La bataille de Saint-Denis eut lieu le 23 novembre 1837. Quelque 300 Patriotes avec le docteur Wolfred Nelson à la tête, s’opposèrent aux 300 ou 500 Britanniques, commandés par Sir Charles Gore. Cette bataille fut l’unique grand succès remporté par les Patriotes lors de ce conflit. Quelques jours plus tard, ils furent battus à Saint - Charles et à Saint - Eustache.
C’est à mi-novembre 1837 que le gouvernement du Bas-Canada ordonne à l’armée de mettre fin au mouvement des Patriotes. Ceux-ci répondent, en s’organisant et se préparant à l’offensive. À Saint-Denis, ils installent un camp militaire, dirigé par Wolfred Nelson.
Entre temps, deux colonnes de l’armée régulière viennent de Montréal pour attaquer Saint – Charles. La première, avec le colonel Wetherall à la tête, avance sur la route de Chambly, et l’autre, sous le commandement du lieutenant-colonel Francis Gore, marche vers Sorel et l’occupe.
À Saint-Denis, les événements commencent, quand dans la nuit du 22 au 23 novembre, le colonel Gorequitte Sorel et avance vers le camp des Patriotes, installé à Saint - Charles. Son éclaireur, le lieutenant George Weir, un officier britannique déguisé en civil, est fait prisonnier par les Patriotes. Il est interrogé et les Patriotes apprennent que les Britanniques approchent de Saint-Denis.
Le prisonnier George Weir est transféré à Saint – Charles. Il tente de s’échapper, mais il est capturé et exécuté. Cette exécution suscite de la polémique jusqu’aux nos jours. D’un côté, il ne portait pas d’uniforme et les Patriotes avaient le droit, selon les lois de la guerre, de le fusiller, d’autre côté, Weir n’a pas fait qu’accomplir son devoir d’officier en tentant de s’échapper et son exécution comme punition est considérée donc par plusieurs comme un acte criminel. Nous nous abstenons d’omettre notre jugement sur l’affaire.
En tout cas, quand Gore approche de Saint-Denis, il est surpris de rencontrer une résistance organisée. Les Patriotes se barricadent dans la maison de Saint-Germain, dans la distillerie de Nelson et dans les alentours, armés de vieux fusils. Ils résistent pendant quelques heures à l’assaut des Britanniques. Les gros murs de la maison Saint-Germain résistent aux tirs du canon, les Patriotes tirent par les fenêtres sur les troupes anglaises.
Enfin, Gore, vers 15 heures, à bout de munitions, se bat en retraite. Les Patriotes, arrivés d’autres villages, menacent de l’encercler et Gore laisse son canon pour échapper. Les Patriotes célèbrent leur première victoire. Elle sera toutefois leur seule victoire.
Les Patriotes ont perdu 12 combattants. D’autres 7 ont été blessés. Quant aux Britanniques, selon les forces Patriotes, ils ont laissé sur les lieux jusqu’aux 60 morts, mais il se peut, c’est une exagération. Gore parle dans son rapport de 6 tués, ce qui semble être un chiffre trop « inexacte » non plus.
Cette victoire à Saint-Denis a surprit autant les Patriotes que les Anglais. Un analyse sérieux de la bataille devrait porter sur le rôle de Papineau, le chef du Parti patriote qui se trouvait dans les lieux, mais n’a pas participé au combat (c’était Wolfred Nelson qui lui aurait demandé de se tenir à l’écart).
Un fait peu connu : Jules Verne a écrit un roman sur la bataille de Saint-Denis sous le titre Famille-sans-nom.

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