La bataille des Plaines d’Abraham
La bataille des Plaines d’Abraham entre les armées française et anglaise a décidé le sort de la Nouvelle France, du continent et du monde. Qu’est-ce que s’est passé ce jour 13 septembre 1759 ?
À l’été de 1759, l’Angleterre, pour une quatrième fois dans l’histoire, entreprend le siège de Québec. La Nouvelle-France, après plusieurs années de guerre, est en sérieuses difficultés. Les Grands Lacs et de la vallée du Richelieu et du lac Champlain sont déjà abandonnés et la forteresse de Louisbourg est tombée depuis 1758.
Dès juin 1759, une flotte de quelques 150 vaisseaux et près de 40 000 hommes assiège Québec. Un premier débarquement est tenté à l’ouest de la rivière Montmorency est repoussé par Lévis. L’armée anglaise prend alors position à l’île d’Orléans et dans les alentours. Tout l’été, Québec est bombardé et les villages environnants tombent une après l’autre.
Dans la nuit du 12 au 13 septembre, près de 4 000 hommes, avec le général Wolfe à la tête, réussissent à atteindre les hauteurs de Québec en empruntant un sentier situé aux environs actuels de la côte Gilmour.
Les gardes français, qui s’attendent à l’arrivée d’un convoi de vivres, sont trompées. L’envoi de ravitaillement avait été annulé et les autorités n’avertirent les sentinelles du changement.
Le général Montcalm qui passait la nuit à Beauport, à quelques kilomètres à l’est de la ville, est aussitôt averti du débarquement. Il gagne rapidement Québec et sans attendre les troupes de De Bougainville restées à Cap - Rouge et ayant laissé 1 500 hommes à Beauport, Montcalm engage le combat avec environ 4 000 hommes.
Les armées anglaises ont pris position sur une ligne qui irait de l’ancienne prison, située au chemin Sainte-Foy, tandis que les Français occupent un emplacement qui se situerait entre les tours Martello 1 et 2.
L’affrontement a lieu aux environs de la rue actuelle Cartier. Il est très court, de vingt à trente minutes.
L’attaque du côté des Français est mal engagée. Il n’y a plus de concertation entre les soldats français et les miliciens canadiens. Les rangs sont vite rompus. À portée de fusil, les Anglais font feu et stoppent l’avance français; Montcalm, mortellement blessé, est ramené à l’intérieur de la ville. Il y meurt le lendemain après avoir établi les arrangements concernant la fin du siège et la capitulation de la ville. On dit que ses derniers mots ont été : «heureux de ne pas voir les Anglais dans Québec».
Quant au général vainqueur, Wolfe, il est touché mortellement, lui aussi. Il s’écrit, dit-on, avant de mourir, apprenant la victoire de ses compatriotes: «Je meurs content».

Au total, quelques 300 Français et Canadiens meurent dans le combat. Les pertes des Anglais s’élèvent à 60 soldats.
L’armée française se retire à quelques kilomètres de a ville afin de se réorganiser. Le 18 septembre, de Ramezay, major de la ville capitule à la demande des bourgeois de Québec et selon l’avis des officiers demeurés dans la place.
Le chevalier de Lévis qui était à Montréal s’écria en apprenant la nouvelle : On abandonne pas dix lieux de pays pour une bataille perdue.
Mais la capitulation de la capitale est signée également que le sort de la Nouvelle France.
Vue de la Bataille de Plaines d’Abraham. La gravure par Laurie and Whittle, crée en 1759.
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