

Personne ne sait encore comment appeler le nouvel art, ainsi on l’appelle Animatographe et Kinématographe au Théâtre Royal ; Phantascope au Théâtre français ; Théâtroscope dans la salle au 58, rue Saint-Laurent ; lanterne magique ; spectacle avec photos animées ; Édisonscope (pour les appareils d’Édison, naturellement) ; Kinétoscope ; Fériscope ; machine à vue ; Vériscope; Motographe ; Mutoscope ; Historiographe et même Warographe (de War pour la « guerre » – il semblerait que ce terme désigne à l’époque les films de guerre).

Le public principal son des petit-bourgeois et des cols blancs.

Durant la décennie des projections ambulantes, les films sont présentés en des lieux très variés : on peut les visionner dans des cirques ambulants, dans des cafés, magasins, salles paroissiales, fonds de cours, cours d’écoles, etc. Plusieurs séances sont jumelées à des spectacles de variétés ou de théâtre.

Par ailleurs, aux théâtres, pendant ces premières années, le cinéma sert à meubler les entractes du théâtre. Ensuite, c’est l’inverse qui se produira: des chanteurs viendront faire leurs numéros entre deux films, question d’allonger la séance.

On commence à appeler ce type de présentation des «forains», même si cela n’a aucun rapport avec les fêtes foraines. Une dizaine de projectionnistes parcourent la province du Québec, passant de village en village, organisant partout des projections et suscitant chaque fois l’admiration et l’étonnement.

Mais l’époque des projections ambulantes plus ou moins artisanales touche à sa fin en 1906, quand Ernest Ouimet, importateur de films, projectionniste reconnu et bon mécanicien de machines à vue, ouvre son premier Ouimetoscope.

cinéma ambulant

Ère du cinéma ambulant. Une salle en France, à Rouen, Parc Pierre Junk, carte postale de l'époque

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