L’alliance de Champlain avec les Hurons
« Samuel de Champlain eut-il tort ou raison de s’allier aux Hurons, aux Algonquins et aux Montagnais contre les Iroquois et faire la guerre à ces derniers? »
Monsieur N.-E. Dionne discute pieusement cette question dans un chapitre de son livre : Samuel de Champlain. Il cite l’opinion de Ferland et de Garneau, et il explique avec une sage impartialité la conduite de Champlain. Les circonstances qui, d’après ces trois historiens, dictèrent cette conduite.
Champlain pouvait-il connaître alors la puissance et la force de résistance des Iroquois? Pouvait-il rester neutre sans s’aliéner les Hurons, les Algonquins et les Montagnais ? Pouvait-il prévoir, en 1603, quand il conclut solennellement une alliance avec ces peuplades, que les Hollandais et les Anglais viendraient un jour s’implanter sur le sol américain près des Iroquois, que les Français seraient obliges d’entrer en lutte avec les Anglais, que les Iroquois trouveraient un appui dans la nation britannique ?
Monsieur l’abbé Faillon, qui cherche toujours dans son histoire à rabaisser Champlain pour exalter M. de Maisonneuve, blâme nettement le fondateur de Québec de n’avoir pas embrassé la neutralité ; il prétend qu’il eut fait ainsi plus d’honneur au nom français : il va jusqu’à affirmer que « par les cruautés exercées dans ces guerres, il rendit odieux aux Iroquois et la France et la religion catholique tout ensemble ».
L’histoire impartiale condamnera cette appréciation absolument injuste, que rien ne justifie, excepté peut-être l’idée préconçue de cet historien, de prouver que la colonie de Montréal fut en tout point supérieure à celle de Québec, qu’un bien réel ne commença à se produire au Canada qu’à l’arrivée de M. de Maisonneuve et de sa colonie.”
Pierre-Georges Roy (Toutes Petites Choses du Régime Français, Québec, Éditions Garneau, pp 9-10, 1944).
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