Histoire du Québec

Première bataille pour Québec

Première bataille pour Québec

Première bataille pour Québec

Le major général William Phips espère qu’il réussira à prendre la ville de Québec après un maximum de deux jours de combats. Dans ses évaluations, il se base sur l’expérience de Port-Royal dont il a pu s’emparer sans tirer un seul coup de feu. La situation est pourtant très différente à Québec. Si à Port-Royal il n’y avait que de faibles fortifications et une petite garnison de 70 soldats, à Québec le gouverneur de Frontenac a rassemblé pas moins de 3 mille miliciens, soit les résidents de la ville et des environs appelés à défendre la capitale.

À cela on doit ajouter trois bataillons, quoique incomplets, et des troupes plus ou moins régulières (ces soldats avaient leur propres parcelles de terre qu’ils labouraient et ils ne se différenciaient pas vraiment de la milice).

Au total, la capitale de la Nouvelle-France disposait donc de 4 mille soldats.

Québec avait onze redoutes de pierre. Un moulin de pierre abritait une batterie de trois canons, une autre batterie de six canons fut installée derrière les quais et huit canons étaient placés dans la ville haute, au sommet du promontoire.

Phips décide de débarquer 1300 soldats à Beauport, à l’embouchure de la rivière Saint-Charles, sur la côte est, pour éviter les forces françaises lors du débarquement. Ses hommes devront traverser la rivière dans leurs canots, puis ils s’approcheront des murs et attaqueront Québec simultanément avec le principal débarquement des 32 vaisseaux et navires anglais.

Le débarquement à Beauport s’effectue avec un succès relatif, mais un groupe de Français dirigé par Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène réussit à causer des pertes et à ébranler le moral des Anglais qui ne s’attendaient pas à cette résistance. En outre, des Amérindiens sont engagés aux côtés des Français. Le major John Walley, commandant des forces du débarquement, envoie une dépêche à Phips pour lui demander de l’aide. John Walley attend en vain des renforts au-delà de Beauport, puis il essuie le feu de l’ennemi le 18 octobre.

Ce même jour, le général Phips, certain que Walley se trouve déjà au pied des murs de la ville, ouvre le feu. Le combat se poursuit pendant 24 heures et, le 19 octobre, les Anglais ont épuisé la plus grande partie de leurs munitions.

Une demi-douzaine de maison sont incendiées, mais les canons français ont touché 8 navires anglais, dont le vaisseau-amiral. De plus, un groupe de miliciens, en s’apercevant qu’un petit bateau ennemi s’est aventuré trop près de la côte, monte dans un canot et se lance à son attaque. Le bateau est abordé, l’équipage anéanti ou capturé et le pavillon français est hissé. Bien qu’il s’agisse d’un petit bateau avec un équipage de seulement 12 marins, l’effet sur le moral des Anglais est déplorable.

Le major John Walley se lance finalement à l’attaque le 20 octobre, mais son assaut désespéré échoue. Les Anglais doivent se retirer en laissant plus de trente morts. Les Français ne perdent qu’une poignée d’hommes, mais parmi eux se trouve leur commandant, Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène.

Le 21 octobre, William Phips négocie la paix. Il propose un échange des prisonniers et promet de quitter les lieux. Le voyage de retour vers Boston est pénible. Il dure plusieurs semaines et une dizaine de vaisseaux, pris dans les tempêtes, coulent en chemin (endommagés lors du siège, ils n’ont pas résisté à la traversée).

L’aventure a coûté aux Anglais la perte de plusieurs navires et la mort d’un millier d’hommes. La Nouvelle-France est sortie victorieuse de ce premier baptême du feu. En 1711, une nouvelle tentative pour prendre Québec échouera à nouveau. Mais ce n’est que partie remise…

bataille de québec de 1690

Bataille de Québec de 1690, gravure d’auteur inconnu, vers 1850, image du domaine public

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