Histoire du Québec

Le bolchevisme au Canada

Le bolchevisme au Canada

Les idées bolchevistes ont libre cours au Canada et en Angleterre

Se cachant derrière la liberté de la presse et la liberté de parole, les propagateurs des idées communistes et radicales travaillent avec ardeur un peu partout dans l’Empire, dès Londres jusqu’à Ottawa. – Ils attendent qu’une grève se déclenche pour inciter les masses à la révolution.

(Câble de la Presse Associée).

Londres, 7 janvier 1920. – Les agitateurs bolchevistes travaillent avec énergie pour détruire l’Empire britannique d’après les mêmes méthodes employées aux États-Unis et en Europe, c’est-à-dire qu’ils veulent le renversement du gouvernement et l’établissement d’un soviet.

Il est tout probable qu’ici, au Canada, leurs projets n’ont pas été aussi efficaces que de l’autre côté de l’Atlantique, mais l’on croit que les radicaux tâcheront de profiter d’une grosse grève ouvrière pour faire naître un mouvement révolutionnaire.

Bien que cela soit un fait bien notoire pour ceux qui observent de près la situation, l’on dit qu’il est impossible pour les autorités britanniques, d’après les lois existantes sur la liberté de parole de faire plus que d’observer la marche des événements. Le simple fait qu’un individu ou une association se trouvent alliés avec les internationalistes de Moscou et prêche la révolte « per innuendo » n’est pas suffisant pour justifier l’intervention de la police. En d’autres mots, l’on déclare que les Anglais et les Canadiens, dans le sens le plus étendu, ne peuvent prendre des mesures préventives, mais doivent se contenter d’agir sur des faits concrets seulement.

Nos pays peuvent déporter les étrangers indésirables et ne manquent pas de le faire, mais les sujets britanniques et canadiens, la situation est plus délicate. Il existe plusieurs associations aux idées extrémistes dans nos pays qui prêchent ouvertement les idées bolchevistes et communistes, dont quelques-unes sont d’ordre politique et d’autres d’ordre social et économique.

Tous les jours, des agitateurs distribuent au loin de volumineuses quantités de circulaires et de pamphlets en faveur des idées bolchevistes; d’autres tiennent des assemblées et font des conférences. Il y a aussi une demi-douzaine de périodiques « rouges » dont quelques-unes ne se font pas scrupule de crier hautement qu’il sont pour l’établissement d’un soviet et le renversement de l’ordre établi.

Il y a peu de chefs « rouges », mais en nombre suffisant cependant pour grouper autour d’eux des adeptes à faire partie un jour d’une puissante organisation. Actuellement tous leurs efforts se concentrent dans les milieux ouvriers, où ils tâchent de semer les éléments de discorde et ils escomptent beaucoup sur la psychologie des foules pour allumer le brandon de la révolution, au cas d’une grève générale.

L’idée bolcheviste, dit-on, est de travailler à l’amalgamation des associations existantes, plutôt que d’en former de nouvelles. Et ces agitateurs sont immunisés contre la loi, sauf pour les cas spécifiques d’incitation à la révolte ou d’attentat à la paix et à l’ordre public. Et les bolcheviques profitent de nos lois démocratiques pour détruire notre démocratie.

À Londres, par exemple, le fameux hall « Albert », qui fut le lieu de tant d’événements historiques, a servi aux réunions que l’on pourrait appeler bolchevistes, implicitement, où le chant de ralliement « le Drapeau Rouge » fut chanté avec déploiement des plus du drapeau révolutionnaire. Il y eut des assemblées semblables tenues à Hide Park et ailleurs dans Londres, sans que la police ait pu faire autre chose que de veiller au maintient de la paix publique.

Néanmoins, la Grande-Bretagne ne semble pas se décourager outre-mesure en face de ces événements, parce qu’elle croit au pouvoir souverain de la loi qui veille avec soucis et qui compte sur le bon sens du peuple pour qu’il ne soit pas corrompu par cette propagande néfaste et perverse. Espérons que le Canada saura suivre le chemin choisi par Londres.

(Texte publié le 8 janvier 1920, dans le journal Le Canada).

centre Morin

Centre Morin à Québec. Crédit photo : GrandQuebec.com

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