Histoire du Québec

Âge des enfants-ouvriers

Âge des enfants-ouvriers

L’âge des enfants ouvriers

Une bonne mesure

Sous ce titre, le 4 avril 1903, la Presse rend à l’Honorable M. Lomer Gouin, ministre de la colonisation et des travaux publics, un hommage mérité et apprécie justement la mesure importante que le député de la division St-Jacques a fait voter récemment au Parlement de Québec.

Une loi de trois lignes, ne comportant que le changement d’un mot dans l’Acte qu’elle amende, et voilà une grande mesure réalisée, une amélioration considérable apportée au bien-être ou plutôt à la condition morale des ouvriers.

Cette loi élève de douze à treize ans, l’âge auquel les enfants pourront entrer à l’usine. Elle a été adoptée à l’unanimité dans les deux Chambres du Parlement de Québec.

C’est à l’honorable M. Gouin, ministre des Travaux Publics et de la Colonisation, que reviennent l’honneur et le mérite d’avoir préparé, présenté et fait adopter cette mesure qu’il avait annoncée au banquet du corps médical à Montréal.

Représentant d’un des quartiers les plus populeux de Montréal, l’honorable M. Gouin a pu constater le mal causé à l’enfance par son entrée dans les usines avant un certain âge.

Profondément ému des ravages physiques et moraux que cette condition du travail entraînait, l’honorable ministre avait fait du relèvement de l’âge de l’enfant-ouvrier, qu’il ne faut pas confondre avec l’apprenti, un des articles de son programme.

Malheureusement, les réformes les plus justes, les plus sages, les plus nécessaires sont les plus lentes à réaliser surtout quand elles touchent aux lois ouvrières.

A voir les résistances, les obstacles qu’ont à surmonter les sociologues pour améliorer le sort des ouvriers. Il semble qu’ils tentent d’ébranler l’univers entier chaque fois qu’ils font une proposition, même des plus anodines.

L’honorable M.Gouin, en bon diplomate, n’a présenté sa mesure qu’après avoir convaincu ses adversaires de son utilité et s’être fait des alliés dans tous les milieux et surtout dans le corps médical.

Poser la question sur le terrain de la santé des enfants, obtenir le concours des docteurs des grandes villes du corps enseignant, enlever à la mesure son caractère industriel, c’était assurer son succès.

L’unanimité avec laquelle la mesure Gouin a été adoptée est une nouvelle preuve donnée aux ouvriers des bonnes dispositions du Parlement Provincial à leur égard et d’habilité avec laquelle le gouvernement profite de cette bonne disposition des législateurs pour réaliser les justes mesures réclamées par le travail.

Bien que pouvant être classée au premier rang de ces mesures, le relèvement de l’âge de l’enfant-ouvrier pour son entrée à l’usine avait été réclamé sans succès, jusqu’à ce jour, par les travailleurs.

La victoire que vient d’être remportée pour eux est l’oeuvre bien personnelle de l’honorable M. Gouin. L’un des hommes les plus renseignés sur les conditions du travail et des mieux disposés en faveur de leur amélioration.

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Vieux Québec. Photo : GrandQuebec.com

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