Histoire du Québec

Avant la Nouvelle-France

Avant la Nouvelle-France

Avant l’établissement de la colonie

Bien que, dans la seconde moitié du XVIe siècle, la France soit déchirée par des conflits internes qui culminent dans une révolte ouverte contre la couronne, cette période voit les cercles officiels de la France s’intéresser à nouveau au Canada.

Des commissions royales émises en 1577 et 1578 confèrent à Troilus de la Roche de Mesgouez, ancien page à la cour de Henri II et favori de la reine mère Catherine de Medicis, le droit héréditaire d’ajouter à ses domaines les territoires d’Amérique du Nord « conquis et arrachés aux barbares » (Trudel, 1963). Dans sa fonction de gouverneur de Morlaix, en Bretagne, Troilus de la Roche a compris que les marchandises rapportées en France des côtes de l’Amérique du Nord peuvent se traduire en profits considérables.

En 1583, le cardinal Charles de Bourbon, archevêque de Rouen, et Anne, duc de Joyeuse, commanditent le voyage d’Étienne Bellenger en Amérique du Nord afin d’explorer les terres connues aujourd’hui comme la Nouvelle-Écosse et le Main, mais cette mission colonisatrice et commerciale échoue.

En 1598, Troilus de La Roche fonde sur Sable Island une colonie de prisonniers destinée à la chasse au phoque. Quatre années plus tard, en 1603, une révolte des colons met un terme à cette aventure.

Jusqu’en 1580, les Iroquoiens du Saint-Laurent, encore offensés par le comportement de Jacques Cartier et de Roberval, refusent d’autoriser les Européens à pénétrer plus en amont de Tadoussac. C’est en 1581 qu’ils commencent à vendre des fourrures au premier navire français mandaté pour faire le commerce des fourrures.

Dès 1587, plusieurs groupes commerciaux rivaux y font le commerce. En 1588, Jacques Noël, neveu et héritier de Jacques Cartier, et son partenaire Étienne Chaton de La Jannaye, capitaine de navire, obtiennent le monopole des mines et des fourrures au Canada et l’autorisation de recruter annuellement soixante colons pour travailler dans les mines, contre la promesse de peuple et de fortifier l’Amérique du Nord.

En fait, il s’agit là du premier contrat établi par la couronne française avec des promoteurs afin de promouvoir la colonisation sans qu’il en coûte un sou aux caisses royales épuisées. Mais ce monopole est vite abandonné, lorsque les marchands de Saint-Malo et le parlement de la Bretagne protestent et obtiennent qu’il soit restreint non seulement aux nouveaux territoires que les deux partenaires découvriront à l’ouest de l’île de Montréal, mais aussi à leur seule exploitation minière.

ll semblerait que le désir d’obtenir des marchandises européennes, s’il n’a pas créé la confédération iroquoise, a du moins joué un rôle clé dans sa consolidation. Les guerres entre les différentes tribus poussent les différentes bandes à former des alliances.

Selon les termes d’une alliance, par exemple, les Montagnais de Tadoussac autorisent certains groupes algonquins à s’y rendre durant l’été pour commercer directement avec les Européens.

Le commerce s’effectue donc dans le contexte des alliances politiques, accompagné des mêmes rituels que par le passé et les relations inter-tribales conservent leur caractère traditionnel.

Les iroquois, que leur situation contraint depuis longtemps à rivaliser avec des tribus voisines aux besoins économiques identiques, n’hésitent pas à recourir à la guerre pour s’assurer d’un accès aux marchandises européennes.

Références :

  • Trigger, Bruce G., Les Indiens, la fourrure et les Blancs. Français et Amérindiens en Amérique du Nord, Boréal, 1985.
  • Trudel, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France, volume 1, Les vaines tentatives, 1524-1603, Montréal, Fides, 1963.

trésor archéologique

« Le passé, c’est une ombre qui reste attachée à vous. » (Wong Kar-wai, homme de lettres chinois). Photo : © GrandQuebec.com

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