Après la conquête, Londres établit dans sa nouvelle colonie le modèle approuvé dans des autres colonies nord-américaines. D’abord, tous ceux qui veulent occuper un poste publique, doivent prêter le Serment du Test. De cette façon, on doit nier la foi catholique ce qui empêche les francophones de participer à l’administration de la colonie.

De plus, l’usage de la langue anglaise, des lois britanniques et le profit que des marchands anglais essayent de tirer de la situation, engendrent un climat tendu.

À la suite des pétitions du gouverneur Murray qui comprend les dangers de ce climat de méfiance, finalement, Londres consente des assouplissements.

Encore plus conciliante la couronne devient lorsque la menace d’une révolte dans les Treize Colonies américaines. L’Angleterre ne veut pas que le Canada se joint aux Américains, et en 1774, l’Acte de Québec rétabli l’usage de la langue et des lois civiles fran¬çaises.

L’obligation de prêter le Serment du Test est abolie elle aussi, certains droits à l’Eglise catholique sont accordés, le territoire de la « Province de Québec » est agrandi considérablement et ses frontières se portent maintenant jusqu’au-delà des Grands Lacs.

Pour l’ensemble de Québécois ces mesures sont suffisantes. Quand les Américains se révoltent contre l’Angleterre et envahissent le Canada en 1775, occupant Montréal commençant un siège devant Québec, des Québécois restent passifs ou aident aux Angalais. L’arrivée, au printemps de 1776, de renforts britanniques oblige les Américains à abandonner l’entreprise. Le traite de Versailles de 1783 reconnaît l’indépendance des États-Unis et rétablie la paix.

Mais à la suite de cette guerre, le Canada est devant l’invasion loyaliste, car 40 mille Américains loyaux envers la couronne anglaise, immigrent dans les colonies restées fidèles. Trente-cinq mille d’entre eux s’établissent dans les provinces maritimes de l’Atlantique, six mille dans le Haut-Canada, c’est-à-dire, en Ontario et mille dans le Québec.

Leur arrivée change la relation démographique. En 1791, la Grande Bretagne annonce la division du Canada en deux provinces: le Haut-Canada ou Ontario, presque exclusivement anglophone et le Bas-Canada ou Québec majoritairement francophone. Chaque province possède désormais ses propres institutions et son propre gouvernement. Neward (Niagara-on-the-Lake) puis York (Toronto) sont déclarés capitale du Haut-Canada et la ville de Québec est celle du Bas-Canada. Notre récit sur la Division du Canada en parle en détail.